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LAIT : ALLOCATION DE FIN DE CAMPAGNE
Les producteurs montent au créneau

Accords bafoués, cotations en berne et discussion autour du prix du lait : Hervé Moël et Yves Bazy, responsables de la section lait FDSEA des Côtes d’Armor, dénoncent de telles pratiques.

Allocations provisoires
Allocations provisoires
© Terra

Hervé Moël, le responsable de la section lait de la FDSEA 22, est en colère. Contre toute attente et en dépit des accords interprofessionnels, certaines laiteries ont annoncé la rémunération des litres de lait produits au-delà des 100% du quota au prix beurre/poudre, soit 180 ?/1 000 litres. "Cela s’apparente, ni plus ni moins à instaurer un quota A et un quota B, rémunérés différemment. C’est inadmissible", s'indignent les responsables de la section, Hervé Moël et Yves Bazy. Et de poursuivre : "Nous demandons une transparence totale quant à l’utilisation de ces litres de lait payés "à bas prix". En cette fin de campagne laitière, avec une pénalité de
287 ?/1 000 litres, les responsables déconseillent aux producteurs de livrer du lait au delà des 102%, qui plus est dans un contexte de marché très détériorés.
Aujourd'hui, les négociations sont en cours. Qu'en sera-t-il du prix du lait après le 31 mars dans un contexte de marchés fortement dégradés, face au désengagement des pouvoirs publics et à la dérégulation des marchés ? Les producteurs craignent une baisse excessive du prix du lait. "Il faut absolument faire évoluer les modalités de fixation du prix du lait sur une base objective, et non politique. Nous ne produirons pas du lait à perte. Il est capital que les producteurs aient, à terme, de la lisibilité". En ligne de mire, les modalités de fixation du prix du lait, dossier actuellement traité à la table de l’interprofession et qui continue de diviser les acteurs de la filière. "Il faut faire évoluer les modalités de fixation du prix du lait dans un cadre interprofessionnel pérenne en concordance avec la réalité de la situation économique, avec comme critère essentiel, le coût de production mais aussi les PGC France, qui représentent 50% du lait transformé". Quant à la flexibilité, "elle est inconcevable à long terme. Il faudra, nous producteurs, rapidement s’organiser en filière pour gérer les volumes et les produits industriels faiblement valorisés".
Concernant les mouvements syndicaux qui dénoncent la fin des quotas et l'absence de maîtrise de la production, la réponse est claire : "la FNPL a toujours été contre l’augmentation des quotas. Les décisions ne lui appartiennent pas. Cette année, on a freiné les allocations provisoires de fin de campagne. Aujourd’hui, la gestion des volumes est liée à la gestion des marchés. Les quotas ne veulent plus rien dire. Vu la dégradation des cotations beurre/poudre à des niveaux jamais atteints, demander 400 ?/1 000 litres est un discours démagogique et irresponsable", estime Hervé Moël.

Entremont-Alliance revient à la charge

De nouveau Entremont-Alliance prend les producteurs de lait à rebrousse poils. Ceux-ci, comme ceux de l'Armoricaine, viennent de découvrir que le lait produit au-dessus de leur référence sera payé au prix "beurre poudre", "sans doute moins de 200 euros/1 000 litres", précise Marcel Denieul, le président de la section laitière de la FRSEAO qui relaie ainsi la protestation de la FNPL, des JA Ouest et de la FRSEAO dans un récent communiqué. "Les éleveurs avaient intégré les 2% de prêt de quotas garantis par les pouvoirs publics, explique le représentant de la FRSEAO. 2% traités à part et après-coup par Entremont Alliance. Les éleveurs n'ont pas le temps de se repositionner par rapport à cela, d'où une baisse supplémentaire, et variable selon les éleveurs, du prix payé en février et mars. Et, de plus, rien ne garantit que le lait payé "beurre poudre" sera effectivement transformé ainsi. D'où notre crainte de voir s'instaurer des distorsions de concurrence entre éleveurs mais aussi entre entreprises. La filière n'en a pas besoin, conclut Marcel Denieul, alors qu'on est en pleine négociation interprofessionnelle sur les nouvelles modalités de paiement et tout ce qui gravite autour". Pour le moment le syndicalisme tire la sonnette d'alarme, non sans mettre en avant un risque réel de déstabilisation de la filière tout entière et, indique-t-il, dans son communiqué, mettra "tous les moyens à leur disposition pour défendre les producteurs".

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