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Pour le bio dans les cantines
Les producteurs plus que prêts

Ils rongent leur frein et s'interrogent. Pourtant pour répondre aux 20 % de bio dans la restauration collective, les producteurs agrobiologistes locaux sont prêts. Ils sont organisés pour répondre collectivement, et dans la durée, aux besoins des cantines qui peinent à se manifester.

pour le bio dans les cantines, les producteurs sont prêts
pour le bio dans les cantines, les producteurs sont prêts
© claire leclève

 

«Je me suis installé il y a deux ans en viande bovine, avec 2 ha de légumes bio de plein champ. J'avais prévu dans mon étude de faisabilité de fournir les cantines scolaires de la région. Je me restreins parce la demande ne se manifeste pas», relate, déçu, Denis Lucas. Il a créé son exploitation à Muzillac, sur 30 ha et 35 Vaches allaitantes Limousines. Le cas de figure est similaire pour Sébastien Le Bodo, producteur de 250 000 l de lait à Questembert. Il a rejoint sa mère et sa sœur sur l'exploitation familiale. Avec son laboratoire, il a créé son poste en valorisant 15 000 l en yaourts qu'il distribue aux cantines de la région. «Le volume transformé va doubler pour créer un emploi supplémentaire afin de mieux partager notre temps de travail » pointe- t-il.

 

Offre disponible, structurée et mutualisée

Doubler, à condition que la demande se manifeste. Et c'est tout le hic. «Çà n'avance pas. La loi impose 20% de produits bio dans la restauration collective. On est prêt, structuré et mutualisé pour répondre à ces enjeux. La filière est là. De jeunes producteurs se sont installés pour répondre à cet objectif», déplore Pascal Le Normand, administrateur du Gab. Trente fermes bio sont mobilisées aujourd'hui autour de la restauration collective, soit 180 ha et 160 000 l de lait. «Ce sont 80 emplois.  Demain, c'est 310 ha et 500 000 l qui peuvent approvisionner, sans compter les installations, nombreuses», appuie -t-il.

 

Des réponses

Alors, une bio trop chère pour les deniers du contribuable ?«Non - rétorque Sophie Denis, chargée de mission « restauration collective » auprès du Gab 56- Nous avons mis en place un outil de simulation financière pour répondre à cette interrogation des élus. Pour une école du pays de Vannes qui distribue 150 repas jour, en passant tous les produits laitiers en bio, le surcoût engendré par la démarche est d'à peine 0,06 euros par repas. Quand on sait que le coût alimentaire varie de 1,06 à 1,3 euros par repas. Cela représente tout juste 1 % » détaille t-elle. Alors les cuisines collectives ne savent pas où s'approvisionner? «Nous avons créé Manger bio 56, une plate forme qui regroupe l'offre, et planifie les offres et mises en culture, la filière est organisée », relève Nathalie Bodiguel, administratrice et productrice de lait. Et si le frein résidait dans la peur de changer ses habitudes en cuisine ? «Nous proposons des formations pour accompagner les équipes dans l’intégration de denrées bio et locales». Le savoir faire est donc là. Fallait - il encore mieux le faire savoir. Les producteurs réfléchissent même à la création d'une légumerie pour approvisionner localement les structures. «Tout est là, il suffit donc à la volonté politique de se manifester » invitent-ils à faire rapidement.  

 

Claire le Clève

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