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Agriculture et Sage
les propositions de sagesse de la Chambre

Il s'en est fallu de peu. Ne pas rompre le dialogue mais être force de propositions et d'actions pour continuer à améliorer la qualité des eaux. C'est la démonstration de sagesse que les élus de la Chambre d'agriculture ont faite, jeudi, à ceux des Sage et Bassins Versants, jeudi, lors de la session.

 

 

"Je salue le travail et les discussions. Je m'attendais au pire. Vous avez eu le courage de provoquer le débat dans le respect. C'est important. Tous les acteurs présents se souviendront de cette réunion", saluera Yves Bleunven, conseiller général et président de la CLE des bassins côtiers pour décrire l'impression partagée à l'issue de cette réunion, jeudi dernier à Vannes.

Exceptionnelle, la dernière session de la Chambre l'était par la composition de l'assemblée où, pour la première fois, étaient invités les responsables des Commissions Locales de l'Eau et des Bassins Versants. Mais pas que pour cela. Le moment aurait pu mal tourner tant le ressentiment est fort sur ce dossier. "Dans ces instances, on a bien souvent le sentiment de ne pas être écoutés. Nous partageons, dans ces commissions, les objectifs de la Directive Cadre sur l'Eau pour l'atteinte du bon état écologique en 2015. On a fait un travail énorme. Or dans les Sage, on va plus loin que ces 50 mg. Certains viennent nous expliquer ce que devrait être l'agriculture", a prévenu en préambule Gwenaël Corbel, élu Chambre et membre de la Clé du Sage Blavet devant ces nouveaux invités. En griefs ? Faible représentation des agriculteurs, sur-réglementation sont incriminées par la profession, tout comme la volonté de réorientation des systèmes agricoles et la promotion de la décroissance. "C'est intolérable à l'heure où l'on voit la conséquence du recul des productions. Des outils agroalimentaires ferment et derrière c'est la casse sociale", n'a pas manqué de déplorer Laurent Kerlir, président de la Chambre d'agriculture.

 

La Chambre contre attaque

Se cantonner aux seules récriminations, aurait été un piège. C'est avec un plan d'actions et une feuille de route que la Chambre d'agriculture du Morbihan a décidé de reprendre la main. Également en s'inspirant de"l'esprit pionnier porté un temps par les Bassins Versants de démonstration et basé sur l'engagement volontaire avec de l'innovation et de l'échange", a rappelé Gwénaël Corbel. S'organiser en groupe professionnel par Sage, faire valoir l'expertise technique de la Chambre, proposer des avancées réglementaires basées sur l'expérimentation avec avis fondés sur les impacts économique, environnemental et juridique. Voilà pour le premier volet. Quant aux bassins versants, c'est sur la base de démarche volontaire que la Chambre ambitionne de faire monter "la marche à 95 % des exploitations plutôt que de viser l'excellence pour 5 % d'entre elles. Cela aura plus d'impacts sur le territoire", envisage comme voie du progrès Gwénaël Corbel. "Nous irons la chercher sur chaque exploitation avec diagnostic, convention et plan d'action pragmatique". Un engagement de tous, en y associant les prescripteurs sur tous les territoires, "en priorisant les zones".

 

Alors, si l'ambition était de recréer les conditions du maintien "du vrai dialogue de l'eau", tel que devraient l'être les Sage, le pari semble réussi. L'enjeu est énorme. "L'environnement ne se fera ni sans les agriculteurs ni au détriment de l'économique", rappellera Laurent Kerlir. Car il faudra des moyens, financiers , en mobiliser de nouveau dans le cadre de la PAC, ne serait-ce qu'au seul regard de l'adaptation des capacités de stockage des effluents d'élevage au 5éme programme de la directive nitrates...De gros chantiers en perspectives.

 

 

 

 

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

 

 

1 :Entendu

 

Etienne Ariaux, du service économique et environnement  : "La Directive cadre sur l'eau fixe comme objectif d'arriver au bon état écologique des eaux, cela veut dire des peuplements vivants peu perturbés". Et à ce compte là, "50 % des cours d'eau bretons y seront en 2015. 75 % dans le Finistère , 60 % dans le Morbihan. La porte d'entrée, ce ne sont plus les Nitrates mais les peuplements. La Bretagne et l'Auvergne sont les meilleures régions de France. La grille de lecture change".

Michel Demolder président de la CLE du Sage Vilaine "Une Commission Locale de L'eau (CLE) regarde les usages de l'eau et de plus en plus de choses portent sur l'urbanisme, tant d'un point de vue assainissement que phytosanitaires ou occupation de l'espace, plus que sur les autres activités économiques".

Michel Guernevé, CECAB: "L'arrivée des Sage est une bonne chose, je regrette que nous n'y soyons pas présents, comme l’industrie. Pourquoi le législateur a oublié les acteurs économiques ?"

Jean .Louis le Normand : "L'environnement peut être créateur d'emplois. Sur mon village, nous sommes passés en 20 ans d'une exploitation à 4 fermes, 18 habitations et une source qui de 40 mg de nitrates en affiche désormais 15 sur ce laps de temps".

Serge Le Bartz, président de l'organisation des producteurs de légumes : "Créer des réserves collinaires reste un parcours du combattant. L'irrigation des surfaces emblavées en flageolet en Morbihan, premier département en légumes d’industrie, est passé de 58 % à 25 %. Et cette année, nous n'avons pas réussi à réaliser notre programme. En jeu,c'est à peine 0,002 % de la masse d'eau. Ce n'est rien"

 

Sage Blavet

Annie Le Luron, directrice du Sage Blavet : "L'objectif de 25 mg de nitrates a été mis en place en raison de l’eutrophisation de la rade de Lorient et de la présence d'algues vertes. Le SAGE se devait de prévoir la réduction des flux d'azote. Il faut savoir que l'étude de référence est celle du CEVA qui dit que pour diminuer de 60 % la biomasse d'algues sur ces vasières, il faut descendre à des taux de 5 à 10 mg par litre. Le SAGE de 2007 fixait un objectif de 25 mg/l.Compte tenu du contexte social et économique, la CLE a fixé l'objectif à 30 mg. C'est un assouplissement par rapport à 2007. De même pour la création de plans d'eau d'irrigation. La CLE a autorisé jusqu’à la création de plans d'eau sur des zones humides cultivées et drainées. C'est le seul SAGE qui l'autorise".

Laurent Kerlir : "Quel travail pour en arriver là ! Vous avez raison aucun autre Sage n'a été sensible. Ça nous affole, c'est primordial pour le Morbihan. Quant aux flux ! Quand l'objectif double, on n'est plus capablesd'y arriver. On peut réduire 0,2 à 0,3 par an. A 5 à 10 mg/l, il n'y a plus aucune activité.

 

 

2 : Fermeture du centre de Kerguéhennec

 

Le couperet est tombé le 27 novembre dernier à l'issue du bureau de la Chambre. Le centre de formation, y compris accueil et restauration, fermeront courant 2014. Une décision en phase avec le processus de régionalisation de la formation qualifiante plaçant Kérel au centre du dispositif Morbihannais. "Le centre de Kérel à Crédin est bien situé géographiquement, le lieu est intéressant, des investissements y ont été faits régulièrement. Le travail de l'équipe pédagogique y porte ses fruits. La rentrée de septembre y est très bonne. Quant aux salles de réunions, Ploërmel dispose de ces équipements", a pointé Laurent Kerlir pour justifier de l'abandon de la formation à Kerguéhennec qui n'accueille plus que la Licence Agri-manager. Y subsistera le centre de recherche appliqué. Le redéploiement du personnel pédagogique à Crédin et des départs en retraites devraient permettre d’escompter une économie de près de 200 000 euros qui apporteront leur contribution (pour plus des 2/3) à l'objectif d'équilibre du futur budget 2015 que s'est fixé l'organisme consulaire. Pour y parvenir, la Chambre doit serrer ses dépenses à prestations égales. Ce dans un contexte de recettes en baisse, dont les aides des collectivités (-6%). Toutefois pas d'affolement, "la situation reste saine, à très saine" n'a pas manqué d'insister Laurent Kerlir à la présentation du budget primitif 2014, voté à l'unanimité.

 

Graphe

Répartition du Budget Chambre par domaines d'activités stratégiques

(Total plus 12 millions d'euros)

 

15 % : Missions consulaires

6 % Missions de service public

25 % Accompagnement des agriculteurs

19 % : production de références

31 % Accompagnement des futurs actifs

3 % Prestations collectivités

1 % Promotion communication

 

 

3 : Réaction

 

Thierry Coué, président de la FRSEA

Réagissant aux propos de la représentante de la Coordination rurale disant "pourquoi aujourd'hui 70 000 porcs partent encore se faire abattre en Allemagne. Tant que tous les acteurs de la filière ne se seront pas mis autour de la table...", Thierry Coué, président de la FRSEA s'est inscrit en faux. "Je ne peux pas laisser dire cela. C'est 0,04 % des porcs qui s'en vont parfois à Orléans. C'est depuis l'Est de la France qu'on envoie du porc français en Belgique parce que l'on a fermé des outils d'abattage. La première des clés, c'est la disparition de la production. On ne sait pas gérer la décroissance avec les outils industriels. Cela conduit à des fermetures".

 

 

4 : Pas d'épandage le samedi

 

IDans sa délibération relative au futur 5 éme programme Directive nitrates, la Chambre refuse la proposition de l'administration d'épandre le samedi. Elle s'étonne que cette proposition soit "la seule réponse apportée pour gérer la surcharge de travail liée au raccourcissement des périodes d'épandage, proposition qui va entraîner de l'incompréhension auprès des riverains et une inacceptabilité sociale exacerbée, en contradiction de plus avec la législation du travail".

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