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Les propriétaires forestiers vendent groupés

Pour gagner en efficacité, des propriétaires forestiers ont décidé de se regrouper en GIE, en 2011, sous l'impulsion de Fransylva Morbihan, ses forestiers privés. Depuis lors, ils ont vendu 400 000 m³ de bois. Leur dernière transaction à Saint-Gonnery affiche un prix à la hausse de 13 %.

 

 

Le sujet devrait faire débat le 31 mai prochain, date à laquelle Fransylva Morbihan, association morbihannaise des forestiers privés, tiendra son assemblée générale à Saint-Gérand*. Car la ressource départementale en bois est la plus importante de Bretagne, avec des forêts couvrant 19 % de son territoire. Et elle continue de s'accroître de 2 % l'an. Elle est aussi très morcelée.

"50 000 propriétaires se partagent 95 % du territoire forestier", constate Alain de Chabannes, président de Fransylva Morbihan, propriétaire forestier à Pleucadeuc. "Dans ce contexte, il est souvent difficile pour de petits propriétaires, peu informés et peu impliqués dans la filière forêt bois, de gérer de manière éclairée leurs parcelles et encore moins d'en tirer profit. Or, avec l'exemple de ce GIE, nous montrons à quel point la filière gagne à faire se rencontrer les acteurs qui la composent", poursuit-il, convaincu.

Contractualiser

"On n'est jamais mieux servi que par soi-même". Le GIE du centre Bretagne a fait sien cet adage dès le début des années 2010 en "contractualisant directement avec les utilisateurs de nos bois", raconte André Allanic, son initiateur. Cet ancien chef d'entreprise, membre de Fransylva Morbihan, passionné par le bois, est devenu en 20 ans propriétaire de 500 ha de forêts entre le Morbihan, le Finistère et les Côtes d'Armor. "Nous avions une ambition : organiser l'amont de la filière et motiver les propriétaires en les faisant participer à la commercialisation de leur bois", raconte-t-il sur l'origine de la démarche. En un mot : "impliquer" a contrario de l'habitude qui consiste à déléguer et "vendre de loin en un bloc et sur pied, sans assister au chantier, c'est le type de vente classique", décrit-il. Revient alors à l'intermédiaire de diriger le bois vers ses différents clients, suivant l'utilisation, "de 5 à 8 par coupe", et d'empocher la plus-value.

Se passer d'intermédiaire

Là, pas question de donner à la coupe sans avoir déterminé au préalable l'utilisation finale suivant l'essence, le diamètre, la rectitude des bois "et d'avoir contractualisé pour cela avec l'utilisateur scieur. C'est tout le travail du GIE". L'amateurisme n'a pas sa place, "il faut être professionnel, ça vient avec le temps", assure ce propriétaire forestier qui a su agréger au sein du GIE 20 propriétaires "motivés avec de la disponibilité matière". Un savoir-faire et une souplesse pour s'adapter au marché, mis a profit auprès de 62 autres détenteurs forestiers "ayant permis d'exploiter et de commercialiser 400 000 m3 de bois et utilisant les services de 30 scieurs du grand ouest", pointe ce spécialiste. Et cerise sur le gâteau, "de gagner 5 à 10 % supplémentaires" en se passant d'intermédiaire. Une démarche originale pour des bois qui, de la construction, à la palette en passant par le panneau ou les granulés, peuvent trouver des destinations plus originales avec le mobilier ou plus lointaines, jusqu'en Chine."Nous exportons, et c'est le paradoxe de ce produit très pondéreux, difficile à transporter et qui circule loin sur un marché mondial".

Embellie

"En impliquant en faisant participer les propriétaires à la vente de bois on les implique tôt ou tard dans la gestion", estime pour sa part Alain de Chabannes qui se réjouit que "cette mise en commun des coûts, la gestion réfléchie et la négociation groupée permet aux propriétaires de profiter d'une embellie du marché et de vendre leurs essences à un prix qui n'avait plus été atteint depuis 5 ans". Ainsi la dernière vente de bois organisée par le GIE en bord de route à Saint-Gonnery s'est soldée par un bond de 13 % des prix, "tous produits confondus", confirmant l'amorce de reprise observée sur le territoire national.

 

Claire Le Clève

 

 

 

*Dès 9h30 à la Villa Belles Rives, lieu dit Keroret

Contact : André Allanic : GIE centre Morbihan : 06 07 58 84 27

La reprise

L'interprofession du bois vient de révéler dans son indicateur 2018 une progression générale de l'indice du prix de vente des bois sur pied en forêts privées soit 1,9 million de M3 ayant trouvé acquéreurs à 85 % avec un indice en progression de 6 % en 2017. Ainsi le prix moyen s'établit à 61 euros/m³ en 2017 contre 58 euros en 2016. Une progression qui masque des disparités avec une hausse des feuillus notamment du chêne, une reprise des résineux tirés par le douglas et le pin maritime et une baisse des bois d'industrie et d'énergie feuillus.

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