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Les quotas laitiers n’ont pas empêché la restructuration

En trente ans, le paysage laitier a fortement évolué. La France ne compte désormais que 70 000 producteurs de lait, contre 427 000 lors de la mise en place des quotas laitiers en 1983. Ce sont à présent les classes de production supérieure à 480 000 l qui progressent.

80 % des exploitations individuelles ont un quota inférieur à 300 000 litres alors que 50 % des Gaec détiennent un quota supérieur à 500 000 litres.
80 % des exploitations individuelles ont un quota inférieur à 300 000 litres alors que 50 % des Gaec détiennent un quota supérieur à 500 000 litres.
© Vincent Motin

En 1983 à la veille de la mise en place des quotas laitiers, la France comptait 427 000 producteurs de lait. 30 ans plus tard, leur nombre s’élevait à 70 568 dont 68 224 livreurs à des entreprises et 2 344 vendeurs directs, selon FranceAgriMer qui vient de publier une étude sur l’évolution des structures de production laitière en France. Sur la période, le nombre de livreurs a reculé de 83 % quand celui des vendeurs directs a perdu 96 % de ses effectifs. Sur les dix-huit dernières campagnes, c’est à dire de 1995 à 2013, objet de l’étude, ce sont environ 4 500 fermes détenant un quota de livraison qui ont disparu chaque année (- 4,3 %). Le mouvement de restructuration semble toutefois se ralentir sur les cinq dernières campagnes. En effet, alors que la baisse atteignait - 6,7 % en 2008 par rapport à 2007, elle était seulement de - 3,7 % en 2013 par rapport à 2012. Parallèlement, la référence de livraison moyenne par exploitation est passée de 150 454 litres en 1995 à 366 888 lires en 2013, soit un taux de croissance de 5,1 % par an (12 000 litres). La hausse s’est accélérée à partir de 2007 en raison de l’augmentation progressive et annuelle de la référence nationale programmée par les autorités communautaires.

Sur le plan géographique, la production reste concentrée sur ce qu’on appelle "le croissant laitier" qui couvre le grand Ouest (Pays-de-Loire, Bretagne), qui passe par la Normandie, la Picardie et le Nord-Pas-de-Calais, se poursuit dans l’Est (Lorraine, Alsace, Franche-Comté), jusqu’aux Savoies, avant de se terminer au sud du Massif-Central (Aveyron). Ailleurs dans le Sud- Est, le Sud-Ouest et le Centre, la densité laitière est plus faible et ce sont les zones où la disparition des exploitations laitières a été la plus élevée au cours des dix dernières années et où celles qui restent détiennent les références moyennes les plus élevées.

A l’échelle nationale, les exploitations possédant un quota de livraison supérieur à 500 000 litres représentaient 23 % de livreurs en 2013-2014 contre 3 % en 2003-2004. Cette classe de quota regroupe désormais 43 % de la référence nationale et présente l’évolution la plus dynamique. Pour être plus précis, ce sont les classes d’exploitations dont le quota est supérieur à 480 000 litres qui progressent désormais, alors que leur nombre recule en deçà. Cette classe "virage" se situait à 360 000 litres, il y a seulement trois ans et 240 000 litres en 2002.

 

Une production de plus en plus sociétaire

Depuis 1995-1996, le nombre d’exploitations individuelles a chuté de 79 %, plus rapidement que celui du total des exploitations, alors que les formes sociétaires (Gaec et surtout EARL) se sont développées. En 2003, 60,2 % des exploitations laitières étaient individuelles, 21,4 % des Gaec et 16,6 % des EARL. Dix ans plus tard, 36,8 % étaient des exploitations individuelles, 29,2 % des Gaec et 30,1 % des EARL. Logiquement, les exploitations sociétaires ont un quota plus élevé. Ainsi, 80 % des exploitations individuelles ont un quota inférieur à 300 000 litres alors que 50 % des Gaec détiennent un quota supérieur à 500 000 litres. Autre chiffre, les exploitations sociétaires détenaient plus de 75 % de la référence française en 2013.

En revanche, la répartition des exploitations entre zones géographiques est restée relativement stable. En 2013-2014, 64 % des exploitations laitières se situaient en zone de plaine, une proportion quasi identique à celle de 1995. Elles détenaient 70 % de la référence nationale. Les exploitations des zones défavorisées ont perdu deux points et ne représentent que 15 % des effectifs. Enfin, les zones de montagne concentraient 21 % des effectifs, soit deux points de plus qu’en 1995, mais seulement 14 % de la référence nationale. Leurs références moyennes sont plus faibles (250 000 litres contre 367 000 en moyenne nationale) et la restructuration a été moins prononcée que dans les autres zones.

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