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"Les relations commerciales : il faut construire la confiance"

Yves Trégaro était mardi dernier l'invité de la session de la chambre d'agriculture du Morbihan. À cette occasion, dans un entretien accordé à Terra, il revient sur son rôle de médiateur dans l'amélioration des relations commerciales agricoles et évoque les attentes suscitées par les États généraux de l'alimentation (EGA).

Yves Trégaro, médiation des relations commerciales agricoles, 
médiateur-délégué.
Yves Trégaro, médiation des relations commerciales agricoles,
médiateur-délégué.
© Terra

Quel est le rôle du médiateur-délegué des relations commerciales agricoles ?

Yves Trégaro. "La médiation a été créée en 2011 pour aider à la conclusion de contrats équilibrés entre les agriculteurs et leurs clients. Elle a été élargie en 2014 à l'ensemble des relations commerciales au sein des filières. Notre objectif est de résoudre les difficultés rencontrées par les acteurs de l'amont et de l'aval sur la réalisation et l'exécution des contrats et sur les différents litiges qui en émergent. Notre rôle est très opérationnel. Le médiateur est là pour trouver une solution rapide, équilibrée et à moindre coût. L'essentiel des problématiques trouve une solution gagnant-gagnant si les acteurs en présence y travaillent de bonne foi dans le cadre législatif en vigueur".

Quels sont les sujets de désaccords ou d'interrogations les plus fréquents ?

Y. T. "La volatilité des prix des matières agricoles génère beaucoup de saisines. Par exemple, il y a quelques semaines, les relations se sont tendues autour du prix du beurre (qui a flambé) et des œufs (suite à la crise du Fipronil). Ces hausses de prix fulgurantes génèrent des demandes de renégociations tarifaires en cours d'année. Nous devons alors développer le dialogue sur ces questions délicates autour d'éléments d'appréciation factuels. Il faut rétablir de la confiance dans la parole des partenaires. Certains se connaissent depuis plusieurs années, quand d'autres s'apprivoisent seulement...

Nous travaillons avec des hommes et des femmes, c'est très enrichissant sur le plan humain, mais nous espérons toujours que notre intervention sera provisoire et laissera place à des relations plus apaisées".

La répartition de la valeur ajoutée soulève-t-elle des questions ?

Y. T. "Il faut d'abord créer de la valeur ajoutée avant de penser à la répartir. Le critère principal est de répondre à la demande des marchés. L'enjeu pour l'ensemble des acteurs de la filière est d'être très attentifs à leur évolution, et ce, à tous les niveaux, du distributeur au transformateur, jusqu'à l'abatteur, en passant par le fabricant d'aliment, voire le secteur de la génétique, si possible de manière coordonnée".

Quels rôles doivent jouer les États généraux de l'alimentation dans la construction des relations commerciales ?

Y. T. "Les attentes autour des États généraux de l'alimentation sont à la hauteur des enjeux qu'ils questionnent. Le discours du président de la République à Rungis doit être le point de départ de nouvelles propositions portées par les acteurs eux-même. Si le discours de Rungis se veut fondateur, porteur d'une dynamique nouvelle, les propositions doivent émerger de la profession et de ses partenaires. Ce n'est pas un long fleuve tranquille mais cela s'inscrit dans le processus des États généraux de l'alimentation.

Ma présence à la session de la chambre d'agriculture du Morbihan est d'abord l'occasion de mesurer l'adhésion des acteurs du Grand Ouest à la réflexion, de souligner les points de vigilance à observer et d'encourager les initiatives susceptibles de faire avancer le projet".

 

 

 

Yves Trégaro a débuté sa carrière en qualité de chargé d'étude économique à l'Ofival, avant de rejoindre l'office national interprofessionnel de l'élevage qui deviendra FranceAgriMer. Il prendra alors la direction économique de l'unité des productions animales, de la pêche et de l'aquaculture. Fort de son expertise sur l'activité économique agricole, en janvier 2016, il est appelé à la médiation des relations commerciales agricoles.

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