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Jean-Luc Hilary, Président de l’association des salariés agricoles du Morbihan
"Les salariés agricoles sont au cœur de la crise"

Faute d’assemblée générale fin mars, c’est par visio-conférence que les responsables de l’association des salariés agricoles du Morbihan ont pu s’entretenir. Pour eux, un constat, "nous sommes au cœur de la crise du Covid-19", souvent en première ligne, exposés, avec les producteurs, difficilement remplaçables. Le point avec son président, Jean-Luc Hilary.

Jean-Luc Hilary

Comment les salariés de la production vivent-ils cette crise ?
Jean-Luc Hilary. Nous avons tous entendu notre Président de la République faire son appel à la mobilisation pour cette période inédite de crise "Covid 19" auprès des personnes considérées indispensables à la survie de la population. Hier ignorés, aujourd’hui fortement encouragés, le service médical au grand complet et le monde agricole sont appelés pour soigner les malades et nourrir la population, les salariés de la production faisant partie de cette catégorie de travailleurs indispensables, ont comme tous, répondu présent. Cependant petit à petit les limites de l’engagement se font sentir, car nous n’avons pas tous les mêmes conditions de travail. Je pense notamment aux salariés qui travaillent en groupe. Les ramasseurs de volailles font partie de ces populations actives exposées. Habituellement exerçant un métier peu enviable, ils sont aujourd’hui face aux risques de contamination dans une situation incroyable en se déplaçant à plusieurs dans un même véhicule. Est-ce bien sérieux et ne peut-on pas sécuriser leurs déplacements ?

Que vous suggère ces appels à bonnes volontés ?
J-L.H. Nous avons entendu ces appels au volontariat pour aider le monde agricole à effectuer ses différentes tâches. Surprenant de constater que, du jour au lendemain, les besoins de qualifications liés aux différents métiers : vachers, porchers, conducteur d’engin agricole…, ne seraient plus indispensable ?
Dans une période d’urgence, ce sont bien au contraire des personnes bien qualifiées qui doivent être prêtes à intervenir pour remplacer un exploitant ou un salarié malade. Il me semble qu’aujourd’hui la faiblesse de la promotion des métiers de l’agriculture pourrait coûter très cher à la survie des exploitations en manque de personnel. Sur l’exploitation où j’exerce, mes deux collègues sont en arrêt. Je suis seul, tout seul avec 600 truies !

Tout le monde combat-il avec les mêmes armes ?
J-L.H. Pour encourager l’assiduité au travail, Monsieur le Président incite vivement les employeurs à donner une prime à leurs salariés… Comment par exemple un exploitant laitier qui jette sa production dans la fosse à purin, car sa laiterie ne prend pas la totalité de son volume de lait, pourrait-il trouver les moyens de répondre à cette sollicitation ? Il me semble que dans cette "guerre", tout le monde ne bénéficie pas des mêmes avantages, et face à la nécessité de couvrir les besoins alimentaires de la population, je crains que, comme d’habitude, il soit préférable d’être le distributeur que le producteur.

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