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Les trois challenges de Porc Armor Évolution

Le 3e groupement d'éleveurs de porcs français, Porc Armor Évolution, annonce concentrer ses efforts sur trois challenges avec en tête la transmission des élevages. D'ailleurs, le nouveau logo rajeuni et dépoussiéré veut porter un message positif du métier.

Un nouveau logo dévoilé par le président de Porc Armor Évolution Philippe Lecornué et son équipe.
Un nouveau logo dévoilé par le président de Porc Armor Évolution Philippe Lecornué et son équipe.
© Terra

Le groupement de porcs basé à Loudéac (29) Porc Amor Évolution représente 576 adhérents et près de 1,8 million de porcs charcutiers commercialisés produits sur le grand Ouest, allant de la Bretagne jusqu'au Deux-Sèvres. En 2017, le groupement qui affiche une hausse de 3,6 % du nombre de porcs produits, s'est fixé trois challenges : le renouvellement des générations, le travail en groupe du prix de revient et la recherche de nouveaux débouchés.

La recherche de débouchés à valeur ajoutée

Le groupement se félicite de sa stratégie passée concentrée sur la recherche de segmentation. Elle s'est traduite par exemple par les partenariats signés avec des industriels de la salaisonnerie, tel le contrat Swap avec Herta ou la démarche "J'aime" de Fleury Michon (près de 40 élevages). Le groupement s'inscrit dans une montée en gamme des produits, voulue par les consommateurs et inscrite dans les États généraux de l'alimentation et se dit prêt à accompagner les éleveurs vers "plus de Label Rouge", vers la production de porc bio ou de porc sans antibiotiques. "Porc Armor Évolution a toujours recherché la segmentation. Produire les cochons qu'on nous demande est de plus en plus vrai. Et nous allons continuer car le marché se segmente de plus en plus", prévient son président Philippe Lecornué. Une "partie des adhérents" produisent déjà un porc sans antibiotiques à partir de 42 jours ; la demande par plusieurs abattoirs d'un porc sans antibiotiques à 0 jours débouche sur un nouveau cahier des charges spécifique. "On y travaille", annonce Porc Armor Évolution. Et à propos du label bio, "cinq à dix projets bio sont en cours", confirme André Bloc'h, directeur général du groupement.

Au final, la part de porcs "conventionnels", "en baisse tous les ans", atteint la proportion de 40 %. 9,5 % des porcs sont commercialisés via le MPB et pour encourager la démarche, la coopérative collecte 10 ct d'euros par porc et reverse 70 ct d'euros sur chaque porc mis au cadran. "Nous encourageons l'apport des porcs au MPB et nous soutenons la démarche Le Porc Français. Nous sommes tous un peu acteurs pour en faire la promotion", indique Philippe Lecornué.

Installation et main-d'œuvre : un enjeu crucial

Placé en tête des objectifs, le renouvellement des générations représente un travail "énorme". Conscient de la tâche, le groupement a réuni sous un même pôle, "le service expertises et projet", rassemblant l'installation, l'environnement et les bâtiments autour de la transmission et de la restructuration des élevages. Devant le problème de recrutement de la main-d'œuvre, le groupement, engagé dans le développement du naissage associatif (25 structures, 25 000 truies, un tiers des porcs produits) assure qu'il n'existe pas un modèle unique d'installation "naisseur-engraisseur". "Il n'y a pas un mais plusieurs modèles à cohabiter. Deux à trois éleveurs ont fait appel à nous pour un problème de main d'œuvre, avec le naissage associatif, sans truies, il y a aussi des solutions". Enfin, le groupement accompagne aussi les éleveurs employeurs de main-d'œuvre étrangère sous la forme d'un partenariat avec une agence d'intérim, de "tutorat" entre éleveurs (partage des expériences réussies) et d'une embauche d'un technicien, spécialiste en gestion de la main-d'œuvre étrangère.

Développer les groupes de progrès

Le troisième challenge porte sur la réduction du prix de revient en relation avec le développement de groupes de progrès. "Sortir, c'est s'en sortir", annonce en slogan Porc Armor Évolution qui veut instiller du travail collectif au quotidien. En fonctionnement sur le Finistère, les groupes seront étendus à Loudéac et Étrelles (35). Mais un des enjeux futurs sera au delà du prix de revient, la maîtrise du sanitaire. La progression de la peste porcine africaine aux portes de l'Allemagne ou l'arrivée de la DEP (diarrhée épidémique porcine) dans un élevage du Finistère incitent à un regain de vigilance et de rigueur. "On encourage la biosécurité dans les élevages", conclut Philippe Lecornué.

Nouveau logo, nouvelle dynamique

Porc Armor Évolution change de logo, dévoilé aux adhérents le 19 juin en assemblée générale.

Une queue en tire-bouchon, la lettre "e" de Évolution, d'éleveur ou d'environnement... à chacun son interprétation. Quoiqu'il en soit, le conseil d'administration ne voulait plus d'un logo "plan-plan". Place au dynamisme et à la communication positive. "Avec ce logo, on parle du métier", donne en explication le président Philippe Lecornué.

Chiffres 2017

3e groupement d'éleveurs de porc en France

278 M€ de chiffre d'affaires

1 886 762 porcs charcutiers commercialisés

55 salariés

9 installations - 17 adhésions

70 % des truies suivies en G3T/62,5 % des élevages suivis en GTE

Indice de consommation globale : 2,80

Productivité G3T NE : 30,7 porcelets sevrés/truie productive/an.

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