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Leur métier : accélérateur de compétitivité

Alors que le Gouvernement français fait du thème de la compétitivité un véritable enjeu, que deviennent les fameux "pôles de compétitivité" ? Cités à plusieurs reprise dans le rapport Gallois, ils ont été évalués, depuis trois ans et classés selon leurs résultats. Valorial, le pôle de compétitivité breton, consacré à l'agro-alimentaire, se sort plutôt bien de ce classement. Il revendique 252 projets labellisés depuis 2006 et 343 M€ investis. Il ne monte pas sur la plus haute marche du podium pour une petite faiblesse de communication ! Mais difficile de communiquer alors que la plupart des projets sont protégés par le secret industriel...

Il existe en France 71 pôles de compétitivité, dont le rôle est notamment de créer des passerelles et des projets communs entre les entreprises, acteurs économiques, les chercheurs, qu'ils soient de recherche fondamentale, ou des instituts techniques, en ajoutant le monde de la formation, notamment les écoles d'ingénieurs.
Les pôles de compétitivité vont accompagner les entreprises dans la recherche de partenaires techniques, chercheurs, et la construction de leurs projets en mobilisant des financements pour construire ces programmes coûteux , essentiels pour l'innovation des entreprises… et leur compétitivité.


977 brevets déposés en France

La compétitivité par l'innovation, la différenciation, voilà le créneau et l'axe essentiel de travail des pôles. Au total les 71 pôles de compétitivité revendiquent 3 748 projets d'innovation labellisés, 2 500 innovations qui ont donné lieu au dépôt de 977 brevets. Ces projets ont mobilisé un total de 5,7 milliards d'euros dont 2,7 par les soutiens publics et 3 milliards de fonds privés.
L'agro-alimentaire représente à lui seul 428 de ces innovations. Ce secteur est le plus souvent constitué d'entreprises de petite dimension qui s'obligent à une constante recherche et innovation pour lutter face à la concurrence.


Des axes de recherche tous azimuts

L'objet du pôle de compétitivité est de rechercher toutes les pistes permettant au entreprises de se différencier. Ces dernières le feront grâce à des process de fabrication innovants ou plus économes : Valorial a par exemple aidé au financement d'un process de cuisson permettant aux légumes de conserver leurs qualités nutritionnelles et organoleptiques.
La résistance de virus a aussi été étudiée permettant la mise en place de traitement adaptés en sites industriels, la recherche sur des capteurs industriels permettant le comptage de bactéries a aussi été accompagnée. Dernier exemple, des recherches ont été conduites sur les conséquences de la modification de l'alimentation du lapin en terme d'enrichissement de la viande de lapin en omégas 3.
Pour tous ces partenariats, ce sont des années de travail et des mois d'avance technologique ou concurrentielle assurés aux industriels concernés, industriels qui chacun dans leur entreprise n'auraient pas forcément les moyens de faire émerger et conduire jusqu'au bout ces innovations.
Paradoxalement, plus l'innovation est réelle moins il est possible de communiquer sur le produit ou le process. L'avantage concurrentiel devra être conservé le plus longtemps possible, l'industriel cultivera donc le secret très longtemps  !


Quels retours ? Quels bilans ?

Pierre Weill l'indique : il n'y a plus aujourd'hui de projets conduits sans identification et répartition préalable des produits de l'innovation. Ainsi si la recherche fondamentale est associée , elle aura la possibilité de réaliser un certain nombre publications. L'entreprise qui investit, ou la structure porteuse du projet, pourra déposer des brevets pour protéger son invention. Tous les bénéfices, qu'ils soient matériels ou sous forme de connaissances seront identifiés et répartis.
Après plus de cinq années de fonctionnement, il est malgré tout difficile de quantifier en emplois créés ou sauvés, l'impact des pôles de compétitivité. Entre les années de recherche, puis, les années consacrées à la mise en place du projet, et le lancement commercial et son développement le temps qui s'écoule est extrêmement long. Il faudrait donc effectuer un bilan au bout de cinq à dix ans, ce qui n'est pas réalisé aujourd'hui …  

Jean Dubé

Valorial dénonce l'interdiction de communiquer sur l'innovation nutritionnelle

La mise en place du nouveau règlement sur la communication nutritionnelle "rend désormais quasiment impossible toute communication a caractère nutritionnel sur les produits alimentaires de base". Résultat, la transformation agro-alimentaire peut moins différencier ses produits ou en tout cas moins le dire, donc risque de ne plus pouvoir valoriser les résultats de ses innovations. C'est une des craintes qu'a exprimé Pierre Weill, président du pôle de compétitivité Valorial depuis le mois d'avril. Or "moins de différenciation, c'est plus de banalisation, une banalisation qui est le terreau de la perte de valeur de nos produits. Cette vision pharmaco-réglementaire qui préempte les aspects santé pour la seule pharmacie rompt avec la sage vision d'une nutrition santé qui remonte au moins à Hippocrate".
Dans ses sujets de recherche, Valorial a par exemple travaillé sur l'efficacité du régime alimentaire Bleu blanc coeur, sur la richesse de la viande en oméga 3. Derrière le bras de fer communico-industriel, c'est un modèle alimentaire et agricole qui est en jeu.

 

Valorial en chiffres

Créé en 2006, le pôle compétitivité agro-alimentaire breton regroupe 270 adhérents, 10 commissions thématiques de travail qui identifient les projets, une petite équipe de 7 salariés qui propose un service d'ingénierie de l'innovation, depuis la recherche jusqu'à la mise en oeuvre de solutions de financement des projets.
Depuis 2006, 252 projets d'innovation ont été accompagnés, 343 millions d'euros ont été investis, 85 projets ont fait appel à la recherche , 1/3 ont été retenus dans le cadre des appels à projet de l'agence nationale de la recherche, permettant de mobiliser des moyens spécifiques d'instituts de recherche.
157 projets industriels d'innovation ont été conduits. 90 % d'entre eux ont été financés.
Valorial agrandit aujourd'hui sa "zone d'influence" et accompagne aujourd'hui des projets agro-alimentaires dans tout l'Ouest, en Bretagne, Basse-Normandie et Pays-de-la-Loire.

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