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"L’Europe doit avoir un budget à la hauteur des enjeux, notamment pour la PAC !"

Les chefs d’État et de gouvernement se sont réunis en un Conseil européen exceptionnel le 20 février pour discuter et adopter le Cadre financier pluriannuel (CFP) pour la période 2021/2027. Ce CFP fixe les plafonds de dépenses des politiques européennes jusqu’en 2027. Si cette réunion n’a pas permis d’aboutir, Henri Brichart rappelle les principales attentes de la FNSEA concernant ce budget.

Henri Brichart, vice-président de la FNSEA.

Pensez-vous qu’un accord soit possible ?

Henri Brichart. La Commission européenne a fait des propositions en mai 2018 et les différentes instances du Conseil en ont largement discuté. Dans la période d’incertitude récente, principalement liée au Brexit et son impact financier, les négociations ne pouvaient pas avancer. Mais aujourd’hui, alors que le Royaume-Uni a quitté l’UE et ne la financera plus au-delà de 2020, le temps presse, puisque ce budget est aussi un préalable à la réforme de la PAC. Un accord est donc possible, mais seulement si chaque chef d’État réalise bien l’importance de l’UE et des bénéfices qu’elle apporte, et en conséquence, accepte de contribuer plus à un budget commun. C’est sans doute le seul côté positif du Brexit, avoir montré à quel point l’Union européenne fait faire des économies à chaque État membre…

 

Pourtant, il est bien question de réduire le budget de la PAC, n’est-ce pas ?

HB. La PAC était historiquement la seule politique d’intervention financée au niveau européen. Au fur et à mesure que de nouvelles politiques sont mises en œuvre au niveau européen, la part relative du budget de la PAC diminue. Sur les soixante dernières années, les gains de productivité en agriculture ont permis à la fois la sécurité alimentaire, une baisse du prix du panier alimentaire des consommateurs, mais aussi une baisse du budget de la PAC en pourcentage du PIB européen. Toutefois, ce n’est pas parce que son budget semble important au niveau européen, qu’elle peut prendre en charge d’autres priorités. La PAC ne coûte que 38 centimes par Français et par jour, pour permettre au secteur agricole d’être compétitif et durable et en capacité de produire en respectant l’environnement, en garantissant la santé et le bien-être des animaux, en améliorant la biodiversité et en contribuant à la lutte contre le changement climatique. Cette PAC est très bon marché et une baisse de son budget est pour nous inenvisageable.

 

Et les attentes sociétales sur l’environnement ne cessent de croître…

HB. La PAC doit tout d’abord améliorer le niveau de vie des agriculteurs. Cet objectif date de 1957 et pourtant le revenu des agriculteurs reste très inférieur à celui des autres secteurs de l’économie. Bien sûr, les agriculteurs font partie intégrante de la société et veulent aussi vivre dans un environnement sain. Leur environnement est aussi leur principal outil de travail et ils cherchent à l’améliorer, je pense par exemple au taux de matière organique dans les sols. Mais les contraintes ont un coût et il n’est pas possible de faire plus, tout en étant mis en compétition avec les pays tiers, qui ne respectent pas ces normes, en l’absence de compensation. Aujourd’hui, on constate malheureusement des augmentations d’importation au détriment de la production française.

 

Dans ce contexte, que peut faire le Président Macron ?

HB. Nous sommes convaincus que l'UE a besoin d'un budget plus ambitieux que celui proposé. Au minimum, un maintien du niveau de financement de l'agriculture dans le prochain cadre financier pluriannuel est nécessaire. Mais pour faire plus en agriculture, il semble indispensable que les chefs d'État et de gouvernement réunis à Bruxelles ce 20 février fassent mieux ! Les agriculteurs français demandent au Président de la République d’obtenir un budget européen à la hauteur nécessaire pour permettre au secteur agricole de relever les nombreux défis qui sont devant lui.

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