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L’herbe en Cuma, voie de l’autonomie

C’est à une assemblée générale dé-confinée, que la FD Cuma du Morbihan a convié ses adhérents, vendredi dernier sous le haut hangar de la Cuma la Printanière et la Gare de Questembert. Place à l’autonomie protéique par la voie de l’herbe et les solutions qu’apportent les Cuma, nombreuses, porteuses.

Véronique Lucas, sociologue.

"Le coût des matières va montant. Travailler avec l’herbe, c’est un enjeu d’ici 10 ans pour que nous soyons de plus en plus autonomes sur nos exploitations et qu’on arrête de traverser le monde pour aller chercher nos matières premières", cadre Cédric Le Floch, président de la FD Cuma, éleveur laitier bio qui fait l’expérience de cette voie depuis 20 ans. Les Cuma en seraient-elles un lieu de maturation privilégié ? C’est le sujet central retenu par la fédération des 140 coopératives d’utilisation de matériels du Morbihan pour leur réunion statutaire. Un sujet qui enfle et sur lequel s’est aussi interrogé, au niveau national, le réseau des Cuma, mandatant Véronique Lucas, sociologue et agro-écologue, pour comprendre les raisons de la croissance des projets sur l’autonomie protéique. Car si les investissements en matériels de récolte d’herbe se multiplient, portés aussi par le soutien que leur accordent les Régions comme la Bretagne avec des niveaux de subvention allant jusqu’à 40 % du coût d’acquisition des matériels, "il y à aussi des projets de séchoir en commun où là, c’est le foin qu’on met en commun, c’est autre chose !", souligne la chercheuse dont le travail d’enquêtes a permis d’identifier huit facteurs qui expliquent la croissance de ces projets, partout sur le territoire national.

 

Les raisons d’un développement

Premiers de ceux-ci, le traumatisme laissé chez les éleveurs par la crise de l’ESB et "ne plus vouloir dépendre de ces matières premières extérieures", relève Véronique Lucas. Une remise en cause qui dénonce aussi la dépendance au soja importé, "un soja OGM en provenance d’Amérique latine avec les controverses qu’on voit poindre ici sur la déforestation, entre autres. Des AOC lait et viande commencent à le bannir avec mise en place de filières tracées permettant un surcoût supportable", observe-t-elle. L’obligation progressive de couverture des sols en hiver a également joué en la faveur de la production de protéines, le réchauffement climatique aussi "avec l’obligation de diversifier les ressources de fourrage pour avoir plus de résilience". Pointent aussi les impasses agronomiques, "la difficulté de produire sur des sols dégradés avec nécessité de diversifier l’assolement, d’introduire de la luzerne et de lui trouver de débouchés dans le cadre collectif des cuma", a-t-elle pu aussi relever. L’essor des énergies renouvelables, photovoltaïque et méthanisation sont également des facteurs favorisant ce développement. "La chaleur est plus facilement accessible", redonnant de l’intérêt à la mise en place de solutions collectives de séchage de fourrages. La volatilité des cours des intrants participe aussi à ce regain d’intérêt qui conduisent "de plus en plus de filières à mettre en avant la production à l’herbe pour se démarquer, cela arrive en France". Reste aussi un fondamental rappelé par Philippe Guillerme, président de la Cuma de Theix, "ce qui est le moins cher, c’est l’herbe pâturée".
Dans tous les cas, si manquent l’expérience et la ressource sur l’herbe, "le groupe Cuma permet de former, de partager l’expérience et d’avancer collectivement. Les cuma sont là pour évoluer, l’avenir est là" assure Cédric Le Floch.

 

Des exemples

A la Cuma du Scorff (56), l’activité herbe n’est pas une nouveauté avec une politique tarifaire volontariste : "la récolte d’herbe permet de diminuer le coût de récolte du maïs, on la récolte tôt pour un optimum de qualité. Le coût d’une heure d’ensilage d’herbe est au même prix qu’un hectare de maïs ensilé : entre 20 et 30 euros, très attractif".

A la Cuma La gourmande (35) l’affouragement en vert est réalisé depuis janvier 2019 en prestation totale, de la coupe, jusqu’à la distribution à l’auge, "de 300 tours à 6 adhérents nous sommes passés à 1 200 tours et 1 000 heures effectuées pour servir jusqu’à 15 adhérents par jour pour un prix de 75 euros/h pour en moyenne. Ce sont moins de 30 minutes passées par jour et par exploitation".

 

 

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