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A L'AG de la FDSEA, la relation amont aval
L'histoire d'un je t'aime-moi non plus

En testant, par enquête, la relation qui lie producteurs et entreprises, auprès de ses adhérents, c'est le nécessaire équilibre du partenariat que la FDSEA a remis au centre des débats, lors de son assemblée générale, vendredi dernier à Grand Champ. Et négocié collectivement, le contrat prouve son efficacité, a permis de démontrer la table ronde.

 

«Un enjeu énorme se joue», prévient d'emblée Laurent Kerlir, président de la FDSEA suivi par Daniel Prieur, secrétaire général de la FNSEA. Au bout des actions prévues cette semaine, une interrogation de taille : « Est-ce qu'on arrive à ce que Lactalis, 1er laitier français, accepte que la contractualisation soit l'objet d'une négociation collective ?», poursuit-il. Et la question aura été en toile de fond de cette assemblée générale. Entre les maillons amont et aval de la filière, l'heure est parfois au rififi (voir encadré). Pourtant, coopérer est indispensable pour affronter demain, n'a cessé de pointer la table ronde que le syndicat départemental avait convié à Grand Champ.

 

«Une responsabilité collective »

Alors, certes, la liberté du producteur réside dans la maîtrise de son droit à produire. «En porc, l'éleveur peut ainsi vendre sa production auprès du groupement qu'il souhaite », note Serge Vallais, producteur à Carentoir et Vice président du groupement Porc Armor. Et d'enchaîner « la France a perdu 2 millions de porcs quand l'Allemagne en a gagné 10 de production» pointant la difficulté de répondre à un marché différent pour chaque morceau de l'animal. D'où l'intérêt de l'investissement des producteurs dans la filière pour lui permettre de réorienter ou valoriser une partie de la production vers d'autres marchés. Mais cette liberté, tant revendiquée, ne peut se réduire qu'à l'acte de production, estime l'éleveur francomtois, Daniel Prieur, investi dans l'AOC Comté. Une organisation où injecter 5 % de lait supplémentaire « casse un prix de 500 euros la tonne de lait. Il faut être conscient de cela et ne pas transiger. Nous avons une responsabilité collective pour les prix demain. Il nous faut produire ce que le marché demande», martèle t-il.

 

Le contrat façon légumes

Oui mais comment ? Pour garder leur liberté tout en gardant leurs prix, les producteurs de légumes ont trouvé la solution sans faire rimer contractualisation avec intégration. «C'est maintenant de l'histoire ancienne », estime Serge Le Bartz. A chaque exploitation, son historique de production et un souhait d'emblaver émis tous les ans. « Mais on ne met en place que ce que le marché accepte. Le producteur connaît sa surface, son rendement, son prix, c'est sécurisé», détaille le producteur de Lignol, président d'UFM Cecab qui note également l'existence de caisse de péréquation. « Le producteur contractualise avec l'OP, et c'est l'OP qui négocie avec l'industriel qui lui parle de marché ». Quant à l'AOP ? «Toutes les OP de France envoient auprès de l'AOP Cenaldi les éléments en matière de prix, de volumes et de rendements qui sont synthétisés, puis retournés auprès de chaque OP qui intègre un classement dans sa région. Cela nous aide à rester compétitifs. A chaque région de défendre ses négociations» .

 

 

Je t'aime moi non plus

 

Ambivalente, demeure cette relation qu'entretiennent les producteurs avec leurs entreprises, qu'elles soient privée ou coopérative. Et quand la société civile envie les acteurs de l’économie solidaire et des Scop, les agriculteurs inventeurs de la coopération, se montrent lassés des outils que leurs pères ont inventé. Trouble profond ou simple brouille ? «On aurait aimé être ces fondateurs» ne cache pas, admiratif, Jean René Meunier pour qui «on est exigeant qu'avec ceux qu'on aime». Alors que faire pour rétablir un lien qui semble distendu ? «Plus les centres de décision s'éloignent des lieux de production, moins il y a de retour financier pour le producteur mais aussi d'information », constate Daniel Prieur. Alors si engagement dans la filière il doit y avoir, il doit également être financier. Un constat partagé au sein de l'UFM Cecab qui estime que «le capital social n'est pas assez grand  pour impliquer de manière importante les producteur». La piste sera -t-elle suffisante pour combattre le repli sur soi et le manque d'envie de jouer collectivement ?

 

Claire Le Clève

 

légende

Entendu

Sage : «Ils sont un enjeu majeur aux conséquences radicales. Vilaine, Blavet, Scorff, Les pilotes de ces Sage entendent gérer l'agriculture sur le modèle des bassins algues vertes. Nous sommes sous représentés avec 2 représentants sur 46 membres. Mobilisez-vous, dans les conseils municipaux, auprès de vos maires, interpellez vos députés ». Laurent Kerlir

Méthanisation : «Mettre des produits alimentaires pour faire fonctionner le méthaniseur n'est pas acceptable. Ce peut être un outil de résorption. Le dossier ne doit pas nous échapper, nous devons regarder les projets plus tôt », Laurent Kerlir

«On a une carte énorme a jouer. Les élevages et notre région ont un atout considérable avec les effluents. Belges et allemands commencent à venir chercher nos co-produits. A nous d'être intelligents et inventifs, et mettre en place des systèmes autogérés. Les agriculteurs doivent être majoritaires au capital social de ces projets, gourmands en surface d'épandage. » Thierry Coué

Commission structure : «il est déjà difficile de faire fonctionner ces commissions structures localement mais en plus, le travail est massacré par la comparaison au PAD. Je me demande à quoi on sert » Dominique Ballac

Retenues collinaires :

«Avec les cartes, en rajoutant des cours d'eau on s'est tiré une balle dans le pied, allez poser desd réserves sur des buttes », Bruno Calle

« On met des réserves là où elles ne se remplissent plus . On dépense de l’argent public pour rien... Il faut étudier la possibilité de développer l'irrigation en Bretagne» Jean René Meunier

DPU : «1 million de DPU ne sont plus activés. On perd des hectares avec l'urbanisation. C'est de la valeur ajoutée qui échappe au monde agricole et des aides qui ne sont plus activées. Je suis inquiet » Bruno Calle

 

 

Ni infernales ni idéales,

des relations perfectibles

 

Les objectifs étaient qualitatifs pour cette enquête sur la relation entre agriculteurs et entreprises dont les résultats ont été révélés vendredi. Car si le rififi existe parfois, l'affrontement est plus drôle dans les Tontons flingueurs. L'assemblée statutaire a rendu un bel hommage à ce film culte, en émaillant d'extraits son rapport d’orientation.

Coté information, si le conseil et le suivi technique sont jugé bon, il n'en va pas de même des informations sur la conjoncture, la valorisation des produits ou la stratégie et la santé de l'entreprise.

Quant au capital investi, ils le connaissent mal estimant que les parts sociales sont un ticket d'entrée pour écouler leur production.

2/3 d'entre eux disent connaître le mode de fixation des prix de leurs produits mais connaissent mal le fonctionnement de leur entreprise et le devenir de leur produit.

2/3 ne sont pas impliqués et ne souhaitent pas l'être

2/3 estiment avoir des relations satisfaisante avec l'entreprise, ce d'autant plus que la relation est partenariale. ¼ estiment que cette relation est subie, négative et opaque.

- 94 % les agriculteurs enquêtés souhaitent que les négociations soient collectives.

Ils veulent être reconnus comme des partenaires de l'aval à part entière

 

 

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