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"L'occasion de faire entendre notre voix"

Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne.
Laurent Pinatel, porte-parole national de la Confédération paysanne.
© Terra

Vous venez dans le Finistère pour assister à l'assemblée générale de la Confédération paysanne 29, dont le thème portait sur les élections à la chambre d'agriculture de janvier prochain. Dans quel état d'esprit abordez-vous cette échéance ?

Laurent Pinatel. C'est un rendez-vous important, l'occasion de faire entendre notre voix dans le débat qui va s'engager, d'accroître notre audience. Selon que nous atteindrons 15 ou 25 % des suffrages, nous n'aurons pas le même poids ! En cette période d'AG, j'ai entamé un grand tour des départements et l'on y sent des dynamiques différentes. Si les zones céréalières ne constituent pas notre "fonds de commerce", nous espérons réaliser de bons scores dans les départements "historiques" de l'ouest, tels que le Finistère ou la Loire-Atlantique. Et il y a une réelle dynamique dans des départements "néo-ruraux" comme l'Ariège ou l'Ardèche.


Quels sont les thèmes que vous allez porter ?

L.P. En premier lieu, le revenu des paysans ! On ne peut pas accepter de tels niveaux, quand on voit les fortunes qui s'amassent dans l'agro-alimentaire. Mais nous voulons aussi évoquer la vivabilité du métier, en termes de temps de travail et de pénibilité. Il est évident qu'il faut mécaniser, moderniser mais sans tomber dans l'excès inverse et remplacer une pression physique par une pression psychologique !

Les exploitations s'agrandissent et il devient de plus en plus difficile de les transmettre aux jeunes. Les politiques doivent nous aider à sortir d'un modèle qui avait un sens dans les années 60 pour nourrir la population, créer de l'emploi, développer l'agroalimentaire... Mais c'est un modèle qui ne marche plus, quand on voit l'inégale répartition des marges, la défiance des consommateurs et des paysans toujours moins nombreux. Et est-il encore pertinent de viser les marchés export, peu rémunérateurs et de plus en plus bataillés ? Il est temps d'aller vers plus de résilience, de tirer l'agriculture vers le cran au-dessus.


C'est justement ce que préconisent les États généraux de l'alimentation (EGA).
Quel bilan en tirez-vous ?

L.P. Si le discours d'Emmanuel Macron était séduisant, ce qu'a annoncé Stéphane Travert nous a nettement moins plu ! Il plaide pour des relations commerciales différentes entre producteurs, transformateurs et distributeurs, mais sans nommer d'arbitre...

Pour que les paysans tirent un revenu, il faut aller vers une répartition plus équitable des marges, sans que ce soit forcément le consommateur qui paie plus. Et les EGA n'ont traité ni de la fiscalité agricole, ni de l'installation des jeunes, ni des paysans de la mer...

 

 


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