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Le CAM à Naizin
l’œuf dans tous ses états

Dur, liquide, sec, élaboré, coquille, cuit ou cru mais toujours tracé, qui suis-je ? L'œuf bien sûr. Oui, l'œuf issu du centre de conditionnement Le Cam à Naizin. Enfin un parmi le milliard sept cent mille œufs pondus chez les 116 éleveurs (voir portrait) adossés au groupe Glon. Visite.

 

Entrer chez Le Cam à Naizin, c'est comme entrer en religion. On se dépouille de tout, y compris de ses grigris, amulettes ou autre signes de richesse extérieure que sont bagues, colliers ou autres montres et on revêt l'habit. "Le personnel fait la même chose tous les matins", vous laisse entendre le directeur du site, Gaël Le Brun. Alors vous trouvez même un vieux crayon au fond de votre sac pour tenter un chignon et ne plus laisser traîner un cheveu, par égard. Comme en élevage, l'hygiène maximale est donc de rigueur dans ce centre de conditionnement qui traite à l'année 1,7 milliard d'œufs par an et protège jalousement l'innovation de certains de ses process de fabrication. Les préparations d'ovo-produits d'Ovoteam, d'œufs brouillés pour Eurodisney, d'omelettes pour toutes les cantines de France, de blancs en poudre pour le Japon, de préparations liquides pour quiches, flans, ou tartes normandes sont vendues partout. Y compris les œufs coquilles, modèles de traçabilité. Bienvenue sur la planète œuf. "Une filière aval où on valorise vos produits d'élevages", résume le responsable du site devant les éleveurs de poules pondeuses invités le 1er avril à découvrir également (Voir portrait) le centre de Naizin.

 

Seuls 6 % partent à la casse

Trois types de transformations sont effectués par l'entreprise Le Cam. "Les plus petits œufs, ceux du début de ponte que nous faisons vieillir 15 jours permettent de faire les œufs durs". Entre 130 000 et 180 000 œufs sortent de cette ligne par jour à raison de 14 000 par heure, conditionnés en poche sous atmosphère contrôlée, sous vide ou en seau. Plus loin, c'est le centre de conditionnement des œufs coquilles, calibrés, photographiés (18 clichés par œufs), et estampillés. "Seuls 4 à 6 % sont déclassés et partent à la casserie pour les ovoproduits, soit 70 à 80 000 œufs par jour. Si on trie trop, on perd de l'argent", veille le responsable. 30 % de ces œufs sont orientés vers les GMS et le hard discount, 30 % partent chez les grossistes et le reste vers l'industrie et l'export. Sur une palette, des œufs blancs "Ah, nous faisons des produits ethniques, ces œufs blancs sont pour les pâques juives".

 

Claire Le Clève

 

 

 

Encadré 1

Des cages aux normes Bien-Etre : 22 e / poule

105 400 poules sont élevés désormais chez Chantal et Denis Michel qui à Naizin, ont ouvert les portes de leur dernier bâtiment pondeuses conçu pour accueillir 50 000 poules aux normes 2 012. Du dernier bâtiment conçu en 1977 pour 15 000 poules, le couple a fait table rase repartant sur du neuf, sur 8 étages de cages de 60 poules avec passerelle intermédiaire sur cinq travées. Deux silos de 15 tonnes prévus pour recevoir l'aliment Sanders s'adossent au bâtiment de 82 m de long sur 15 de large à ventilation dynamique transversale conçu par l'entreprise Thermofrigor et équipé de cages Big dutchman équipé de 8 pipettes, perchoir longitudinal, nid à plancher plastifié, grattoir, bande à œufs et ralentisseur. Les fientes sont séchées au fur à mesure grâce à un échangeur thermique doté de 4 turbines et évacuées par tapis. 100 000 œufs sont produits par jour et conditionnés grâce à l'équipement d'un robot palettiseur qui empile les alvéoles remplies d'œufs et les dépose sur palettes prêtes à rejoindre quotidiennement l'entreprise Le Cam.

 

Encadré 2

Dream team d'ovoteam

Une stratégie d'alliance sur des cœurs de métiers communs, c'est ce qu'ont réalisée les groupes Coopagri, coopératif, (1,3 million de pondeuses et 370 millions d'œufs annuels) et Glon, privé, (et ses 6 millions de pondeuses avec 1,7 milliard d'œufs par an) en créant Ovoteam. Ces trois entreprises, réparties sur quatre sites (Epi Bretagne pour Plaintel et Guigamp (22), Le Cam pour Naizin (56) et 3 Vallées à Ambrières et Les Vallées (53)), transforment cette production en différentes gammes. Pour les ovoproduits (40 000 t) qu'ils soient élaborés, de longue conservation en poudre (1 200 tonnes) ou encore liquides en grands conditionnements, ils sont également préparés en petits conditionnements ou durs (43 millions durs écalés) ou en gamme œufs coquilles tracés (300 millions) chez le Cam à Naizin qui emploie 116 salariés avec un chiffre d'affaires de 50,5 millions d'euros en 2008. Destinés à l'industrie agroalimentaire à la restauration hors domicile ou aux GMS, ces produits sont vendus en France, en Europe et dans le monde entier. Exemple avec le blanc d'œuf en poudre dont les japonais importent de grandes quantités à Ovoteam. En effet, ses qualités gélifiantes "et difficiles à copier", le rendent irremplaçable dans la fabrication du Surimi

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