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ARMOR OEUFS
L'œuf standard face à la surproduction

Malgré une consommation dynamique, l'œuf standard est en surproduction, avec 30 millions de poules en trop en Europe. La situation est grave pour les éleveurs et pour l'ensemble de la filière.

Au centre, Jean Quennemet, président du groupement Armor œufs, entouré des deux vice-présidents Franck Picard et Arnaud Cornillet.
Au centre, Jean Quennemet, président du groupement Armor œufs, entouré des deux vice-présidents Franck Picard et Arnaud Cornillet.
© Terra

"La crise est catastrophique. C'est du jamais vu depuis 30 ans alors que de nombreux éleveurs sont en pleine restructuration de leur élevage", déclarait Jean Quenne-met, président d'Armor œufs, lors de l'assemblée générale du groupement le 13 avril à Pontivy. "Le marché est compliqué du fait de la mise aux normes bien-être, ajoute Hugues Mongé, responsable de l'amont de la filière. Il y a à la fois les nouveaux bâtiments aux normes qui démarrent, les anciens qui continuent de produire, voire quelques bâtiments vides qui ont été à nouveau remplis suite à un marché porteur en 2009. Il est nécessaire de se poser la question de la gestion de la production au niveau national".


Une amélioration à l'échéance 2012 ?


Au niveau du groupement, les mises en place de poulettes reculent et les abattages se font plus prématurément pour réguler la production. Mais la baisse de la production depuis ces derniers mois en France et en Europe est encore loin d'être suffisante pour atteindre l'équilibre.
"On peut espérer une amélioration mi 2012", estime Jean Quennemet, les normes bien-être étant incontournables dès le 1er janvier 2012. Or, "un certain nombre de pays ne seront pas prêts", selon François Saint Lager, de l'association Breiz Europe, notamment l'Espagne, l'Italie, et surtout la Pologne où 80% de la production ne sera pas aux normes. Compara-tivement, la France paraît bien engagée avec 70% de la production en cages aménagées à l'échéance 2012. "Il est certain qu'il n'y aura pas de report de l'échéance, affirme-t-il, mais le dossier continue d'être flou avec peut-être des solutions européennes provisoires". Mais avec quelles conséquences sur les marchés ? Olivier Athimon, responsable de la filière œuf aval du groupe Glon, craint notamment "des dérogations trop longues qui seraient étendues aux ovo-produits". Et encore faudra-t-il que les Etats garantissent bien le respect de la réglementation.


Se différentier sur un marché concurrentiel

Au niveau de l'aval, malgré des marges restreintes, les investissements se poursuivent "autant dans l'activité coquille que la RHD que les ovo-produits", précise Olivier Athimon, afin de "disposer d'outils compétitifs et modernes au plus près des lieux de production". Des travaux vont notamment être réalisés dans les centres de conditionnement pour mieux les adapter à une segmentation accrue et au développement de l'alternatif. La filière des ovoproduits va aussi investir dans deux nouvelles casseuses ultra modernes, une nouvelle ligne d'œuf dur, et moderniser les lignes d'œufs pochés. L'objec-tif est de mieux valoriser les œufs en se positionnant sur des produits différentiants, ce qui est fondamental sur ces marchés très concurrentiels, d'autant plus dans le contexte de surproduction.
Les adhérents d'Armor œufs, dont la production est contractualisée à 50% avec Sanders et à 50% commercialisée au cours du marché, recevront quant à eux une ristourne de 8 centimes d'euros par poule en juin 2011. Un geste qui va vider la caisse du groupement déjà bien entamée pour des problèmes sanitaires (lire encadré), mais qui s'avérait essentiel selon Jean Quennemet pour aider les éleveurs en ce temps de crise.

Aide nationale à la mise aux normes

La mise aux normes bien-être est plus qu'encouragée aujourd'hui avec une enveloppe nationale de 11 millions d'euros de subventions à l'investissement pour le passage de cages standards à des cages aménagées ou à de la production d'œufs alternatifs. L'aide s'élève à 20% (+10% pour un JA), plafonnée à 2 ? par poule et 50 000 ? par bénéficiaire. Les dossiers sont à déposer avant le 30 juin 2011. Cette mesure bienvenue paraît cependant injuste vis-à-vis de tous les éleveurs ayant anticipé la réglementation. Lancée le 9 mars dernier, elle n'est pas rétroactive.

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