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Journée d'information FDSEA/JA
L'organisation de la filière Lait au cœur des débats

Si la production laitière a de beaux jours devant elle, la fin des politiques agricoles avec l’extinction des quotas font craindre une forte volatilité des prix. Pour freiner cette vague de libéralisme, les producteurs de lait misent sur leur Interprofession pour défendre un modèle alternatif.

Frédéric Chausson, directeur de la FNPL, s'est montré d'emblée optimiste. "Oui, demain, les prix du lait seront plus élevés", a-t-il annoncé aux 200 producteurs de lait présents à la journée d'information organisée par la FDSEA/JA. "D'ici 2050, il faudra avoir doublé la production agricole mondiale". A côté des pays historiquement laitiers - l'Europe, les USA et l'Océanie - peu de zones en expansion, capables de développer la production laitière, pointent leur nez. Croissance de la demande mondiale, assèchement du marché mondial, baisse de la collecte en Europe..., la production courre après la consommation. "La vrai question est de savoir si les producteurs dans le monde seront capables de fournir la demande", explique le directeur. Clignotants au vert, la production laitière a donc de beaux jours devant elle. Mais il ne le cache pas : « on est entré dans un monde de fou ». Après une baisse ininterrompu du prix du lait depuis 2001, voilà qu'il gravit en 2008 des sommets avec un prix moyen annoncé à 350-360 €/1000 litres. "Une hausse spectaculaire mais absolument nécessaire", note Frédéric Chausson, avant de prévenir. « Beaucoup de lait arrive, attention, 2009 sera une année d'atterrissage ».
Conserver le modèle français
2007, année atypique, marque donc un changement radical. "Avec la disparition des politiques agricoles, c'est une forte volatilité des prix des produits laitiers qui nous attend. Les quotas au 31 mars 2015 seront éteints, la France n'a pas trouvé d'alliés en Europe pour leur maintien. On s'oriente vers une désactivation totale de la PAC issue du traité de Rome avec l'absence de régulation organisée par les pouvoirs publics", explique-t-il. Devant des règles du jeu imposées, la première étape est d'aménager la période transitoire. "On a évité le pire et la proposition de la Commission d'augmenter de 5% les quotas entre 2009 et 2015 est plutôt bonne". Quant à l'après-quota, la FNPL veut garder un modèle à la française. "Certains pays préparent la libéralisation en faisant grossir des monopoles coopératifs, ce n'est pas la vision française, qui privilégie la concertation interprofessionnelle", lance le directeur de la FNPL.
De leur côté, Pascal Clément, producteur dans la Sarthe et administrateur de la FNPL, Guy Le Bars, président d'Even et Patrick Wecxsteen d'Entremont Alliance, présents autour de la table, ont reconnu les avantages des quotas, soucieux d'évoluer dans un système régulé. A l'inverse de la situation rencontrée par les transformateurs depuis quelques mois, "il faut faire en sorte que la production laitière n'arrive pas plein pot au moment où les prix des produits industriels sont bas".
Contractualisation : peu de détails
Or, si la contractualisation est sur toutes les lèvres, le détail de sa mise en œuvre n'a pas été décrit pour autant. Se voulant rassurant, Patrick Wecxsteen d'Entremont Alliance a repoussé tout modèle intégré à l'image d'autres productions. "Un contrat non équilibré ne pourrait pas fonctionner", affirme ce dernier.
Tout reste donc à construire. Les producteurs misent sur leur interprofession pour y parvenir. Une interprofession qui connaît pourtant une mauvaise passe avec quelques soubresauts. En effet, l'Etat vient d'interdire au Cniel (centre national interprofessionnel de l'économie laitière) d'émettre des recommandations sur le prix du lait. "Un coup dur porté à l'interprofession laitière, lié à la surenchère médiatique sur le pouvoir d'achat", dénonce Frédéric Chausson. "Mais, je suis optimiste avec en janvier 2009, la mise en place d'un nouveau système d'éclairage".
Reste une question. Si les autres pays n'adhèrent pas au projet de maîtriser de la production, isolée, l'interprofession française réussira-t-elle à défendre son modèle ?

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