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Malgré les incertitudes, les industriels bretons restent mobilisés

Les acteurs bretons du secteur agroalimentaire ont résisté en 2018, alors que les croissances mondiale et européenne ralentissent. Pour les industries agroalimentaires bretonnes (IAA), les signaux sont plutôt teintés d’orange en termes d’évolution des principaux indicateurs d’activité, d’emploi et d’investissement. L’Observatoire économique et social des filières agricoles et agroalimentaires des chambres d’Agriculture de Bretagne publie un bilan des restructurations des IAA du territoire, de l’industrie des viandes aux produits de la mer. Après la volaille, le secteur breton du lait est sous les projecteurs en 2018. Retour sur les événements marquants, les IAA se mobilisent pour se rapprocher du consommateur.

Si le bilan économique et social du secteur agroalimentaire régional reste globalement positif (estimation de +0,6 % de chiffre d’affaires(1) et 70 650 salariés soit +0,4 % sur un an), 2018 sonne l’apparition d’un climat d’incertitude pour les industriels. Concernant les investissements, cette année ne constitue pas un millésime exceptionnel. Toutefois, nous recensons des investissements de plus de 10 millions d'euros réalisés ou annoncés chez des acteurs de divers secteurs. Les entreprises restent optimistes quant à leur avenir, malgré les incertitudes générées par le déroulement des négociations commerciales avec la grande distribution, ou encore l’issue du Brexit qui s’est fait attendre tout au long de l’année. Compte-tenu du niveau de ses échanges à l’exportation avec le Royaume-Uni, le secteur breton de la boulangerie-pâtisserie surveille les suites de près.


L’agroalimentaire, un secteur qui reste optimiste
Signe que le secteur agroalimentaire n’a, malgré tout, pas perdu de son attractivité, les fonds d’investissements ont, cette année encore, exprimé un intérêt soutenu pour des entreprises implantées en Bretagne. De même, les groupes étrangers se positionnent. Parmi les reprises, celle de Neovia, la filiale spécialisée en alimentation animale de l’union des coopérative InVivo par le géant américain du négoce agricole ADM marque les esprits, d’autant plus dans le contexte de restructuration annoncée fin juin.
Les coopératives ont contribué à la dynamique, parmi elles le Groupe d’aucy. En parallèle de la constitution d’Eureden avec Triskalia, Groupe d’aucy se muscle avec l’entrée à son capital de salariés, d’adhérents, de partenaires et du conseil régional de Bretagne afin de soutenir sa croissance externe, dont la prise de participation dans Saint-Mamet pour 2018.
Parmi les mouvements structurants des actions de reprise ciblées ont eu lieu. Certaines sont désormais plus portées sur un positionnement stratégique que sur un critère de taille d’entreprise. En témoigne justement en 2018 la reprise par Jean Hénaff de l’entreprise spécialisée dans la charcuterie bio Kervern, un an après la reprise d’un spécialiste des produits à base d’algues, Globe Export.


Défis multiples : se rapprocher du consommateur…
Les lignes ont encore bougé cette année dans le secteur agroalimentaire breton, témoignage de la mise en place de nouvelles stratégies d’entreprises tournées vers de nouveaux marchés (restauration hors domicile, export) et de nouveaux segments (bio, végétaux, "sans"…) en réponse aux attentes sociétales. Ces nouvelles démarches requièrent des moyens supplémentaires de la part des industriels (gestion de nouveaux cahiers des charges, réorganisation industrielle, évolutions en termes de supply chain, développement marketing…). Tout l’enjeu est dorénavant, pour eux, de faire-valoir ces efforts et leur réalité économique. La montée en gamme des produits ne se fait pas sans coûts pour les industriels. Mais le mouvement des gilets jaunes le rappelle, au-delà de perturber ponctuellement les transports des produits sur la route, le prix des produits reste le nerf de la guerre. Aussi, à travers notre observation, un enjeu fort pour les industriels se révèle, celui de faire preuve de pédagogie pour porter les messages de leurs ambitions, qu’elles soient économiques, sociales, environnementales, sociétales… Le secteur doit donc être plus audible pour guider davantage les choix des consommateurs et mieux leur expliquer la valeur de ses produits, notamment dans le cadre de la montée en gamme. Les difficultés que rencontrent les industriels à implanter leurs outils de production (la Sica Saint-Pol aura fait face à sept années de démêlés judiciaires pour pouvoir continuer l’implantation de sa plate-forme, Sill Entreprises a mis cinq ans pour trouver l’emplacement de sa nouvelle usine) nous rappellent que les attentes vis-à-vis des industriels ne sont pas que sur les produits, elles le sont également sur l’impact global de l’entreprise. Faire bien et être capable de le montrer ; la mise en place de couloirs de visite dans les entreprises constitue une première réponse apportée par exemple par La Biscuiterie de la Pointe du Raz. Les industriels doivent ainsi faire preuve d’agilité dans un monde qui change de plus en plus vite.

Toutes les pistes sont explorées. Certains se rapprochent de l’écosystème Food Tech, très actif en France, sur le volet du snacking, de la restauration rapide ou encore du nomadisme. Parmi les lauréats des derniers prix Even’Up, le groupe Even met en avant des acteurs du numérique pour répondre aux attentes des consommateurs avec plus d’accessibilité des données de l’alimentation. Autre exemple de démarche de segmentation accrue des produits en cours, les fabricants proposent désormais une déclinaison végétale dans leur gamme de produits. Pour les industriels, le végétal constitue aussi un moyen de renouer avec la confiance du consommateur. Les industriels laitiers s’y sont renforcés mais d’autres opérateurs, non impliqués dans la collecte laitière bretonne, explorent aussi ce marché, même les acteurs du secteur des légumes se végétalisent (Groupe d’aucy et ses légumes secs cuisinés).


… diversifier ses débouchés ou encore recruter
Pour réduire sa dépendance vis-à-vis de la grande distribution, la vente en ligne ou, pour ceux qui en ont les moyens, le développement de leurs propres enseignes, sont des façons de retrouver davantage de valeur à la commercialisation de leurs produits. Ce n’est plus un tabou. De plus en plus d’acteurs dans le secteur l’ont compris, de nombreux exemples d’extension de site avec la création d’un espace de vente sont encore recensés cette année et pour certains, ce sont même des espaces de restauration qui sont mises en place.
D’autres acteurs font des marchés à l’export un véritable axe stratégique et ne cachent plus leurs ambitions à l’international : certains ambitionnent dorénavant d’y réaliser 50 % de leur chiffre d’affaires.
Enfin, la performance industrielle des outils, nouveaux comme modernisés, ne pourra s’exprimer que si les transformateurs parviennent à recruter une main d’œuvre qualifiée. Les industriels ont déjà commencé à prendre le problème à bras le corps et ont investi dans la formation en créant des écoles de formation interne (SVA Jean Rozé) ou encore en ouvrant leurs portes (les Charcuteries de Plélan du groupe Fleury Michon).

(1) Source : Banque de France Direction des Affaires Régionales Bretagne

Que retenir de l’année 2018 ?
Industrie laitière, des viandes (boucherie et volaille), des plats préparés, des légumes, des produits de la mer…, secteur par secteur, dans le supplément du numéro d’avril 2019 de La Revue de l’Observatoire des IAA, sont reprises les informations relatives aux mouvements de fusion, reprise, cession, restructuration, fermeture de site ainsi que les investissements (nouvelle unité, extension, nouvelle plate-forme, réorganisation industrielle...). Maintenant disponible sous format numérique, La Revue de l’Observatoire des IAA et son supplément le Bilan des restructurations des IAA bretonnes sont directement téléchargeables sur le site des chambres d’Agriculture de Bretagne.

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