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Malise à Paris, "c’est une promotion"

Jolie Normande en première lactation, sacrée championne jeune du salon Ohhh la vache, à Pontivy en 2018, Malise sera avec trente-neuf congénères, en lice à Paris. L’accompagner, "sera nos vacances", et une très grande fierté, en toute humilité, pour la famille Ogé de Sérent (56) qui l’a vue naître et l’a élevée. "Une vache pleine d’avenir", dans cette élevage où les vaches vieillissent si bien.

"Lors de sa croissance, petite, elle se détachait déjà", se souvient Jean-Yves Ogé, l’œil aguerri, formation de juge assistant, pour les concours de race, en poche. Ce, par passion des "belles vaches" à traire, et pour la convivialité des concours, avec les collègues. "Mais rien que de savoir qu’elle est sélectionnée dans les quarante meilleures, ça m’a travaillé !". Il ne le cache pas, encore ému. "Notre neveu la présentera à Paris, c’est son cadeau d’anniversaire", se réjouit Stéphanie. Car dans la famille Ogé, on est comme ça, passionné !

 

Concrétisation d'un travail

Le vêlage en juin 2018, un stade idéal pour cette jeune vache en première lactation qui a plu tout de suite aux techniciens de l’OS Normande. "Ils nous encouragent. C’est grâce à eux qu’on a cette motivation en plus". Avec ce supplément d’âme pour tout éleveur, car "Malise est née ici. Sa mère était déjà pas mal. C’est un produit de chez nous et nous sommes fiers de cela". Stéphanie Ogé apprécie cette reconnaissance, d'autant plus en ces temps compliqués pour l’élevage. Car "c’est la concrétisation de notre travail", enchaîne Jean-Yves, jeune président du syndicat départemental des éleveurs de Normandes, investi pour la race.

 

La belle vache

"Une belle mamelle, haute, une vache pleine d’avenir. Les juges de Pontivy nous avaient dit : il faut l’inscrire pour Paris", se rappelle celui qui s’est installé sur l’exploitation familiale à la suite de son père, avec sa mère, en 2001. Et au départ de celle-ci, Stéphanie son épouse, l’a rejoint, passant un BPREA. "Il y avait de la place pour deux et l’agriculture, j’ai toujours aimé ça", acquiesce la jeune femme, originaire du Centre de la France. "Mes parents ont travaillé pour produire du lait et avoir un revenu. Nous faisons du lait mais aussi de la génétique, de la viande, des concours. Avec nos animaux, on peut tout faire", constate-t-il, d’une stratégie mise doucement en place sur l’élevage et qui porte ses fruits avec un ISU moyen de 116, un pointage moyen de 81,4/100. "Malise était déjà à 90 dès sa première année", haut perchée.

 

Une vache complète

Sur 69 hectares, les 65 vaches et la suite fournissent 480 000 litres de lait livré à Sodiaal. Ce troupeau compte trois quarts de Normandes pour un quart de Holstein, avec un système pâturant et 25 hectares directement accessibles. "La bonne vache pour nous a de bons aplombs pour aller pâturer et offre une qualité de lait qui apporte de la plus-value au tank", résument les éleveurs dont la moyenne d’étable est de 7 200 litres par vache pour des taux moyens de 45 de TB et 34 de TP. "En décembre on a fait 50 de TB et 39 de TP, avec une paie de 397 euros des 1 000 litres". La betterave est pâturée, "on a des taux intéressants avec", les dérobés aussi, "en janvier elles étaient sur du colza, une parcelle pâturée deux fois déjà", l’herbe idem, le tout au fil. Il y a la plus-value au tank, mais pas que...

 

Avec une descendance

La bonne vache dans l’étable de la famille Ogé vieillit "pour mieux amortir le coût de croissance et est plus productive". Et ce, plutôt que d’avoir une grande ribambelle de génisses de renouvellement. "C’est cher à élever, ça prend du temps et on est juste en bâtiment". Elle vêle tôt aussi, avec le coup de pouce du détecteur de chaleur, "à 28 mois, avec une bonne croissance au départ, intensive et surveillée". Et même si "on a plus de femelles naturellement", le génotypage est systématique avec "semence sexée sur les meilleures", pour améliorer la descendance et vendre de jeunes femelles amouillantes ou en lait : "C’est recherché avec l’appel d’air de l’appellation camembert"…

Mais ce sont aussi "dix petits mâles qui sont partis en centre d’insémination, deux sont sortis. Tout ça fait du revenu", notent les éleveurs qui se sont aussi associés, pour le côté viande de cette race mixte, au groupe "Pause Normande pour la valorisation locale de la viande". Une démarche mise sur pied et coordonnée par la chambre d’agriculture d’Ille-et-Vilaine et pour laquelle "on est prêts à répondre à la demande". Car le couple vend déjà quelques bêtes à l’année, en caissettes, pour les amateurs.

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