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Mammites, diarrhées du veau... : le GTV tord le cou aux idées reçues !

Injecter la moitié d'une seringue pour traiter une mammite, traiter systématiquement un veau aux antibiotiques en cas de diarrhée... : en élevage, aussi, les idées reçues ont la vie dure ! C'est pour leur tordre le cou que le GTV, le groupement technique vétérinaire de Bretagne organise le 8e Breiz vet tour. À vos agendas : il reste encore une réunion !

Pour sa 8e édition, le Breiz vet tour innove et joue la carte de l'interactivité : chaque participant, équipé d'un petit boîtier, est invité à répondre en direct aux questions qui s'affichent à l'écran. L'objectif ? Débusquer les idées reçues et prendre le temps, à chaque fois, d'expliquer pourquoi elles sont fausses. Car, même si 70 % des participants à la réunion de Pleyben en sont convaincus, regarder la couleur et la consistance de la diarrhée d'un veau ne suffit pas, loin s'en faut, à déterminer le traitement à appliquer. "Leur aspect nous donne des informations précieuses, admet Virginie Leze. Si elles sont aqueuses, il faut faire attention à la déshydratation. Et la présence de sang ou de glaires indique une irritation du tube digestif".


Se fier à l'âge du veau

Mais pour savoir à quel agent pathogène on a affaire, mieux vaut se fier à l'âge du veau. "En-dessous d'une semaine, ce ne peut être qu'une bactérie, style E. coli. La coccidiose, elle n'apparaît qu'à trois semaines", indique la vétérinaire. Entre les deux, coronavirus, rotavirus ou cryptosporidioses peuvent être en cause. Et une analyse permettra d'en avoir le cœur net. "Mais les diarrhée néo-natales ne sont pas toutes dues à des agents pathogènes. Elles peuvent aussi être alimentaires : mauvaise température de distribution du repas, taux de matière grasse variable, lait traité aux antibiotiques...".


Utiliser un antibiotique adapté

Autre idée reçue : un lait d'aspect cidreux signerait une mammite colibacillaire chez la vache laitière. "Faux, rétorque aussitôt Frédéric Arzur, vétérinaire à Landivisiau. C'est l'inflammation de la mamelle qui va modifier l'aspect du lait, pas le type de bactérie". Pour la déterminer avec précision, une seule solution : effectuer un prélèvement de lait. Réalisée en clinique vétérinaire, l'analyse donnera une réponse précise en 24 à 48 heures. "À condition que le prélèvement soit bien réalisé, avec désinfection du bout du trayon, élimination des premiers jets et stockage dans un flacon stérile".

Injecter la moitié de la seringue seulement, histoire de faire des économies ? Encore une mauvaise idée... "L'activité bactéricide va dépendre de la quantité de produit", rappelle le vétérinaire. Si elle n'est pas suffisante, le système immunitaire ne parviendra pas à éliminer les bactéries restantes. Et apparaîtront des souches résistantes, bien plus compliquées à éliminer.

 

Congeler le lait

Et que faire en cas de rechute, moins de trois semaines après la première mammite ? Utiliser un antibiotique plus fort ? Si la proposition séduit plus d'un participant sur cinq, c'est pourtant une mauvaise solution. "Il n'existe pas d'antibiotiques plus forts que d'autres, indique Frédéric Arzur. Juste des antibiotiques adaptés à tel ou tel type de mammite". Celui que vous avez utilisé ne s'est pas avéré efficace ? Inutile de persister. Pour trouver un antibiotique plus adapté, rien ne vaut une analyse de lait. "À condition qu'elle soit lisible, prévient le vétérinaire. Réalisée trop près du dernier traitement, elle sera ininterprétable". D'où l'intérêt de prélever un échantillon de lait à chaque mammite puis de le congeler : en cas de rechute, il y a de fortes chances que le germe soit le même et le vétérinaire pourra alors procéder à une bactériologie sur l'échantillon congelé.

"Et il faut savoir arrêter de traiter, rajoute Frédéric Arzur. Lors d'une seconde rechute, et à condition que la mamelle ne soit pas inflammée, mieux vaut tarir le quartier avec un obturateur ! On gagnera en possibilité de guérison à la lactation suivante".

Mais pour éviter d'en arriver là, rien ne vaut l'observation attentive des animaux. "Traitée dans les 12 heures, une mammite a 80 % de chances de guérir, 50 % à 24 heures et 33 % au-delà de 24 heures".

 

 

Pratique

Après Pleyben (29), Locminé (56) et Saint Brieuc (22), le Breiz vet tour fera escale le jeudi 20 décembre, salle du Zéphyr, à Châteaugiron (35).

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