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Marché du porc : "on se rapproche des 1,20 €/kg"

Conséquence de l'embargo russe, le prix du porc dévisse. Dans une Europe destabilisée, l'Allemagne dicte la cotation du prix de la viande de porc française.

Jean-Pierre Joly, directeur du Marché du porc breton.
Jean-Pierre Joly, directeur du Marché du porc breton.
© Terra

"Le bilan de la semaine est à nouveau catastrophique pour les éleveurs de porcs : baisse mercredi 24 septembre de 4 cents en Allemagne, baisse jeudi 25 septembre de 3,4 cents au MPB, de 5 cents au Danemark, de 5,5 cents en Espagne... Toutes les cotations européennes suivent l'évolution allemande et il est difficile dans un marché, privé d'un débouché considérable, de faire autrement". La note hebdomadaire du marché du porc breton de la semaine dernière résume la dégringolade du prix du porc qui côtait à 1,239 €/kg le lundi 29 septembre. Dangereusement, le prix du porc se rapproche de la barre des 1,20 €/kg. "En un an, le prix spot du porc a chuté de 25 %", décrit Jean-Pierre Joly, directeur du Marché du porc breton à Plérin.

Un problème d'équilibre en Europe

Si la crise de l'embargo russe est venue enrayer l'équilibre du marché en Europe, pire, depuis deux mois, l'Europe connaît une augmentation de la production porcine en Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas et en Espagne. La France, à l'inverse, voit sa production porcine baisser : " moins 2 % fin août sur la même période en 2013", s'inquiète Paul Auffray, président de la FNP. Or l'Allemagne, en état de panique, cumule les handicaps à l'export non seulement avec "la Russie mais aussi la Chine et la Pologne", détaille Jean-Pierre Joly . "C'est l'absence de maîtrise de l'Allemagne qui provoque le dévissage du cours du porc". Résultat : la moitié des exportations pays tiers perdue résulte des entreprises alle- mandes qui inondent le marché européen avec une viande de porc bradée. Une nouvelle baisse est annoncée en Allemagne le 1er octobre et la France devrait emboîter le pas.

A la situation déjà calamiteuse, s'ajoutent des lacunes des services de l'administration française dans l'acheminement des produits export. "500 containeurs ont été bloqués par la douane chinoise. 10 % de la marchandise revient à l'envoyeur", relate Paul Auffray. Ceci est un scandale pour la profession qui demande un accompagnement à l'export au niveau national.

Mobilisation syndicale du Grand Ouest

Sur le terrain syndical, les FRSEA et JA de Bretagne, des Pays de la Loire et de Basse-Normandie s'associent pour demander aux acheteurs de stabiliser le cours à son niveau actuel, dès le marché du 2 octobre, avant d’envisager une remontée. Dans un communiqué, ils appellent les acteurs de l’aval - industriels, transformateurs de viande porcine et distributeurs - à faire preuve de patriotisme économique et à privilégier l’approvisionnement en viande française. "En rythme annuel, la perte atteint 50 000 € pour un élevage français moyen". Les FRSEA-JA du Grand Ouest ont invité les producteurs de porcs à se rassembler jeudi 2 octobre au MPB, pour assister à la fixation de la cotation et vérifier la bonne application de leurs recom- mandations concernant l’utilisation de viande française dans les semaines à venir.

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