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Métiers du végétal : comment attirer des jeunes ?

Si la Bretagne est bien dotée en établissements de formation aux métiers du végétal, les classes peinent à faire le plein alors que les emplois dans le secteur sont nombreux. Le 24 janvier dernier, un premier forum a réuni enseignants et professionnels du secteur pour ébaucher quelques pistes.

Si les formations en horticulture peinent à faire le plein, les emplois proposés en Bretagne sont nombreux et les entreprises ont du mal à recruter.

Avec 11 établissements, la Bretagne est plutôt bien dotée en ce qui concerne la formation aux métiers du végétal : légumes de plein champ ou sous serres, pépinières, horticulture… "Public, privé ou Maisons familiales, tous les réseaux sont présents, détaille Martine Garnier. Et ils proposent des formations scolaire, continue ou par apprentissage".

 

30 % d'élèves en moins

Mais si l’offre est bien présente, les formations peinent à faire le plein. "Depuis 5 ans, elles ont perdu 30 % de leurs effectifs, note la chef du service régional de la formation à la Draaf. Et en 2019, elles n’accueillaient que 215 personnes". Certaines classes ne comptant que 6 ou 10 élèves, des menaces de fermeture planent, incitant la Draaf à organiser, le 24 janvier dernier, au lycée de Suscinio, à Morlaix, le premier forum enseignement-professionnels des productions horticoles.

 

Métiers du végétal

De nombreux débouchés

"Pourtant, les débouchés sont là, affirme Louise Maurice, de l’Anefa Bretagne. L’an passé, nous avons collecté 760 offres d’emploi dans le secteur, soit 2 155 postes". Des offres disponibles en maraîchage, 1 817 postes, mais aussi en horticulture, pépinières et arboriculture, 235 postes.

"Par contre, l’Anefa n’a recensé que 66 postes en paysage", détaille Philippe Martail, président de la CPRE, commission paritaire régionale pour l’emploi. Un chiffre loin de refléter la réalité du secteur. "Les entreprises font de la pub et sont identifiées plus facilement que les serres maraîchères, explique Gilles Burel, animateur de l’Anefa 29. Elles reçoivent directement de nombreuses candidatures spontanées et ont moins besoin de faire appel à nos services".

 

Des formations peu visibles

Avec un marché de l’emploi en tension, puisqu’il faut maintenant compter 2,5 mois pour trouver un salarié en productions végétales, comment expliquer que les formations ne fassent pas le plein ? Les employeurs du secteur ont leur petite idée sur le sujet. Responsable de la production horticole à la ville de Quimper (29), Anthony Roquinarc’h reçoit de nombreux stagiaires tout au long de l’année. "Plutôt des gens en reconversion que des jeunes en formation initiale". Des jeunes bien souvent peu passionnés par ces métiers. "Ils avaient des difficultés à l’école. Et ce sont les profs qui les ont dirigé vers ces études, qu’ils considèrent comme une voie de garage".

"Les formations agricoles ont très peu de visibilité au collège ou au lycée", rajoute Emmanuelle Appéré. Maraîchère bio à la Roche Maurice (29) depuis une dizaine d’années, la jeune femme est bien décidée à apporter sa pierre à l’édifice. "Je reçois régulièrement des classes pour leur expliquer notre métier, qui est de nourrir les gens. Et maintenant que ma fille est au collège, j’ai l’intention de m’y imposer. Bien obligée… On n’est jamais invités !"

 

Une filière peu connue

"L’agriculture a une mauvaise image", constate Marie Isaac, formatrice au lycée de l’Aulne, à Châteaulin. "Et la filière horticole est peu connue et peu attractive", estime Yohan Nichole, étudiant à l’ESA d’Angers, qui voudrait qu’elle trouve une solution pour mieux se faire connaître. "Car elle propose des métiers très riches, aux activités diverses et très intéressantes". Un avis que partage Mickaël Mercier, pépiniériste à Guiclan (29). "Le végétal est en train de changer d’image, constate le président de Val’hor, l’interprofession de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage. Il devient structurant pour la ville. Et on va manquer de plantes".

Région "dynamique et innovante", la Bretagne devrait tirer son épingle du jeu, à condition de trouver le personnel dont a besoin le secteur. "Il faut ouvrir nos entreprises. Aux jeunes, qui ne nous connaissent pas. Et à leurs enseignants, pour qu’ils découvrent la réalité de nos métiers".

 

Métiers du végétal

Ouvrir les entreprises

Nombreux à participer au forum, les professionnels du secteur ne manquent pas d’idées. "Aux Pays-Bas, les jeunes sont accueillis dès 12 ans dans les entreprises pour un premier contact, le samedi matin, avec le monde du travail. Pourquoi ne pas s’en inspirer ?"

Les saisonniers étant nombreux, pourquoi ne pas profiter de la morte-saison pour leur proposer une formation et les fidéliser ? "Sinon, on ne les revoit plus". Et de plaider pour une meilleure adéquation de la formation avec la réalité du terrain. "Les stages ont parfois lieu à des moments de faible activité. Et les stagiaires ne sont pas en entreprise aux moments de rush, où ils verraient tout l’intérêt de leur travail".

 

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