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EN VISITE EN ILLE-ET-VILAINE
Michel Barnier croit au maintien de quotas après 2013

Michel Barnier l'a affirmé clairement : il n'est plus sûr de la disparition totale des quotas laitiers en 2013. C'est sur une exploitation laitière de la région de Fougères, en Ille-et-Vilaine, à quelques semaines de son départ du ministère, qu'il a ainsi mis un peu de baume au cœur du monde agricole.

Sous la conduite du député d'Ille-et-Vilaine, conseiller général du canton de Fougères Sud, Thierry Benoit (à droite), le ministre a visité l'exploitation de Daniel Balluais (à gauche).
Sous la conduite du député d'Ille-et-Vilaine, conseiller général du canton de Fougères Sud, Thierry Benoit (à droite), le ministre a visité l'exploitation de Daniel Balluais (à gauche).
© Terra

Le ministre de l'Agriculture a, tout d'abord, défendu le revenu des agriculteurs. Il répondait ainsi directement aux inquiétudes de son hôte, Daniel Balluais, installé en Gaec avec deux associés sur une exploitation de Billé (35) avec un quota de 467 000 litres, qui, chiffres à l'appui, a évoqué la baisse de ses revenus et ses craintes de la libéralisation du marché. "Si l'on veut instaurer une agriculture durable, a-t-il martelé, il faut un revenu digne de ce nom. Il faut aussi maintenir des outils de régulation".
De la régulation à la maîtrise, il n'y a qu'un pas que Michel Barnier a donc franchi sans ambages se disant "partisan de préserver les quotas ainsi qu'une politique économique européenne". Aujourd'hui, en tant que ministère français et sans doute demain, en tant que député européen, il continuera de croiser le fer.
Et, même si "la bataille sera plus dure qu'on ne le croit", préserver les quotas est, pour lui, possible. "Aujourd'hui, argumente-t-il, une majorité de ministres voterait en faveur de la disparition de ces quotas. Mais dans un an, il n'est pas sûr qu'il en soit ainsi, car, non seulement en France, mais également dans toute l'Europe, le marché laitier est tellement fragile qu'il faut maintenir des quotas. Ce ne seront peut être pas les mêmes quotas, mais ce sera un outil de maîtrise de la production". Le gel de l'augmentation des quotas voulue par la Commission qu'il vient d'obtenir en est pour lui un signe.

Défense des productions en crise

Dans la stabulation du Gaec tout juste mise aux normes, d'autres questions de responsables professionnels ont encore fusé. François Vally (FDSEA) a rappelé au ministre la situation critique de nombre de producteurs de porcs, demandant le rétablissement des restitutions. "Je me bats pour cela, lui a répondu le ministre, mais le dialogue est difficile avec la Commission. C'est pourtant la bonne clé pour parvenir à rétablir la situation", a-t-il estimé, non sans rappeler le plan d'urgence de 33 millions d'euros qu'il vient de mettre en place.
Le président de la FDSEA d'Ille-et-Vilaine, René Collin, après avoir rappelé l'attachement de la région à maintenir en place un maximum d'agriculteurs, a souligné les risques que pourraient faire courir les prélèvements décidés par le ministre dans le cadre du bilan de santé de la PAC sur des activités par ailleurs déjà fragilisées.
Bien sûr, le ministre a défendu sa réforme : "cela n'a pas été facile de prendre ces mesures, mais je veux préserver une PAC pour l'après 2013, une PAC qui intéresse toutes les productions. Et comprenez bien que, s'il y a redistribution, l'argent dans sa globalité demeure dans le monde agricole". Il n'empêche que le ministre s'est voulu, là aussi, rassurant en renvoyant à la Draaf le suivi de l'application de cette réforme dans le sens souhaité par le syndicalisme.

Au revoir

Situation critique aussi pour les producteurs de lapins, plusieurs d'entre eux, a souligné Nathalie Marchand, de la FDSEA d'Ille-et-Vilaine, n'étant plus du tout collectés. "Il faudrait pouvoir lancer une étude pour un plan de cessation", a-t-elle suggéré, ce dont le ministre à pris bonne note.
Enfin, dans ce registre des doléances, le maire de la commune, président du syndicat des eaux a attiré l'attention de Michel Barnier sur les conséquences de la directive cadre sur l'eau, souhaitant que Bruxelles accorde plus de temps pour le travail lancé en matière d'agronomie, notamment, produise tout ses effets. "Combien vous faudrait-il", a questionné en retour le ministre. "5 ans de plus", s'est-il vu répondre. Peut être pas impossible, mais, a-t-il encore souligné, "on ne peut travailler avec la Commission que dans un climat de confiance".
Le ministre a ainsi dit "au revoir" au monde agricole. Pas "adieu", car il continuera de suivre de très près ces questions à Bruxelles. Et puis, "aucun ministre n'est irremplaçable, a-t-il conclu. L'action de l'Etat se poursuivra".

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