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Michèle Kirry, Préfète de Région Bretagne : "Nous sortirons de cette crise par le haut grâce à la solidarité nationale"

Madame la préfète de Région a bien voulu accorder à Terra une interview, dans un contexte difficile, alors que les services de l'État et de la Région étaient mobilisés sur l'accueil de nouveaux patients atteints du Covid 19. Un entretien qui montre toute l'importance qu'accorde l'État au monde agricole et agroalimentaire au cœur de cette crise inédite. 

Michèle Kirry, Préfète de Région Bretagne

Une cellule de crise s'est réunie ce mardi. Quels sont les sujets abordés et ceux sur lesquels vous pouvez travaillez en région ?

Michèle Kirry. La crise exceptionnelle que nous traversons touche tous les secteurs de l’économie. L’activité des filières agricole et agro-alimentaire est particulière, essentielle : elle doit se poursuivre impérativement pour nourrir les Français. La mobilisation quotidienne des hommes et des femmes qui contribuent à notre alimentation est plus que jamais indispensable. Dans ce contexte particulièrement difficile, je tiens à leur adresser mes remerciements pour leur engagement sans faille. Les services de l’État sont pleinement mobilisés pour répondre aux difficultés et aux interrogations des entreprises et des agriculteurs et les accompagner. Une cellule de crise régionale a été mise en place, qui se réunit toutes les semaines, par audioconférence. Le dispositif est décliné au niveau départemental,ainsi peuvent se coordonner les services de l’État en région compétents (Draaf, Direccte, SGAR), les fédérations et les représentants de chaque filière, pour une réponse adaptée.
Nous abordons les problèmes de main d’œuvre et les difficultés économiques que peuvent rencontrer certaines entreprises et exploitations, notamment pour les récoltes, en lien avec les questions d’emploi. L’État a fait évoluer le droit pour permettre des aménagements d’horaires assouplis, le recours au prêt de main d’œuvre, le cumul d’activités et le chômage partiel dans des conditions élargies.
Un numéro vert est disponible pour toute question juridique sur ces aspects (0806 000 126).
Le gouvernement a publié des fiches pratiques pour certaines professions, indiquant les conditions et les précautions à suivre permettant la continuité de l’activité professionnelle avec un maximum de sécurité sanitaire. La fiche conseil "activité agricole" a été publiée lundi sur le site www.travail-emploi.gouv.fr
Nous abordons aussi les aspects très pragmatiques liés au logement et aux déplacements des salariés.
Enfin nous travaillons à garantir la continuité de la chaîne logistique : car sans elle et sans les transporteurs routiers, il ne peut plus y avoir d’activité agricole et d’approvisionnement alimentaire pour les Français. L’État agit donc pour répondre en temps réel aux besoins d’un secteur vital pour la nation, sans compromis pour la sécurité et la santé des salariés concernés.

Le secteur agricole et agro-alimentaire tente de tenir sur une ligne de crête étroite entre le confinement, et la nécessité de poursuivre une activité stratégique. Comment l'Etat peut-il faciliter cette double injonction ?
M.K. Tout le secteur de l'agro alimentaire occupe une place essentielle. Nous sortirons de cette crise par le haut grâce à la solidarité nationale. Celle-ci exige beaucoup, quotidiennement, de tous les soignants qui sont en première ligne. L’ensemble de la filière assure, en deuxième ligne, aux côtés d’autres professions indispensables, la continuité du pays. Viennent ensuite l’ensemble de nos concitoyens qui doivent impérativement rester chez eux pour limiter la propagation du virus.
L’expression "ligne de crête" que vous employez est très pertinente. Il s’agit à la fois de faire en sorte que le maximum de personnes restent chez elles pour éviter les interactions humaines qui favorisent la propagation du virus, et de permettre aux activités économiques essentielles de continuer. Et cela sera d’autant plus sûr du point de vue de la sécurité sanitaire de tous si ceux qui peuvent observer un strict confinement s’y astreignent.
Le contexte actuel nous oblige tous et toutes à nous adapter et à faire preuve de pragmatisme, de bon sens et de responsabilité, quel que soit notre rôle.

Des entreprises vont rencontrer des difficultés du fait de la fermeture des marchés locaux. Quelles solutions peuvent être trouvées ?
M.K. En Bretagne, j’ai décidé avec les préfets des autres départements d’adopter une ligne pragmatique et souple, nous conduisant à accorder de nombreuses dérogations pour que les marchés puissent ouvrir. Cela s’est fait dans le cadre d’un dialogue intelligent avec les maires.
Ces exceptions répondent à un cahier des charges précis et ne perdureront que sous la condition d’un strict respect des gestes barrières ; des contrôles sont d’ailleurs effectués. Il est important que les consommateurs puissent continuer à acheter régulièrement des produits frais et de qualité, à proximité de chez eux. Mais le Gouvernement a été obligé de fixer un certain nombre de critères et de limites afin d’éviter que les marchés ne deviennent des lieux propices à la diffusion du virus.
Nous sommes conscients que le secteur de l’horticulture réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires au printemps, et que cette crise aura un impact réel. Comme le Président de la République l’a rappelé, l’État prend des mesures, pendant la crise et il en prendra après la crise, pour atténuer les effets de l’épidémie sur l’économie.
Nous ne pouvons cependant pas assurer que tout se passera, sur le plan économique, pour ce secteur comme pour tant d’autres, comme si nous n’avions pas connu cette crise sans précédent.
Pour l’heure, la vente par les horticulteurs aux professionnels reste bien sûr permise.

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