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Alain Le Bellac
Mieux faire connaître le statut du fermage

Bien connu à la FDSEA du Finistère, où il est président de la section des fermiers depuis, Alain Le Bellac vient tout juste d'être élu président du canton de Fouesnant. Portrait.

Producteur de lait aux portes de Quimper, Alain Le Bellac est, depuis peu, président du syndicat cantonal FDSEA de Fouesnant.
Producteur de lait aux portes de Quimper, Alain Le Bellac est, depuis peu, président du syndicat cantonal FDSEA de Fouesnant.
© Terra

Bien qu'Ergué Armel soit situé sur la commune de Quimper, le syndicat local de la FDSEA a décidé, cette année, de se rattacher au canton de Fouesnant. "Géographiquement, nous sommes bien plus proches d'eux que de Plonéis ou Pluguffan, justifie Alain Le Bellac. Et nous avons les mêmes préoccupations".

Entre la ville et la mer

Situés entre la ville de Quimper et le littoral, les agriculteurs doivent faire face à une forte urbanisation et à une pression foncière importante. "Sans compter les terres qui partent pour l'élevage d'un ou deux chevaux", rajoute Alain Le Bellac. Un phénomène qui prend une telle ampleur qu'elle finit par inquiéter le monde agricole. "Les élus ne cessent de nous répéter que l'agriculture est importante pour le secteur. Mais leurs discours ne sont pas suivis d'effets. Il va falloir qu'ils choisissent entre activités économiques et de loisirs ! "

Des boeufs pour valoriser les terres difficiles

Passionné par l'agriculture, Alain Le Bellac entame des études d'ingénieur agronome sans forcément penser à l'installation. "Sur 7 enfants, j'étais le dernier à finir mes études. C'était le moment où mes parents songeaient à prendre leur retraite : c'est tout naturellement que j'ai pris leur place". Installé en 1982 sur une soixantaine d'hectares, tout d'abord en Gaec avec son père, Alain est de ces éleveurs laitiers dont le développement a été bridé par un Epi volontairement peu ambitieux. "Il fallait qu'il soit le plus bas possible, pour pouvoir prétendre aux aides". Il se souvient encore des chiffres, "40 vaches à 4 500 litres". A l'époque, l'exploitation élève aussi des porcs, une production qui sera arrêtée au moment du départ en retraite de son père.
Au fil de quelques reprises foncières et d'attribution de rallonges, Alain dispose aujourd'hui d'un quota de 260 000 litres, et d'un troupeau de 45 Normandes. "Tous les ans, j'élève une quinzaine de boeufs, conduits avec les génisses. Ils me permettent de valoriser les parcelles les plus difficiles de l'exploitation".

100% locataire

Petite particularité : sur les 90 hectares que compte aujourd'hui l'exploitation, Alain est locataire à 100%, "hormis les surfaces sous bâtiments". Ce qui l'a amené tout naturellement à suivre les travaux de la section des fermiers de la FDSEA, dont il assume la présidence depuis 2001, et à siéger au tribunal paritaire des baux ruraux dès novembre 1988.
Mais ses responsabilités ne s'arrêtent pas là ! "En tant que président de la section des fermiers, je siège au conseil d'administration de la FDSEA depuis 2001 et à la SNFM, la section nationale des fermiers et métayers, depuis 2005. Et je suis élu à la chambre d'agriculture, au collège des organisations syndicales, depuis 2007". De multiples engagements qui l'obligent à s'absenter régulièrement de l'exploitation qu'il mène seul, son épouse travaillant à l'extérieur. "Pour m'épauler, j'emploie un salarié deux jours par semaine, en groupement d'employeurs".

Informer

"La préoccupation première d'un jeune qui s'installe n'est sûrement pas le statut du fermage". C'est la raison pour laquelle Alain, au nom de la section des fermiers, est intervenu pendant des années lors du Spi, le stage préparatoire à l'installation, afin de les alerter sur les erreurs à ne pas commettre au moment de signer un bail rural. "Malheureusement, la réforme du parcours à l'installation ne nous permet plus de telles interventions". Informer les jeunes durant la formation initiale ? "L'installation est encore loin dans le temps, ils ne sont pas sensibilisés". Reste à trouver la bonne solution. "Quand on perd du terrain, ne serait-ce que 5 hectares de mauvaise qualité et éloignés du siège d'exploitation, les conséquences sont multiples, sur le quota laitier, les DPU, le plan d'épandage...".

 

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