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Moissons : la qualité compensera-t-elle la quantité ?

Encore en cours ou achevées suivant les secteurs et les variétés, les moissons 2018 seront hétérogènes en Bretagne. Après une année 2017 exceptionnelle en colza, un retour à la moyenne est constaté. L’hiver avec de fortes croissances suivies de froid, a laissé des traces, tout comme les fortes pluies de juin conduisant à une hétérogénéité en blé, comme en orge. Les faibles volumes pourraient être compensés par une belle qualité.

Retour à la moyenne en colza, hétérogène en orge comme en blé où la qualité devrait compenser les moindres quantités, voici en résumé la tendance des moissons en cours.
Retour à la moyenne en colza, hétérogène en orge comme en blé où la qualité devrait compenser les moindres quantités, voici en résumé la tendance des moissons en cours.
© Terra

"On a fini les moissons avec de l’avance mais avec des rendements moindres. Avec le coup de chaud, on a bien perdu 10 à 20 %", constate Alain Guihard, éleveur laitier à Saint-Dolay, au sud-est du Morbihan où les récoltes de céréales sont achevées. En ce 12 juillet, alors que dans quelques minutes s’ouvrira une réunion entre responsables professionnels du département, les échanges vont bon train sur l’avancée des moissons.

 

Colza, retour à la moyenne

"Et pour le colza qu’on trouvait beau, on est à peine à 35 quintaux", poursuit Alain Guihard avec une pointe de dépit. Ainsi, après une année 2017 exceptionnelle en colza (40q/ha en moyenne), un retour à des résultats moyens, dans une fourchette de 28-35 q est constaté en Bretagne où la récolte n’est pas encore achevée à l’ouest. Elle est meilleure dans le nord de l’Ille-et-Vilaine, département où la grêle a laissé des traces, versant des parcelles dans la région de Vitré. Joint par téléphone, Jean-Luc Danet se montre encore réservé. Il cultive à Guilliers (56 - centre est Bretagne), 150 hectares, avec un atelier allaitant de 22 mères parthenaises, en limite nord du Morbihan. Là, les moissons viennent tout juste de commencer : "on a débuté le colza, c’est pas mal, on est sur du 45 q/ha. Quant au blé, il faudra attendre encore un peu". L’hétérogénéité des premiers résultats semble donc s’imposer.

 

Orge, décevant

La récolte a débuté tôt, le 25 juin à l’est de la Bretagne et se termine dans le Finistère avec résultats très variables, oscillant entre 40 à 90 quintaux, l’essentiel situé entre 60 à 70 q/ha. "Les rendements sont décevants par rapport à 2017 et les poids spécifiques sont faibles (60 kg/hl contre 62 pour la norme", note Thierry Lambert, de la chambre d’agriculture en Ille et Vilaine. "L’hiver particulier a laissé des traces sur les rendements. Un hiver humide générant des à-coups de croissance forte suivis de froid. On a constaté de fortes pluies en juin avec des asphyxies racinaires, une baisse du nombre d'épis/m² et une baisse du nombre de grains/épi", note Louis Leroux de la chambre régionale d’agriculture côté Finistère. "Globalement on observe peu d'impact des maladies en raison d’une faible pression", poursuit-il.

 

Blé, faible quantité mais belle qualité

Précoces, les moissons ont débuté au sud et à l’est vers le 8 juillet et sont achevées alors qu’elles sont à peine démarrées au nord et à l’ouest bretons. Frank Guéhennec, président de la FDSEA du Morbihan témoigne, "en blé, à Camors (centre Morbihan) on est à 61 quintaux mais avec du PS (poids spécifique) alors qu’on faisait 80, mais c’est une belle qualité. On nous signale des baisses de 20 quintaux en dessous des rendements habituels". Là encore, comme en orge, les résultats sont très hétérogènes allant de 45 à 80 q/ha. "Les parcelles sont échaudées, des grains sont parfois fusariés, ce n’est pas général, mais les PS sont plutôt bons", note Louis Leroux. "On observe une grande irrégularité dans les rendements, de 45 à 75 q suivant les parcelles, les 80 q sont rares et les PS sont bons, 76 à 80 kg/hl pour les meilleurs (norme de 75)", détaille Thierry Lambert pour l’Ille-et-Vilaine. Mais la qualité est là avec des PS de 76-80 (norme 75 kg/hl). "On observe une bonne richesse en protéines des grains, de 11 à 14 %. C’est la deuxième année avec de tels résultats, car 2017 était aussi un bon cru", relève-t-il analysant l’année culturale : "marquée par de forts épisodes pluvieux, des températures élevées ensuite, supérieures à 25°C, pour autant, les PS sont plutôt bons".

Moins de blé mais de qualité, les prix seront-il à la baisse ? Si la volatilité des prix est là depuis fin mai, les récoltes de blé sont aussi en retrait autour de la Mer Noire, ce qui devrait maintenir des cours élevés, estiment les observateurs.

Maïs : précocité à attendre

Côté maïs, les semis ont été tardifs suite aux précipitations de mars, l’essentiel ayant été emblavé durant la première quinzaine de mai. Avec des températures supérieures à la normales depuis la mi mai et des pluies satisfaisantes voire excédentaires avec des épisodes orageux, les conditions de croissances du maïs ont été bonnes. Avec une floraison affichant 10 j d’avances, et sous réserve des conditions estivales, des récoltes dès le 20 août pour les secteurs les plus précoces, pourraient être envisageables car les potentiels de cultures sont bons, les levées rapides et peu de dégâts de ravageurs sont observés par les spécialistes.

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