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Montbéliarde, ils cultivent ses atouts

La race montbéliarde présente bien des atouts pour ses adeptes. Le syndicat Montbébreizh, fédérant éleveurs morbihannais et costarmoricains, l’a démontré mercredi dernier à Sérent. Une assemblée générale particulière, accueillant celle de la section grand Ouest de Jura bétail, coopérative d’insémination, juste avant la visite du Gaec Montbébreizh.

"Il faut traire 80 vaches Prim’Holstein pour avoir la même marge brute qu’avec 65 montbéliardes". André Briend qui préside le syndicat de race a fait son calcul à partir des résultats compilés par Bretagne Contrôle Laitier Ouest sur 5020 élevages dans son Odit lait 2017. Et c’est au tableau qu’il pointe à regret les 52 élevages en race Montbéliarde pris en compte au regard des plus de 4 000 en race Prim "Holstein ou 160 en Normandes, qui ne déméritent pas. "Faut-il remplir le tank à lait ou approvisionner le porte-monnaie ? ". A ses côtés, Jean-François Seillard, l’éleveur du Jura, président de la coopérative d’insémination Jura bétail et de ses 320 000 doses de paillettes diffusées jusq’en Bretagne, acquiesce. "Nous devons cultiver les atouts de notre race", défendent les deux confrères, chiffres à l’appui, relevant un prix moyen du lait de 300 euros en Prim’Hostein quand il est, dans le même temps, de 321 euros en Montbéliarde.

Faire la différence

"Le nombre de lactations par vache est aussi supérieur de 25 % en faveur notre race", bons scores également côté santé avec des frais vétérinaires inférieurs de de 17 euros par vaches (97 E en PH contre 80 E en Monbé). Et au final, une marge brute des 1 000 l de 190 euros en moyenne en PH contre 254 en Montbéliarde. Une marge qui n’est pas négligeable, "et apporte de la sérénité dans un contexte de crise", appuie le président esquissant deux pistes pour mieux diffuser les atouts de la race, "une étude sur les croisées, nous en avons tous, que sont-elles devenue et d’autre part il semble essentiel que les élevages soient accompagnés lors de l’introduction de la race. On ne peut pas s’improviser". Un constat également repris par Frédéric Jaffray l’après midi lors de la visite du Gaec Montbébreizh (voir encadré).

Claire Le Clève

 

Au Gaec Montbébreizh

"Je me suis installé après un tiers en 1998. Je voulais changer de race parce qu’il n’y avait pas beaucoup de bêtes de renouvellement intéressantes dans le troupeau", raconte Frédéric Jaffray du Gaec Montébreizh. "Je suis parti dans le Doubs et j’ai acheté 20 génisses. C’était l’euphorie mais il m’a fallu du temps pour découvrir la race. Un accompagnement serait intéressant. J’ai eu de la chance sur 20 vêlages, j’ai eu 18 femelles. En 3 ans j’étais en Montbéliarde à 100 % ". Un choix qu’il ne regrette pas, avec la création en 2000 du Gaec quand son beau-frère l’a rejoint. "Avec toute la qualité qu’on arrive à faire. Depuis 2 000 nous n’avons jamais eu un point de pénalité. Je n’ai pas eu de mauvaise surprise non plus. C’est une race tranquille, elle est agréable a vivre. Elle a du caractère, comme les bretons alors on se marie bien ensemble".

Jura Bétail

70 années d’existence pour cette coopérative d’insémination qui a réuni à Sérent une de ses huit assemblées de section en France. Avec près de 52 000 IA, l’établissement enregistre une baisse d’activité. "Elle est générale en France, on compte toutes races laitières confondues, une baisse de 1,8 % sur la campagne 2016-2017, -4 % en Montbéliarde, -3,2 en Prim’Holstein, -1,9 % en Normande. La seule race qui progresse c’est en race à viande et ce n’est ni en limousine, ni en charolais mais en Blanc Bleu Belge, + 12 %" note à regret Dominique Peinturier, directeur. Une coopérative entretenant 160 taureaux pour 700 000 doses produites dont 320 000 diffusées, (20 % dans le Jura, 20 % en France et le reste à l’export). Parmi les taureaux les plus utilisés, 1er Flipex, 2eme Funky, 3eme Esprit, 4eme Jordren et 5eme Jefred. Pour cette nouvelle campagne Jordren, N° 1 en Isu caracole avec Maximo, N° 1 en morpho caracolent déjà en tête.

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