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Montée en gamme et accompagnement de projets : la stratégie de Porc Armor Évolution

Le groupement de producteurs Porc Armor Évolution développe les partenariats commerciaux et veut produire ce que le marché demande, notamment répondre aux nouvelles exigences sur le bien-être animal. Le groupement a renforcé ses équipes pour accompagner l'évolution des éleveurs.

Jérôme Orvain, vice-président, André Bloc'h, directeur, Philippe Lecornué, président et David Louzaouen, vice-président, en amont de l'assemblée générale de Porc Armor Évolution qui avait pour focus, l'installation/transmission.
Jérôme Orvain, vice-président, André Bloc'h, directeur, Philippe Lecornué, président et David Louzaouen, vice-président, en amont de l'assemblée générale de Porc Armor Évolution qui avait pour focus, l'installation/transmission.
© Terra

Troisième groupement porcin français avec 577 adhérents répartis sur le grand Ouest, 10 % de parts de marché et un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros, le groupement de producteurs Porc Armor Évolution ne change pas de cap et confirme sa stratégie d'investir des créneaux de valorisation. Sur 1,88 million de porcs charcutiers commercialisés, 56 % sont vendus en filière. "Le marché se développe vers le bien-être animal et la visitabilité des élevages. Au lieu de combattre ces idées, on les accompagne sans toutefois tout accepter", résume Philippe Lecornué, président du groupement et éleveur dans la Sarthe. Un chiffre : sur 1 640 places de "maternité liberté" à l'échelle nationale, "nous représentons le quart" (468 places).

Des cahiers des charges de plus en plus élaborés

"C'est au groupement de mettre cela en œuvre et d'être le moteur pour être présent au rendez-vous du consommateur", partage Jérôme Orvain, vice-président et éleveur dans le sud Manche. Ainsi chez Porc Armor Évolution, les services qualité et projet du groupement ont été renforcés afin d'accompagner les adhérents sur les démarches de bien-être et de visitabilité. Cette dernière notion, aussi inscrite dans les cahiers des charges consiste "en une exploitation propre, bien tenue et accueillante", précise Philippe Lecornué. Parmi les cahiers des charges cités, la "filière Préférence" de Herta ou celui de Kermené (E. Leclerc) qui a lancé en janvier 2019 une nouvelle filière nommée Collectif niveau 2*, pour laquelle il est requis des équipements libérant les truies en maternité, des bâtiments avec de la lumière naturelle et des objets manipulables. La décision finale de s'engager revient avant tout à l'éleveur. "Nous, on conseille, on oriente le chef d'entreprise", modère le directeur André Bloc'h.

2019, installations en hausse

Parallèlement, les installations se multiplient : fin mars, le volume annuel des installations (neuf installations en 2018) était déjà atteint. Outre une offre plus importante d'élevages à reprendre, pour ses représentants, le groupement offre des perspectives qui attirent les jeunes entrepreneurs. "Les jeunes arrivent avec des projets et souhaitent répondre aux attentes sociétales. Il y a une ouverture d'esprit des jeunes, on les sent à l'aise dans leur projet".

D'ici trois ans, un tiers des élevages seront à céder. Le groupement fait de l'installation/transmission une priorité pour garder une production dynamique, par ailleurs thème de son assemblée générale du 18 juin. Est mise en place une étude économique sous la forme d'un programme de modélisation qui étudie chaque option stratégique et ses conséquences sur le prix d'équilibre. Présentée en assemblée générale, "la modélisation donne à chaque éleveur une visibilité, un plan stratégique", indique Philippe Lecornué.

Après une enquête de terrain réalisée en 2016, une équipe nommée "animation groupement" établit le lien entre adhérents et groupement, offrant formations et services. Des groupes de progrès se sont constitués reprenant des sujets tels que les ressources humaines, la gestion de marché, l'ergonomie au travail... Avec pour devise : "sortir, c'est s'en sortir", glisse Philippe Lecornué.

 

* Le Collectif niveau 1 impose une alimentation sans OGM et écarte l’usage d’antibiotiques systématiques à partir de 42 jours d’âge.

 

À propos de l'AOP...

Sujet du moment, les travaux entamés par les groupements porcins autour de la création d'une AOP sont en cours de restitution. À Porc Armor Évolution, on pense qu'il y a un intérêt. "À travers le collectif, c'est aller chercher des moyens à Bruxelles pour bénéficier de fonds". D'ici la fin de l'année, un dossier pourrait être déposé. "Cela va bouger les lignes et donner un élan de motivation dans les campagnes".

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