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Naissance de Lapi Ouest

L'association des éleveurs de lapins bretons (AELB) fusionne avec le négociant Mingam Frères pour former une nouvelle entité : la SAS Lapi Ouest. Un regroupement des producteurs qui vise à pérenniser l'amont de la filière, en prise avec la volatilité du prix des matières premières et la baisse de la consommation.

Jean-Louis Mingam, futur président de la SAS Lapi Ouest, Pascal Mancel, président de l'AELB, Yvan Robic et Jean-Michel Marsoin, membres du bureau.
Jean-Louis Mingam, futur président de la SAS Lapi Ouest, Pascal Mancel, président de l'AELB, Yvan Robic et Jean-Michel Marsoin, membres du bureau.
© terra

L'AELB(1), née en 2009, a présenté en assemblée générale, la future entité de commercialisation des lapins. En cours d'élaboration, le rapprochement entre la Sarl Mingam Frères (Pleyber-Christ)  et l'Eurl AELB, annoncé en octobre 2012, regroupera une cinquantaine d'éleveurs, adhérents de l'AELB et producteurs indépendants. La flambée du coût de production, l'érosion de la production, la difficulté des négociations avec les abatteurs obligent les structures à regrouper leurs moyens. Trésoreries exsangues, absence d'investissement, problème de compétitivité…, "le manque de dynamisme se constate à tous les échelons de la filière", explique Pascal Mancel, président de l'AELB.  "En commercialisant plus de lapins, notre but est de créer une dynamique pour les éleveurs et faciliter les négociation avec les abatteurs".
Avec 60% du capital détenu par la Sarl Mingam Frères, 40% par l'AELB, Jean-Louis Mingam est désigné président, en charge de la gestion quotidienne (planning d'enlèvement, fiches ICA, relations abattoirs…). Avec son frère Yannick, ils gèrent l'entreprise familiale de transport et de négoce à Pleyber-Christ (29).  Le futur président  veut  créer une dynamique auprès des éleveurs. Dans un premier temps, il ira à leur rencontre, "pour présenter le projet, voir le type de lapins et l'accès de votre élevage". A ses côtés, un comité de direction décidera des orientations, de la stratégie et des négociations commerciales.


Peser dans les négociations

 

Avec l'envolée inquiétante des matières premières, les producteurs subissent la non répercussion des hausses auprès de la grande distribution. Ils espèrent que le regroupement sous la nouvelle entité SAS Lapi Ouest permettra d'ouvrir de nouveaux marchés et de peser dans les discussions face aux abatteurs. "Aller négocier toutes les 6 semaines selon le bon vouloir des abattoirs n'est plus possible ", s'insurge Pascal Mancel. "Il faut repenser le système de prix payé aux producteurs".
Principal abatteur de l'AELB, Bertrand Bonnier, dirigeant de Bretagne Lapins, a été interpellé. Le patron estime que les augmentations ne peuvent s'abstraire d'une logique de hausse générale, commune aux filières animales. "Si le marché de la volaille évolue, on pourra passer quelques hausses, présentées 3-4 mois avant échéance", indique le patron de Bretagne Lapins, rappelant la difficulté, voire l'impossibilité de faire passer les hausses auprès des distributeurs dans un contexte de pouvoir d'achat en baisse, de généralisation des promotions, de la baisse de la consommation…. "Un lapin sur deux est commercialisé en promotion".
Pascal Mancel, a déploré que l'accord de mai 2011, un accord prévoyant la réouverture de négociations commerciales lorsque les prix de l'alimentation animale s'envolent, n'ait pas encore porté ses fruits. "Nous ne sommes pas capables, nous producteurs, d'encaisser les hausses. C'est mathématiquement impossible". Dans un marché des matières premières "très inquiétant", le représentant de Nutréa annonce pour le moment un tarif en "stand by" jusqu'à fin août.
L'AELB représente 42 producteurs de lapins,
18 450 cages mères et commercialise 516 670 lapins (2011). Depuis le 19 juin, elle est en bonne voie d'être reconnue "organisation de producteurs". 
Emmanuelle Le Corre

(1) Née suite aux difficultés financières de Lisoë.

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