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Naturel, matériel, génétique, tout un capital de coopération

Sur les fermes, c’est tout un capital, naturel mais aussi matériel et génétique dont il a été cette année question lors des "casse croûte - débats" organisés par la FRGeda au Space. Un capital à optimiser, par la coopération ou non, auront démontré les éleveurs témoignant. Une véritable source de bien-être !

Des témoignages  et des stratégies différentes présentés par les six agriculteurs présents au Space autour du casse-croûte débat sur le capital matériel.
Des témoignages et des stratégies différentes présentés par les six agriculteurs présents au Space autour du casse-croûte débat sur le capital matériel.
© Terra

Ils sont six et pour chacun, une stratégie différente qui fonctionne sur son exploitaiton. Ils ont chacun fait des choix en adéquation avec leurs aspirations et leur système, et "on s’y trouve plutôt bien" . C’est tout l’intérêt de ces déjeuners débats auxquels convie la FRGeda "donner la parole aux éleveurs sans tabou ni jugement pour qu’ils s’expriment sur leur capital matériel et immatériel", comme le décrira Christine Lairy. Et côté matériel, ce capital ne se résume pas qu’à un simple amortissement fiscal.

L'entretien du matériel "j'adore ça " !

"Je préfère avoir tout mon matériel et en vieux modèle. Rien n’a moins de 10 ans, sauf le robot de traite. Tout ça marche, et même très bien, à condition d’entretenir", pointe David Renault, éleveur laitier à Etrelles. Il s’est installé en 2003 et avoue n’avoir jamais "aimé traire", par contre il peaufine son matériel, "j’adore ça" dit-il. 650 000 litres de lait produits sur une stalle. Et c’est sans surprise qu’il estime être "pied et poing liés à la concession (qui lui a installé l'équipement ndlr). On ne fait pas d’économie sur l’entretien du robot, surtout pas". Un entretien jugé primordial. "Il marche très bien car on est rigoureux là-dessus, je le connais par cœur ". Un robot non dénué d’intérêt, "pour attirer le personnel. On est plus souple, c’est la garantie du respect d’horaires fixes pour le salarié".

Une vie de paysans confortable

64 ha, 230 000 litres de lait bio. Cyril Guilloteau et sa compagne se sont installés en 2010 à Pancé (35) en reprenant "hors cadre", une exploitation. "Nous avons trois jeunes enfants, nous avons envie de profiter d’eux, d’avoir une vie de paysans confortable". Objectif clair, moyens tout aussi précis : "Le pâturage maximum, les 3/4 de la surface sont en herbe". Alors le couple a "investi dans la formation", pour conforter son système. Le matériel ? "Quatre tracteurs de 55 à 100 cv, très bien entretenus, on n’a pas de mauvaise surprise quand c’est comme ça", affirme le jeune éleveur et dont la ferme affiche un coût de mécanisation de 300 euros/ha (soit 80 euros des 1 000 l). Le matériel a été acquis en propre pour récole d’herbe, "c’est plus confortable. Pour le reste, c’est la vache qui broute et qui travaille".

"Faire travailler les vers de terre plutôt que la charrue"

"On est limité par le rendement". Alors Bertand Paumier active un seul levier : produire autant en consommant moins. Et c’est par une panne de charrue qu’il est devenu adepte des techniques culturales simplifiées. "Je consomme à peine 5 000 euros de fuel par an quand la moyenne est de 15 000 euros". Moins de dépenses, moins d’usure, "et du temps que je gagne pour observer mes parcelles de légumineuses", car son truc "c’est d’avoir pareil mais que ça me coûte moins cher". L’éleveur de bovins viande met en pratique cette logique sur son exploitation de 145 ha à deux pas de Maure de Bretagne. En 2008, il arrête la production laitière pour les grandes cultures avec un cheptel "qui m’aide à entretenir les bandes enherbées et mes zones humides, détruire les couverts végétaux", explique-t-il, minimaliste en matière de travail du sol, adhérent du réseau Base et qui préfère "faire travailler les vers de terre plutôt que la charrue".

"Ce qui est stratégique, je ne délègue pas"

Paul Diot est entrée dans l’action collective. Le moyen qui lui convient pour solutionner son "problème de main d’œuvre et de matériel". Car il fait valoir 35 ha seul depuis 35 ans avec poulets et bovins viande pour un coût de mécanisation de 320 euros à l’hectare, il participe au groupe Cultures du Ceta. "Je me suis investi dans la Cuma", laquelle emploie six salariés, "avec du travail toute l’année car il y a une forte délégation de nos adhérents". "Quand la Cuma intégrale me facture 10 à 12 000 euros par an, c’est pour du travail qui est fait", apprécie-t-il avec des chauffeurs, "de vrais pro, bien plus compétents que moi pour implanter un blé avec un bon matériel high-tech". Tout déléguer ? "Non, pas tout. Ce qui est stratégique ou ce qui me plaît, je ne le délègue pas", pointe-t-il, stratégique.

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