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" N’ayons pas peur de faire évoluer nos Cuma"

Voilà 70 ans qu’en Morbihan, les agriculteurs partagent du matériel en Cuma pour diminuer leurs coûts. Du matériel, certes, mais plus encore, pour les cumistes réunis pour l’assemblée générale de leur fédération à Locminé, mardi dernier. Ce faire ensemble sur le territoire, devra évoluer.

 

 

70 ans, un âge tout aussi respectable pour la FDCuma, "toujours dans le coût", s’amusent ses responsables, que la valeur de base qui l’anime : "en faisant en groupe, on est plus fort", rappelle Jean-Luc Boursier, président des Cuma de l’Ouest qui fédère au sein du mouvement cumiste les 14 départements du grand ouest. Coopération, mutualisation et "une dimension sociale qui n’est pas à négligée dans cette période très difficile. La Cuma crée un lien social fort", insiste Jean-Michel Roger sur ces valeurs qui fondent et donnent du sens au mouvement qui s’interroge aussi sur son avenir. "Car si l’agriculture est en crise, elle est aussi en pleine mutation". Avec pour ses agriculteurs, "trois défis majeurs à relever que sont les coûts de production, la charge de travail et la volatilité. La question est de savoir ce que la cuma peut leur apporter", résume des enjeux à venir Jean-Luc Boursier.

Plus que la machine, le service

Face au sur-équipement de l’agriculture française, qui impacte les coûts de structure, il y a matière à faire pour les cumistes. "Pas tant sur les machines que dans l’organisation du travail. En plus du matériel, l’adhérent est surtout à la recherche d’un service : une machine performante, un salarié efficace au coût le plus juste", insiste Jean-Luc Boursier. L’avenir en Cuma est donc à l’optimisation par la mutualisation du matériel. Un travail auquel s’est attelé la fédération du Morbihan en s’attaquant aux chantiers de récolte, ensilage et cette année moisson par le biais de l’échange et la mutualisation de matériel de récolte avec des coûts arrêtés, "145 euros/ha d’ensilage, 125 pour la moisson" rappelle Jean-Michel Roger. Mais au-delà, "la mutualisation de l’emploi est l’enjeu à venir", dessine Jean-Luc Boursier qui note l’augmentation annuelle de 4 % des embauches de salariés en Cuma. "Certains rêvent de gagner plus en travaillant moins. Il y en a qui l’on fait en Cuma et cela ne se sait pas assez !". Et de dessiner les trois chantiers d’avenir pour les Cuma, "la professionnalisation de la gouvernance, l’agilité dans la prise de décision et l’adaptation, l’ouverture aux autres, à la diversité de l’agriculture… Ainsi, "les Cuma ont un bel avenir, n’ayez pas peur de les faire évoluer".

Claire Le Clève

 

 

 

 

 

Repères

Le 14 mais 1947, première assemblée générale constitutive fédérant les 77 sociétés de battage.

Début des années 1960 : la 1ère Cuma tracteur avec salariée est créée. C’est la Cuma de Carhaix à Bréhan, toujours en activité, précurseur dans la mutualisation du matériel et de la main d’œuvre.

1982, les Cuma accèdent elles aussi aux prêts bonifiés.

Années 90 : le statut des Cuma est reconnu pour l’accès aux aides.

2017 : la FD Cuma agrège en Morbihan 154 Cuma et 3 500 adhérents employant 77 salariés permanents. Près de 6 millions d’euros ont été investis en 2016 et un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros a été générés par les Cuma.

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