Aller au contenu principal

Net redressement du revenu des agriculteurs en 2010

De 11 300 euros en moyenne par actif en 2009 à 24 300 euros en 2010, le revenu des exploitations agricoles a enregistré une amélioration quasi-générale. Mais la tendance demeure négative à moyen terme.

Aprèsles très fortes baisses observées entre 2007 et 2009, le résultat courant avant impôts des exploitations agricoles professionnelles s’est nettement redressé en 2010. Au niveau national il est passé de 11 300 euros par actif non salarié en 2009 à 24 300 euros en 2010.
Conséquence de la dérégulation des marchés et de la volatilité des prix qu’elle induit, les revenus des agriculteurs sont de plus en plus ballotés au gré des fluctuations des cours mondiaux, tout en créant d’énormes distorsions entre les différentes productions. Ces fortes fluctuations, à la baisse comme à la hausse, obligent à analyser les résultats économiques sur plusieurs années.  L’examen des moyennes triennales du résultat courant avant impôts par actif montre en 2010 la poursuite d’une tendance baissière de 5,4 % par an entre les deux dernières moyennes triennales. Et sur une longue période, le revenu moyen de l’ensemble des exploitations professionnelles  a été sur les trois dernières années quasiment identique à celui du début des années 1990 : 18400 euros en moyenne sur la période 1990-1992 contre 18900 euros sur la période 2008-2010, inflation déduite.

Grandes cultures.

Le revenu des grandes cultures qui était au plus bas en 2009 à 10 200 euros s’est nettement amélioré en 2010 à 41 200 euros. La flambée des prix des céréales et des oléagineux a fait plus que compenser la baisse des récoltes et ce d’autant plus que la diminution du prix des engrais et une bonne maîtrise des achats de produits phytosanitaires a pesé sur les coûts. En conséquence, le revenu des régions de grande culture s’est amélioré, mais reste sur une tendance de moyen terme orientée à la baisse. L’évolution entre les deux dernières moyennes triennales (-13 % en Ile-de-France, -12 % en Picardie, -9 % dans le Centre) confirme la tendance baissière des cinq dernières années. Une tendance que l’on retrouve dans les régions où l’élevage côtoie les grandes cultures :
- 10 % en Lorraine et -5 % en Haute-Normandie. La situation est plus favorable dans le Nord-Pas-de-Calais où le revenu s’est stabilisé grâce à la bonne tenue de la betterave et de la pomme de terre selon les années.

Eleveurs allaitants, lanterne rouge

 

Dans le secteur laitier, les éleveurs ont bénéficié en 2010 de la remontée du prix du lait et de la reprise des volumes. Leur revenu s’est établi à 21 300 euros, une valeur proche de sa moyenne de la fin des années quatre-vingt-dix. Et l’évolution de leur revenu mesurée en moyenne triennale est positive dans les régions à dominante laitière, comme la Basse-Normandie  et la Bretagne (+2 %), en Auvergne ou coexistent des élevages laitiers et ovins (+4 %). La hausse est plus marquée en Franche-Comté (+12 %) compte tenu du prix du lait pour les fromages AOC, y compris en 2009. Pour les éleveurs ovins, c’est le bilan santé de la Pac et la redistribution des aides  qui a donné un coup de pouce au revenu en 2010. L’an dernier il s’est établi à 15 000 euros pas actif.
Pour les éleveurs bovins, le résultat courant par actif n’a été que de 14 300 euros par actif en 2010 et en moyenne sur les trois dernières années, il est à son plus bas niveau depuis 1992. Sur une base triennale, le revenu s’est inscrit en baisse de 7 % en Pays-de-Loire et de 6 % dans le Limousin.
Enfin chez les éleveurs hors sol (porcs et volailles), la hausse des résultats moyens observés en 2010 (+7,6 % en moyenne triennale) s’inscrit dans un registre de fluctuations structurelles, mais tendanciellement en baisse (-3 % par rapport à 1990-1992).



Arboriculture, viticulture, situations contrastées

 


A l’exception de l’aire d’appellation Cognac, les exploitations viticoles ont fait face en 2010 à une baisse de leurs récoltes. Néanmoins, les prix ont été mieux orientés par rapport en 2009. Insuffisants cependant pour redresser le revenu des vignerons d’appellation dont le revenu reste orienté tendanciellement à la baisse et tombe à 20 200 euros par actif en 2010. En monnaie constante, le revenu moyen des exploitations d’arboriculture fruitière est passé de 10 500 euros par actif à 21 400 en 2010. Mais en cumul sur trois années, il reste orienté à la baisse (-7 %). Celui des maraîchers et horticulteurs est passé de 14 000 à 21 000 euros par actif et s’est accru de 6 % au cours des deux dernières périodes triennales.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Quand agriculteur et apiculteur travaillent de concert
Voilà 4 ans déjà que Frédéric Mésangroas, producteur de porcs à Plouigneau (29), accueille les ruches de Daniel Le Louët. Au fil…
Le retour très controversé des protéines animales transformées
Le 14 avril dernier le Standing Committee on Plants, Animals, Food and Feed (Scopaff - en français Comité permanent des végétaux…
Le Space sera bien là en 2021, à Rennes
Le salon de l'élevage fait son grand retour à Rennes. Entre soulagement, fierté et impatience, les organisateurs du Space livrent…
Les Entreprises des territoires en recherche constante de reconnaissance
Les entreprises des territoires (EDT) se réunissaient encore une fois en viso conférence pour l’assemblée générale 2021. l’…
Porcs : les éleveurs demandent la fin de la castration
"On bute sur le mur des abatteurs… Si le gouvernement ne nous aide pas, ça va être compliqué". Mardi dernier, l’association pour…
L’agriculture intensive et le hors sol : une chance pour la Bretagne

Productiviste, industrielle et intensive à outrance : voilà les qualificatifs réducteurs et mensongers dont certains ne…

Publicité