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La Suisse, pays de prairies

Le groupe lait spécialisé herbe du pays de Vitré s’est rendu en Suisse cet été pour visiter des exploitations et échanger avec des éleveurs et conseillers agricoles. Au cours des visites de six exploitations laitières dans la région de Fribourg et Berne, les éleveurs bretons ont pu confirmer le goût des agriculteurs suisses pour les mélanges multi-espèces. L'herbe y est bien valorisée avec un rendement de 12 tMS/ha.

La Suisse, pays de prairies
Le groupe lait spécialisé herbe du pays de Vitré animé par la chambre d’agriculture s’est rendu en Suisse en juillet 2019 pour visiter des exploitations et échanger avec des éleveurs et conseillers agricoles.

70 % de la SAU Suisse est en herbe. En comptant les alpages, ce chiffre monte à 80 % de la surface utilisée. Avec en moyenne 1 000 mm de pluie répandus uniformément sur l’année, les conditions de pousses de l’herbe sont bonnes. La production est cependant très variée géographiquement avec de l’herbe valorisée en plaine sur praires temporaires ou dans les alpages sur des prairies permanentes en sols peu profonds. L’herbe représente de 68 à 84 % de la matière sèche des rations vaches laitières. Affouragée en vert, pâturée, ou récoltée en foin très souvent séché en grange. La moindre utilisation de l’ensilage ou de l’enrubannage s’explique par les cahiers des charges des fromageries qui interdisent ce mode de conservation.

 

Les mélanges prairiaux suisses

Le groupe a commencé son voyage par une présentation des mélanges multi-espèces suisses et du principe du label de qualité ADCF (Association pour le développement de la culture fourragère). Un label qui vise à garantir une haute qualité testée de façon indépendante, et qui permet de simplifier l’identification et le choix des formules proposées. Ces mélanges labellisés sont issus de tests variétaux en variétés pures et en mélanges. Ils ont la particularité d’être identiques dans leur composition (quantité de graines et variétés) quel que soit le fournisseur de semences. Dans la pratique, les éleveurs font confiance à ces mélanges puisque 90 % des semences de prairies temporaires sont vendues sous label ADCF. Les mélanges les plus utilisés sont de type 400 avec en moyenne 6,5 variétés dans le mélange.

Les systèmes pâturant peuvent également être productifs.

Une exploitation de l'herbe par la fauche

Au cours des visites de six exploitations laitières dans la région de Fribourg et Berne, les éleveurs bretons ont pu confirmer le goût des agriculteurs suisses pour ces mélanges multi-espèces. La majorité des exploitations visitées ont un système fondé sur la fauche. C’est une évidence pour l’hiver puisque les stocks sont constitués de foin séché en grange. Mais c’est aussi le cas au printemps avec de l’affouragement en vert car les surfaces accessibles aux vaches laitières sont relativement limitées. Cette orientation conduit les éleveurs à privilégier des mélanges d’espèces à port dressé riches en trèfle violet. Le résultat est là : un rendement herbe valorisée à 12 tMS/ha.

 

Le ressenti des éleveurs bretons

L’environnement d’élevage est particulièrement agréable avec des équipements et bâtiments entretenus avec beaucoup de soins par des éleveurs passionnés. Le groupe a visité des structures dont les équipements d’élevages sont assez diversifiés : vaches à l’attache ou en circulation libre, traite robotisée ou au transfert… Et dans tous les cas les éleveurs suisses se sont montrés très pointus sur la gestion de leur fauche, la composition des rations et le suivi sanitaire du troupeau. De l’avis du groupe, certains systèmes gagneraient à mieux valoriser le parcellaire accessible par le pâturage. Ce voyage aura conforté le choix des membres du groupe déjà très attaché à la place de l’herbe. Ils reviennent avec l’envie d’apporter un soin particulier à la qualité des fourrages récoltés ou pâturés.

 

La Suisse, pays de prairies

Chez Ana-Barbara, un système full-grass économe en temps de travail

L’éleveuse consacre les 28 ha de SAU à la culture de l’herbe. Les 40 vaches croisées Holstein-Jersiaise livrent 4 500 l à 45 de TB et 37 de TP et payés 634 €/1 000 l par la fromagerie. La ration hivernale est à base de foin séché en grange. En période de pâturage, Ana conduit ses surfaces en full-grass. Elle fait ensuite déprimer l’ensemble par le troupeau puis réduit la surface accessible afin de conserver des parcelles en foin. Cette technique de pâturage vise à maintenir un couvert très dense à une hauteur de 5 cm. Ana vise l’optimisation de son temps de travail. Les vêlages sont groupés et la salle de traite fermée en janvier et février. Elle estime son temps de travail à 1 500 heures complété par 1 000 heures de salariat.

 

Objectif, valoriser l'herbe pâturée

Les onze agriculteurs du groupe lait du pays de Vitré, engagés dans une démarche d’Agriculture écologiquement performante (AEP), ont tous un système fourrager basé sur l’herbe pâturée. Forts de leur diversité de conduite (agriculture biologique, MAEC SPE, agriculture conventionnelle, traite robotisée), ils souhaitent pouvoir répondre à la demande laitière tout en conservant leur système pâturant économe. Le projet de groupe initié en 2015 vise à conserver la place de la prairie sur un territoire où l’intensification des systèmes de production est prégnante en montrant que les systèmes pâturant peuvent également être productifs et s’adapter à l’évolution du contexte. Après des visites en exploitations et stations expérimentales, des journées consacrées à la formation et l’analyse économique de leurs résultats, les éleveurs ont souhaité s’informer sur les pratiques de pays voisins. Un premier voyage en Irlande en 2016 a permis de découvrir des systèmes construits pour valoriser l’herbe pâturée : aménagements parcellaires, groupages des vêlages, génétique… Ce second voyage en Suisse s’inscrivait dans les mêmes objectifs : augmenter la productivité des prairies tout en préservant leurs performances environnementales, améliorer la valorisation de l’herbe par les troupeaux et adapter le système de production.

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