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Écophyto : de II à II+

En plein débat sur les zones de non-traitement et l'utilisation du glyphosate, le préfet Pierre-Étienne Bisch était la semaine dernière en Bretagne. Il coordonne une mission interministérielle qui terminait un tour de France par deux jours dans notre région. L'objectif est d'identifier des méthodes qui fonctionnent, et tenter d'élaborer des stratégies pour faire baisser l'utilisation des phyto et préparer la sortie du glyphosate. Car pour le moment les résultats du plan Écophyto sont loin des ambitions affichées.

 plan Écophyto
Pierre-Étienne Bisch, coordinateur interministériel et Michèle Kirry, préfète de la Région Bretagne.

L'objectif initial du plan Écophyto était d'obtenir une baisse de 50 % de l'utilisation des produits phyto entre 2008 et 2017. En fait dans ce laps de temps au niveau national les ventes de produits phytopharmaceutiques ont progressé de 17 % sans qu'il soit pour le moment possible d'expliquer véritablement ce chiffre. L'objectif reste donc aujourd'hui le même, faire baisser l'utilisation des produits phyto, en tentant d'adapter les stratégies au contexte local.

Jeudi dernier une réunion avait donc lieu en préfecture à Rennes pour définir les méthodes et priorités d'actions, pour tenter de se rapprocher du même objectif cette fois avant 2025. Entre temps, Écophyto II est devenu Ecophyto II+ et reprend l'essentiel des méthodes développées jusque là. Celles-ci reposent essentiellement sur l'investissement des agriculteurs, dans des groupes d'action et de méthode, groupe Déphy et groupes dit des 30 000. D'ici à 2022 le contexte changera avec très probablement l'entrée en vigueur de l'interdiction du glyphosate. Michèle Kirry, préfète de Bretagne l'affirme : "La boîte à phytopharmacie se vide, beaucoup de molécules utilisables en 2007 ne sont plus admises aujourd'hui, mais pour autant la conformité de l'eau ne s'améliore pas, notamment en Ille-et-Vilaine".

Malgré ces résultats pour le moins insuffisants, le gouvernement maintient le cap et la méthode et ne semble pas vouloir passer à un cadre plus coercitif. La journée de travail a permis d'identifier cinq axes prioritaires d'action à l'échelle de la Bretagne qui iront du développement des méthodes de biocontrôle, en passant par le développement de productions à bas niveau de produits phyto, ou le développement des mesures permettant de diminuer les effets non intentionnels, notamment les systèmes anti-dérive. Si la pression du gouvernement reste modérée, celle de la société se renforce jour après jour. L'intérêt de tous est d'avoir à court terme des résultats probants. 

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