Aller au contenu principal
E-mailPrintFont SizeFacebookTwitter

Triskalia porc : à quand une AOP pour mieux gérer le marché ?

Conjoncture, biosécurité, FPA, organisation de la production... lors de ses réunions de secteur puis son assemblée générale plénière à Lamballe, le groupement porcs de Triskalia a passé en revue l'ensemble des sujets d'actualité.

Triskalia porc
Si le prix moyen des huit premiers mois de l'année se situe à 1,39 €/kg, le cours atteint désormais 1,7 €/kg.

"Vraiment, il était temps", s'exclame Michel Bloch, en évoquant une "conjoncture porcine qui a complètement changé !" Si le prix moyen des huit premiers mois de l'année se situe à 1,39 €/kg, le cours atteint désormais 1,7 €/kg. "Et on a connu quatre semaines à +5 centimes au mois de mars". Ce qui n'empêche pas le président du groupement porcs de Triskalia de revenir sur le sujet qui fâche, l'écart de prix entre la cotation française et ses voisins, Allemagne et Espagne. "L'été dernier, on a connu des écarts jusqu'à 15-20 centimes, s'agace Michel Bloch. Cette perte de compétitivité est inacceptable".

Le retour à de meilleurs cours a entraîné un alourdissement des carcasses. "95 kg est sans doute un bon compromis. Mais à 107-108 kg, ce sont toujours de bons cochons. Et malgré nos demandes, on n'arrive pas à dépénaliser les P4".

 

Biosécurité : la priorité

"À la mi-août, en Chine, le prix du porc atteignait 4 €/kg de carcasse, contre 1,67 € un an plus tôt", relate Michel Bloch. Toujours hors de contrôle, la fièvre porcine africaine continue à faire des ravages et provoque un appel d'air sur le marché européen. "On ne sait pas combien de temps va durer cette conjoncture. Mais il n'y a pas de raison d'être pessimiste aujourd'hui". Et le président du groupement porcs de Triskalia d'exhorter les éleveurs à en profiter pour investir dans leur outil de production, en mettant la biosécurité au centre de leurs préoccupations. "Pour le moment, les éleveurs ont été formés. Nous allons enchaîner avec la formation des chauffeurs de bétaillère puis des camions d'aliment". À chacun de réfléchir à l'accueil des intervenants extérieurs, avec tenue d'élevage et signature du registre. "Demain, faudra-t-il en arriver à clôturer nos bâtiments ? En attendant, il est impératif que le technicien d'élevage dispose partout d'une paire de bottes et d'une cotte".

Mais qu'un cochon meure du mauvais côté de la barrière sanitaire séparant la France de la Belgique et aussitôt le pays sera fermé. "L'État doit résolument s'impliquer auprès des autorités chinoises pour obtenir la régionalisation".

Il faut pouvoir dégager le marché, si besoin. Et essayer de monter en gamme, mais avec notre propre cahier des charges, qui doit rester connecté aux marchés européen et mondial.

Renforcer le maillon production

"Il faut se prendre en main pour mieux gérer le marché". Pour Michel Bloch, pas d'autre solution, pour le maillon production, que de renforcer son pouvoir pour obtenir des prix rémunérateurs. Sur les rails depuis quelques temps, l'AOP (association d'organisations de producteurs) devrait mieux répondre aux besoins du marché, en adaptant l'offre en quantité et en qualité. "Il faut pouvoir dégager le marché, si besoin. Et essayer de monter en gamme, mais avec notre propre cahier des charges, qui doit rester connecté aux marchés européen et mondial". Pas de quoi éviter les crises. "Mais l'AOP évitera les excès tels que ceux que nous avons connu ces dernières années, quand nous n'avions ni prix ni fluidité".

Si la plupart des groupements sont désormais partants, reste à convaincre l'État français. "Pour intervenir sur le marché, il va falloir forcer un peu le droit français, résume Michel Bloch. Nous avons besoin d'un cadre juridique bien défini, pour que nos actions ne soient pas qualifiées d'entente". À terme, c'est aussi au sein de l'AOP que se réfléchiront l'évolution de la grille de poids et de taux de muscle, les qualités.

Ces réunions de secteur de Triskalia porc ont aussi été l'occasion d'évoquer les intrusions en élevage. "Il est temps que le ministre de l'agriculture passe des paroles aux actes concernant l'agribashing. Il faut que les politiques arrêtent de faire l'autruche ! Il faut qu'ils modifient la loi et la rendent plus sévère".

 

Triskalia porc 

 

Le groupement porcs de Triskalia

- 1,65 million de porcs charcutiers/an

- 4e OP française, avec 9 % des parts de marché Uniporc Ouest

- 320 éleveurs naisseurs engraisseurs

- 345 sites d'engraissement

- 101 collaborateurs

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Vignette
À Bolazec, Coralie s'installe avec 30 000 poules plein air
Salariée depuis une dizaine d'années, Coralie Jézéquel souhaitait s'installer en agriculture. Elle franchit le pas à Bolazec (29…
Vignette
La situation financière des élevages bovins s'est dégradée en 2018 (Idele)

Les revenus disponibles des élevages laitiers et allaitants suivis par l'observatoire de l’endettement ont globalement…

Vignette
Le P'tit gallo sur le chemin de l'autonomie énergétique
À Montreuil-le-Gast, la ferme du P'tit Gallo a fait son trou dans le paysage local. Après des débuts "un peu galère", quand il s'…
Vignette
Agriculteurs de Bretagne et "Incoulables" sur le même bateau, vent d’espoir portant
Après "Intouchables", il y aura "Incoulables". Une histoire belle où l’on ne sombre pas, ode à la vie, à l’après, l’après cancer…
"Nous allons passer ce cap difficile, développer notre stratégie, accompagner l'agriculture"
Quelques jours après une grève des salariés qui a marqué les esprits, et à quelques jours des sessions chambre départementales,…
L’exosquelette entre en salle de traite
À la ferme expérimentale de La Blanche-Maison à Pont-Hébert dans la Manche, on teste depuis le 25 octobre l’exosquelette, un…
Publicité