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L’expansion du bio stimule l’industrie laitière bretonne

Si en volume, le lait bio pèse encore peu dans la collecte bretonne, il concerne la plupart des opérateurs de collecte et de la transformation. Certains d’entre eux bénéficient d’un ancrage historique dans la filière laitière bio en Bretagne. Face à la demande des distributeurs et des consommateurs, d’autres ont fait plus récemment le choix de développer une transformation laitière bio.

Biolait, Lactalis, Triballat-Noyal, Sill Entreprises ou encore Eurial, s’appuient sur un ancrage historique dans la filière laitière bio en Bretagne, pour assurer leur développement. Pour d’autres, à l’instar de Sodiaal, le développement d’une filière en Bretagne est plus récent. Le bio est encore confidentiel en Bretagne pour le groupe coopératif Laïta qui vient de lancer un lait ribot bio transformé dans la région (Armoricaine Industrie).

Quant à Savencia, groupe spécialisé dans les fromages et dans la fabrication de poudres et autres ingrédients laitiers, son lancement dans les fromages et l'ultra frais bio et la création d’une filiale dédiée, Terre bio, sont encore récents et n’impliquent pas d’éleveurs et de sites industriels bretons. Les fromages bio pèsent encore peu dans la consommation de produits laitiers bio et la croissance de ce segment reste modeste. Cela explique un investissement plus tardif dans la bio de la part des industriels spécialisés dans la transformation fromagère. Ce constat se vérifie également pour le groupe Bel, non présent industriellement en Bretagne, qui a décliné il y a peu ses références phares (Babybel et la Vache qui rit) en version bio.

La plupart des acteurs industriels du lait bio bretons affichent des volontés de croissance.

Des coopérations... et des concurrences !

La plupart des transformateurs laitiers bretons ne sont pas autonomes dans leur approvisionnement en lait bio, et font notamment appel à Biolait ou à d’autres industriels pour compléter les volumes manquants,
dans l’attente pour certains de développer davantage leur propre collecte laitière bio. Finalement, la filière
est propice aux coopérations, qu’elle se traduisent par des accords de collecte des accords industriels, certains transformateurs pouvant produire des produits laitiers bio pour le compte d’autres opérateurs, mais aussi des accords commerciaux à l’instar de la fabrication de beurre bio "C’est qui le Patron ?!" par le groupe Sodiaal pour le compte de la Scic La société du consommateur.

Très tôt, la filière laitière bio s’est révélée propice à la mise en place d’accords tripartites entre éleveurs, transformateurs et distributeurs, d’abord dans une logique de sécuriser l’approvisionnement à l’époque où l’offre en lait bio était très déficitaire. Ils sont désormais davantage orientés vers la structuration et la sécurisation de filières dédiées à la production de produits laitiers vendus sous la marque de distributeur de l’enseigne. Un des plus anciens accords de ce type lie le distributeur Système U au transformateur (non présent industriellement en Bretagne) LSDH.

En Bretagne, d’autres collaborations de cette nature se sont nouées entre la chaîne de distribution Biocoop et divers acteurs de la collecte et de la transformation.

L’appétit pour le marché du bio a amené d’autres opérateurs laitiers, non présents en Bretagne, à développer une gamme bio, à l’instar de Danone et de sa filiale Les Prés rient bio (anciennement Stonyfield France) connu pour ses produits à marque Les 2 vaches. Cet acteur présent dans la bio depuis 2006 a conquis les parts de marché dans l’ultra-frais bio, jusqu’à de hisser à la première place au podium.

 

Quid des segmentations ?

Les transformateurs laitiers impliqués dans la bio semblent circonspects sur la question d’une segmentation de la bio. L’expérience historique les pousse à la vigilance : avant que le logo national AB ne s’impose, une grande diversité de chartes et de cahiers des charges définissant l’agriculture biologique ont pu coexister, avec une efficacité limitée vis-à-vis du consommateur, perdu dans la multiplicité des démarches. De plus, si des cahiers des charges spécifiques étaient mis en place dans les élevages, les accords de collecte deviendraient caducs, tout ceci au détriment de la performance globale de la filière.

Cependant, l’air du temps pousse les opérateurs à rechercher une forme de démarcation. Certains, comme Biolait, qui n’a pas d’activité de transformation, affichent déjà des exigences supérieures au cahier des charges national… ou y réfléchissent ! Mais la différenciation peut aussi passer par le travail des recettes (moins de sucres ajoutés, arômes, ingrédients origine France…), la mise en avant de nouvelles marques, un packaging eco-responsable, des formats différents de distribution (vrac), une communication audacieuse, ou encore la mise en avant de valeurs éthiques. C’est en particulier la stratégie de Danone, qui revendique haut et fort son récent label Commerce équitable.

Encadré dossier lait bio

 

Volonté de croissance

Eurial, Lactalis, Sill entreprises, Sodiaal, Terres de l’Ouest… la plupart des acteurs industriels du lait bio breton affichent des volontés de croissance de l’activité, à l’échelle française voire, pour Lactalis et Sodiaal, à l’international également. Lactalis ambitionne ainsi de se positionner comme leader mondial des produits laitiers biologiques Sodiaal, de son côté, vise la place de premier producteur européen de lait infantile bio.

Compte tenu de la durée de conversion des élevages, les transformateurs disposent d’une visibilité à deux ans pour organiser leur activité. Le développement des volumes bio s’opère souvent par à coup, le dernier en date étant lié à la crise laitière survenue dans la filière conventionnelle après la suppression des quotas laitiers. De nombreux éleveurs ont alors franchi le pas de la conversion bio, avec l’objectif notamment de sécuriser davantage leur entreprise et de bénéficier de prix du lait plus stables.

A l’heure où la situation du lait conventionnel s’est globalement rétablie, c’est aussi le bon moment pour les éleveurs qui le souhaitent de réfléchir à leur conversion. La prime de conversion peut servir, en période plus faste, à réellement accompagner la transition du système d’exploitation, plutôt qu’à simplement pallier la chute du prix conventionnel dans l’attente pour les éleveurs de bénéficier du prix bio.

Il est à noter que les transformateurs semblent désormais faire preuve de plus d’attentes vis-à-vis des élevages qu’ils accompagneront dans une conversion bio. Autonomie fourragère, cohérence du système, technicité, s’imposent comme une clé d’entrée dans la bio… mais aussi une garantie face à la montée des interrogations vis-à-vis des aléas et du réchauffement climatiques.

 

encadre 2 Dossier lait bio
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