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Trois questions à... Bruno Martel

Producteur laitier bio installé en Gaec avec sa fille et un salarié à Bains sur Oust (35), Bruno Martel est le président de l'organisation métier lait de vaches bio chez Agrial. Il revient sur la stratégie mise en place par la coopérative, ses besoins et ses mesures d'accompagnement pour les nouveaux producteurs.

Bruno Martel, producteur de lait et président de l'organisation métier lait de vaches bio chez Agrial

Quelle est la stratégie globale d'Agrial en matière de bio et plus particulièrement sur la filière laitière ?

Bruno Martel. Dans le cadre de la démarche de RSE*, Agrial s'est donné pour objectif d'atteindre 10 % de bio dans l'ensemble de ses métiers en 2025. En 2020, nous allons mettre en place une organisation pour la filière bio, sur l'ensemble d'Agrial. Il y a déjà des rencontres entre les différents métiers, pour que les producteurs soient associés le début et que l'on partage les enjeux. L'objectif, c'est de pouvoir décloisonner pour avoir une offre suffisamment large, offrir une solution globale aux producteurs, avec des réponses techniques de qualité. Sur la filière laitière, nous fonctionnons aujourd'hui avec un conseil d'administration qui regroupe une dizaine de producteurs. On compte 275 producteurs en bio, 40 en conversion et 17 engagés pour l'année prochaine... quand il en faudrait au moins 30.

 

Vous recherchez donc de nouveaux producteurs bio ? Quels sont les débouchés ?

B.M. On va collecter 100 millions de litres cette année, et on aurait besoin de 50 millions de litres supplémentaires, pour lesquels nous avons le débouché. Aujourd'hui, on est capable de contractualiser pour du lait qu'on vendra dans deux ans. Les deux tiers de nos sites industriels sont certifiés pour transformer des produits bio. Nous avons un marché poudre de lait pour des produits ultra frais pour nos propres produits, à travers la marque les 300 et bio, ou vers d'autres acteurs. En effet, dans la recette des yaourts, il y a de la poudre pour des questions de texture, et c'est un marché important. On fait aussi du beurre, de l'utra frais, de la crème fraîche et de la poudre plus élaborée pour les pâtissiers et les chocolatiers. On va aussi sortir trois fromages sur cette fin d'année: un de type camembert, un lingot qui est un fromage au lait de vache et un fromage à tartiner. Ce qui va porter la gamme Les 300 et bio à 16 produits.

 

Comment Agrial prospecte et accompagne ses nouveaux producteurs bio ?

B.M. Globalement, notre vivier, ce sont les producteurs de lait historiques Agrial. On forme des groupes de 5 ou 6 producteurs "intéressés" et on organise une visite sur une ferme bio d'abord pour casser certains codes ou clichés. Il y a ensuite une technicien qui passe faire une analyse technico-économique pour voir si l'exploitation est compatible avec le cahier des charges. Clairement, on est aussi ouvert à d'autres personnes. Quand on est sollicité, on met en place un comité de validation. La première chose, c'est d'être dans la zone de collecte mais on met aussi l'accent sur des points de vigilance, par rapport au référentiel bio d'Agrial. Nous avons une dynamique et une visibilité mais nous travaillons aussi sur des questions comme les médicaments, les médecines alternatives, la mixité et la taille des élevages... Pour accompagner les producteurs, il y a plusieurs dispositifs financiers. A commencer par une prime de
40 € les 1000 l pendant la période de conversion. Il y a aussi une prime de 6 000 € pour les jeunes qui reprennent une ferme déjà en bio. C'est une façon de les encourager et d'éviter que les exploitations bio repartent en conventionnel. Enfin, la première année de livraison en bio, le prix minimum est de 450 € les 1000 litres. Notre volonté est d'être sur le podium en matière de prix du lait.

 

* RSE : responsabilité sociétale de l'entreprise

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