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La réorganisation de la chambre régionale d'agriculture provoque des remous

Un mouvement de grève régional des salariés de la chambre d'agriculture de Bretagne à l'appel de la CFDT a été lancé le 11 octobre à Plérin. Durant la matinée, salariés et direction se sont rencontrés. La direction annonce vouloir poursuivre son projet politique mis en œuvre pour répondre aux déficits quand les salariés demandent l'instauration d'un moratoire.

Des salariés en grève venus demander des comptes à leur président André Sergent qui intervenait lors d'une réunion à la chambre d'agriculture à Plérin.

Les salariés en grève des chambres d'agriculture ont improvisé un comité d'accueil des plus sonores aux élus de la chambre d'agriculture des Côtes d'Armor, réunis avec André Sergent, le président de la chambre régionale et Sébastien Giraudeau, son directeur. À l'appel de la CFDT, près de 300 salariés des chambres d'agriculture de Bretagne ont débrayé durant la matinée du 11 octobre. La grève s'est enclenchée après que les dirigeants ont présenté mi-septembre au personnel un projet politique pour la mandature "qui s’apparente à un plan de restructuration sans précédent au sein du réseau", indique un communiqué de la CFDT. Les salariés en grève, opposés au projet d'entreprise de restructuration qui comprend la fermeture de services, craignent une casse sociale. Dans le projet d'entreprise décliné, l'activité des quatre centres de formation qualifiante est transférée vers des structures partenaires ; les prestations individuelles (PPF, bâtiment, ICPE) seraient arrêtées et les actions de communication très réduites (salons...). Quant aux missions de service public (EDE, installation-transmission), elles seront optimisées.

 

Un déficit récurrent

Parmi ses principales revendications, le syndicat des salariés demande un audit financier externe et l'instauration d'un moratoire. "Notre demande est d'abord de faire un audit et de calibrer après", indiquent les représentants de la CFDT. Du côté de la direction, si l'audit est accepté, toute suspension des actions est exclue. Lors d'un échange avec la presse, André Sergent s'en est expliqué : "Quelle que soit l'entreprise, on ne peut travailler dans une entreprise en permanence en déficit. Le moratoire, je ne peux pas. On part d'une situation compliquée, on veut et on va transférer des actions", indique-t-il.

La direction reprend les chiffres, pointant une baisse des revenus intervenue ces dernières années dont les causes invoquées sont les baisses de la taxe affectée (TATFNB), de subventions régionales, départementales et un prélèvement de trésorerie par l’État. "Sur les trois dernières années, nous avons perdu 8 millions d'euros et dans le même temps, nous avons dégradé nos comptes", indique Sébastien Giraudeau qui annonce un déficit annuel chronique ramené à 2 millions d'euros en 2018 et 2019. Depuis 2017, un processus de régionalisation des quatre chambres consulaires est en cours. Par ailleurs, s'ajoute un second enjeu financier, la question de la taxe sur le foncier non bâti toujours en suspens (voir encadré).

Au travers de ce projet politique sans précédent, la CFDT craint "une perte de 100 emplois sur 620" . Un chiffre que la direction relativise, parlant de "suppression de postes", "soit par des transferts, soit des reclassements internes et le non remplacement des départs en retraite".

À l'issue de la matinée, les représentants syndicaux et les salariés étaient décidés à poursuivre le mouvement.

 

Quid de la baisse de la taxe ?

Lors de l’examen de la première partie du Projet de loi de finances (PLF) pour 2020 le 10 octobre, les députés de la commission des Finances de l’Assemblée nationale ont adopté un amendement annulant la baisse de 15 % du niveau de la taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non-bâti (TATFNB) affectée au réseau des chambres d’agriculture. Le PLF prévoyait de réduire de 45 M€ le plafond de cette taxe. La première partie du PLF doit encore être examinée en séance publique à l’Assemblée à partir du lundi 14 octobre.  / Source Agra

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