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Dialoguer, expliquer, encore et toujours

Cédric Henry, président de la FDSEA 35.

À l’heure où les mobilisations syndicales redémarrent, nombreux sont les agriculteurs qui s’interrogent sur la stratégie à adopter pour obtenir ce qu’ils réclament : en finir avec l’agribashing, interdire la surtransposition réglementaire et obtenir que le gouvernement ne signe aucun accord international distorsif.

Nos contemporains respirent au rythme des réseaux sociaux, de la télé-réalité, des informations en continu. Ils sont submergés par le flux permanent d’une actualité dont plus personne n’a le temps ni l’envie de vérifier la pertinence et la réalité des faits.

Quand nous expliquons qu’imposer des distances de traitement ne répond pas à la question de la protection des riverains, nous ne sommes pas assez entendus. Quand nous expliquons qu’imposer du bio partout dans les cantines n’a pas de sens si ce bio vient de l’étranger, on nous traite de lobbyiste à la solde de l’industrie phytopharmaceutique.

Pourtant, ce que nous disons est vrai, sensé. Il faut donc que nos interlocuteurs entendent et comprennent ce que nous avons à dire.

Et c’est dans ce tourbillon médiatique incessant que nous devons réussir à nous ancrer pour informer et convaincre nos interlocuteurs. Pas évident d’être audible dans ce brouhaha médiatique. Pour autant, nous n’avons pas le choix car si nous ne prenons pas la parole, d’autres le feront à notre place, pour imposer leur point de vue.

Pour nous ancrer, il faut que nos messages soient clairs, qu’ils soient répétés encore et encore. Nous devons vulgariser nos propos, sans perdre de vue la technique mais sans caricaturer non plus. Il faut adapter notre langage à nos interlocuteurs.

L’apprentissage est un processus long. Tout ce que les consommateurs ou les citoyens n’ont pas appris à l’école, c’est à nous de leur apprendre.

S’il faut passer une heure à discuter avec un militant convaincu de l’association des Coquelicots, faisons-le.

Si un maire, comme celui de Langouët, refuse de nous parler, insistons pour qu’il nous reçoive quand même.

Si les parlementaires ne jugent plus intéressant de nous rendre visite sur nos exploitations, allons les voir.

Si les professeurs des écoles nous refusent une intervention, passons par les parents d’élèves.

Soyons imaginatifs et combatifs.

Le temps passé à dialoguer et à expliquer est un investissement. C’est le temps nécessaire du semis avant la récolte.

À l’heure où tout le monde prêche pour sa paroisse, ne boudons pas de dire la messe et de porter la bonne parole.

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