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Les assises de l'agriculture et de l'alimentation se penchent sur le monde agricole

Pendant deux jours, les 15 et 16 octobre, le couvent des Jacobins à Rennes a été le théâtre des Assises de l'agriculture et de l'alimentation, organisées par le quotidien régional Ouest France. Après une 1re session tournée vers l'assiette et l'alimentation, la 2e journée était davantage centrée sur les agriculteurs, leur moral, et la ferme France en général.

Selon une étude Ifop, avec les maraichers et les viticulteurs, les éleveurs de porcs sont en tête des productions où les agriculteurs sont optimistes.

"49 % des agriculteurs sont optimistes concernant l’avenir de leur exploitation et 49 % sont pessimistes. Les moins de 50 ans sont optimistes à 55 % contre 36 % des plus de 60 ans". Jérôme Fouquet, analyste politique, livre les résultats d'un sondage réalisé par l'Ifop, auprès de 418 exploitants. Selon cette étude, la palme de l'optimisme reviendrait aux viticulteurs, aux maraîchers, suivis par les éleveurs de porcs et de volailles. À l'inverse, les productions de viande bovine et les grandes cultures seraient celles au moral le plus en berne. Quant aux éléments qui inquiètent le plus les agriculteurs, il s'agit avant tout du changement climatique, de la baisse et la volatilité des cours et de l'agribashing. On retrouve un peu plus loin le durcissement des règles environnementales, et les mouvements animalistes. Éleveur en Normandie, Samuel Biderre se dit lui optimiste, mais pointe aussi les incohérences des consommateurs. "Aujourd'hui, on vit une crise de reconnaissance", estime l'éleveur. Invitée à réagir aux résultats de cette étude, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, souligne que "le sentiment de déconsidération est sans doute ce qui préoccupe le plus les agriculteurs, qui ont des bleus au coeur. Il faut que l'on arrive à être offensif pour montrer tout ce que l'on fait de bien !".
La difficulté est sans doute d'être positif sans être angélique, mais les sujets sociétaux sont primordiaux car ils conditionnent la façon de produire demain. "L'agriculture a le sentiment qu'elle est le sujet, qui comme pour le foot, compte 63 millions de sélectionneurs", conclut la présidente de la FNSEA.

On vit une crise de reconnaissance.

Egalim dans le colimateur

Alors que la loi issue des États généraux de l'alimentation, Egalim, n'apporte pas les effets escomptés chez les producteurs dans la plupart des productions, comment recréer de la valeur sur les territoires ? Pour répondre à cette question, une table ronde a donné lieu à une passe d'armes entre d'un côté Dominique Chargé, président de Coop de France, Arnaud Degoulet, président d'Agrial et Emmanuel Vasseneix, PDG du groupe LSDH et de l'autre Stéphane Le Foll, ex ministre de l'Agriculture. Pour les dirigeants de l'agroalimentaire, la loi Egalim n'a fait qu'augmenter les charges des agriculteurs et des transformateurs et rogne leur compétitivité, notamment à l'international. "Avec les États généraux, on s'est focalisé sur la qualité et les circuits courts mais la France a aussi besoin des autres marchés et d'exporter. D'où la nécessité de monter en gamme mais aussi de gagner en compétitivité", déclare Arnaud Degoulet. "Aujourd'hui, la valeur économique se fait sur les marchés", abonde Dominique Chargé. Un discours qui n'a pas été du goût de l'ancien ministre de l'agriculture. "Vous avez un discours libéral. Trop de normes, coût du travail... Tant que vous n'aurez pas admis que plus d'écologie, c'est plus de compétitivité, vous trouverez toujours des pays qui produiront à moins cher avec moins de réglementations". Ce n'est pas la question des accords internationaux comme le Ceta, ni le sujet des produits phytosanitaires qui ont permis de faire un consensus. "On ne peut pas dire à la fois que l'on veut aller sur les marchés internationaux et vouloir se protéger chez soi", déplore Stéphane Le Foll, qui estime que le problème "c'est qu'on a laissé tomber l'OMC au profit de négociations bilatérales qui font qu'un jour c'est un bon accord et un autre jour un mauvais". Et pour ce qui est des phytos, "on peut passer notre temps à s'écharper pour savoir si c'est un coût ou un facteur de production, mais de toute façon la société a choisi qu'il faudra s'en passer", conclut Arnaud Degoulet. En revanche, si il y a un levier sur lequel tout le monde est d'accord quand on parle de recréer de la valeur sur les territoires, c'est celui de la restauration collective. Un domaine où il y a encore beaucoup à faire mais qui permet non seulement de recréer de la valeur, mais aussi du lien.

 

assises de l'agriculture et de l'alimentation

 

 

 

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