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Non aux contrats marchands !

José Jaglin, responsable lait JA Bretagne
José Jaglin, responsable lait JA Bretagne
© Terra

Depuis des années, JA se bat sur le prix du lait. Ces actions, cette énergie dépensées, sont indispensables parce le revenu des producteurs ne se fera pas avec des discours, mais avec un prix rémunérateur. Les résultats sont insuffisants, ils ne nous satisfont pas, c'est évident. Mais une chose est certaine, si les agriculteurs ne se défendent pas, le monde économique ne le fera pour eux ! La revalorisation des produits laitiers, la mise en avant du lait produit en France, la "chasse" aux "laits de nulle part" sont indispensables pour passer cette crise d’une ampleur jamais connue.

Parallèlement, le travail de fond engagé sur l'organisation de la filière laitière en OP et AOP doit se poursuivre. L'ambition qui doit prévaloir est de permettre au plus grand nombre de vivre correctement de la production laitière et de pouvoir transmettre des outils viables à la future génération. Aujourd'hui JA est très inquiet en observant les choix d'orientation fait par certaines OP, qui vont totalement à l’encontre de ces objectifs de long terme.

La pression d’une minorité d’éleveurs a poussé certaines OP à acter la cessibilité des contrats, rendant indirectement les contrats marchands. Nous avons, plusieurs fois, mis en garde sur les dérives engendrées par cette décision, mais en vain.

Un nouveau marché de droit à produire s’est mis en place alors que tous les autres pays européens ont profité du changement d’ère pour stopper cette pratique destructrice. Les prix qui commencent à se pratiquer sur le terrain nous donnent raison. Les contrats vendus sont individuels et à durée déterminée (5 ans en moyenne). Quel commerçant prendrait le risque d’acheter un fonds de commerce qui pourrait être caduque au bout de quelques années ? Et que penser quand des coopératives prennent le même chemin ? Pour qui travaillent-elles ?

Oui, les projets d’installation vont être freinés par l’achat des volumes par ceux qui en ont les moyens. Oui, cela va impacter les coûts de production et va pénaliser notre compétitivité face à nos voisins européens.

N'avons-nous pas encore assez de charges pour que certains augmentent leurs coûts de production ? Et que dire de ceux qui les conseillent dans cette démarche ?

Toutes les entreprises privées et coopératives n’ont pas encore compris que l’avenir de la filière, leur avenir, dépend du renouvellement des générations d’éleveurs laitiers et que pour les favoriser, il faut savoir prendre des décisions courageuses.

Nous sommes au pied du mur et sans un sursaut de sagesse de tous les acteurs de la filière, la seule solution sera peut-être de faire appel au législateur pour stopper cette cessibilité des contrats qui nous emmène dans une impasse … ou dans le mur.

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