Aller au contenu principal

Normande, l’atout viande en local

Pour mieux valoriser la race normande outre son lait, ses éleveurs misent aussi sur la demande locale en faveur d’une viande locale. Forts de ces attentes de consommation, ils emboîtent le pas à Ma Normande Locale, filière initiée par le syndicat de race d’Ille-et-Vilaine avec 35 cts/kg à la clé, pour l’éleveur.

 

 

Et c’est à la faveur de leur assemblée générale, vendredi dernier à Tréal, qu’ils ont choisi de présenter le travail. Il permet d’ores et déjà d’écouler 10 bêtes bien finies par semaine, "de plus de 350 kg, 0 sur la grille Europa, et c’est 35 centimes net de plus pour l’éleveur", appuie Jean-Yves Oger, président du syndicat de race morbihannais, éleveur à Sérent. Il promeut la démarche. "On a réussi à le faire, on s’est organisé pour apporter de la qualité qui satisfait le consommateur et l’environnement", renchérit Roger Brault, président du syndicat de race Normande d’Îlle et Vilaine, initiateur de la nouvelle filière qui monte en puissance. "Nous souhaitons la proposer aux autres départements bretons", d’où ce tro-breizh de l’éleveur de Billé (35) qui en vantera l’intérêt dans les prochains jours en Finistère puis Côtes d’Armor. Et pourquoi pas un jour, aux normands eux-aussi ?

Bâtir une filière

"Le marché local, c’est un nouveau livre qui s’ouvre", estime Roger Brault , "le consommateur est très attaché à la proximité". Fort du constat, "avec Bernadette Loisel de la chambre d’agriculture, nous nous sommes rapprochés de l’abattoir Jean Chapin de Vézin-Le-Coquet (Monfort Viandes) et de distributeurs, le groupe Pomona, Even et Chevillard, tous attentifs à la proximité. Ils ont démarché avec de super retours sur notre viande", raconte intarissable cet l’éleveur passionné et bâtisseur. "On a demandé 35 cents de plus par kg, ça n’a pas posé de problème".

Produit de qualité

Mais avec une condition sine qua none, "satisfaire le consommateur, sinon il n’achètera pas", appuie-t-il, attentif à la demande, persuadé que la réussite de la filière dépendra de la qualité fournie. "Il y a du travail à faire pour tarir et finir nos animaux avec une ration équilibrée. À l’ abattoir, c’est au crochet avec l’état de gras qu’on en voit la nécessité". Pour valoriser sans gaspillage, cette nouvelle filière Ma Normande Locale s’appuie sur la restauration collective mais aussi, pour les morceaux nobles, sur les restaurants traditionnels. Créée, l’association Agroqualité réunit tous les membres de la filière.

En ordre de marche

"Je crois énormément à ce projet parce que proximité, qualité et environnement, c’est le tiercé gagnant pour que la viande apporte une plus-value à l’éleveur", appuie Roger Brault, sûr de proposer une alternative à une viande bio jugée parfois "trop chère. Dans nos élevages, on valorise les prairies et on utilise 60 % de pesticides en moins", pointe t-il. Alors, pour commercialiser localement, les éleveurs morbihannais de normandes se disent, eux-aussi, en ordre de marche pour proposer "un produit né et élevé en Morbihan".

Claire Le Clève

 

 

Guénaël Jolly, un éleveur prêt

La filière Ma Normande Locale ? "Il y a quelque chose à faire, le local on en parle. Ici on tarit tout le monde", détaille Guénaël Jolly depuis sa ferme de 197 ha (dont 100 de cultures) à Tréal. Il accueillait, vendredi après midi les membres du syndicat normandes. Installé d’abord en Gaec, l’éleveur est seul depuis 2016. Il conduit son troupeau de 104 vaches avec deux salariés et un apprenti pour 2 ETP. La normande, "elle est facile à conduire même si on ne la bichonne pas tous les jours, elle correspond bien à ce qu’on fait", apprécie l’éleveur qui élève tous les animaux nés, avec un atelier de 45 à 50 taurillons. L’étable laitière produit 700 000 l avec une moyenne de 7 500 kg/VL avec 42 de TB et 37 de TP et vêlage à 28 mois. Le pâturage y est développé grâce à un parcellaire groupé avec chemins d’accès, gestion par paddock et au final un coût alimentaire de 57 euros des 1 000 l.

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Le cheptel porcin chinois reconstitué, la filière française en crise
Le ministère de l’Agriculture chinois vient de révéler que le nombre de porcs vivants sera bientôt au même niveau qu’avant la…
"Une démarche remplie d’espoir et de sens"
Quatre ans après la création de "C’est qui le patron ?!", son fondateur, Nicolas Chabanne, revient sur l’évolution de la marque…
Pompiers volontaires : Laïta favorise l’engagement de ses salariés
Une convention avec le Sdis 29 l’a officialisé : Laïta va octroyer jusqu’à 10 jours par an à ses salariés sapeurs-pompiers…
La grange du Guilar, un nouveau magasin à la ferme à Bodilis (29)
Le premier confinement a multiplié son activité de vente à la ferme par quatre ! Pour offrir à sa clientèle une plus large gamme…
Le boycott des produits français : quel impact pour la Bretagne ?
Les appels au boycott de produits français se sont multipliés depuis le samedi 24 octobre dans plusieurs pays du Moyen-Orient…
Les agriculteurs sous la loupe de l'Insee
Les chiffres agricoles de l'Insee confirment les impressions du terrain mais alertent sur la baisse du nombre d'agricultrices. En…
Publicité