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Normande : optimiser les croissances

Parce que tout se joue avant six mois pour garantir une bonne expression laitière, la croissance des petites génisses a retenu l’attention de Normande56 pour son assemblée générale, le 30 juin dernier, à Allaire. Un syndicat en plein renouveau.

 

Plus d’adhérents et des comptes qui renouent avec les bénéfices, «grâce à une équipe soudée et dynamique», le syndicat de race normande retrouve des couleurs, stimulé par ses échanges avec l’association Fan56, «ils nous apportent leur dynamisme». Et ce n’est pas pour déplaire à son président Yvonnick Dando car «ça permet d’avoir une convivialité importante», apprécie-t-il, comptabilisant 61 adhésions «dont de nouveaux jeunes éleveurs qui participent aux concours, c’est une vraie satisfaction». C’est le cas d’Elodie Mahé et Jean-Charles Rouxel, 27 ans, tous deux installés depuis trois ans, qui ont accueilli sur leur exploitation du domaine de la Briandais à Allaire, l’assemblée générale de Normande 56. «Ils sont motivés, investis, se déplacent pour Ohhh la vache. Pour intégrer des jeunes, il faut venir les voir», défend Yvonnick Dando. Un élevage dont la qualité des génisses, avec âge de vêlage à 2_ mois, a ancré le thème de l’optimisation des croissances.

Lait, tout se joue avant 6 mois

«On peut améliorer les choses, en Bretagne, l’âge moyen au premier vêlage est de 31 mois en Normande», rappelle Yannick Dando, «quand à 26 mois, c’est possible ». En jeu ? «Diminuer la charge à l’hectare et le coût de production de la génisse». Mais pour garantir les performances laitières, améliorer la longévité tout en jouant sur le poids de la carcasse à la réforme, «il faut améliorer les croissances». Et le jeu en vaut la chandelle car, «quand on achète de la Normande, on n’achète pas que du lait», pointe Gilles Thomazo, administrateur d’Evolution, «il y a aussi le poids de la valorisation bouchère». Et c’est à l’organisme de sélection normande qu’est revenu le soin de présenter, au travers d’un nouveau service de suivi, l’intérêt d’avoir à l’œil certains repères : «le sevrage à 75 jours maxi avec un poids de 119 kg pour un objectif à 6 mois de 190 kg». Car l’avenir laitier se joue avant six mois. Et pour un contrôle régulier en s’évitant la pesée, l’OS préconise la mesure du tour de poitrine de l’animal, grâce au mètre ruban de couturière amélioré, baptisé barymètre. Une prise de mesures qui permet de suivre l’évolution et de corriger les éventuels écarts de la courbe de croissance. «Il faut avoir des tableaux de bord, une approche de conduite au quotidien technique mais aussi économique», encourage Gilles Thomazo.

Claire Le Clève

 



 

Si on est encore là, c'est grâce à la normande

"Nous nous sommes installés tous les deux ensemble, c'était le plus simple", alors du haut de leurs 24 ans respectifs, Elodie Mahé et Jean-Charles Rouxel, ont repris il y a trois ans, la suite de l'exploitation familiale du domaine de la Briandais à Allaire. Un jeune âge qui n'empêche pour autant pas une expérience professionnelle antérieure structurante pour l'un et l'autre de ces jeunes parents. Expérience qui s'est aussi construite par le salariat au Sérémor. "Cela forme, on a vu de tout" résument ces jeunes éleveurs qui se sont rencontrés en 2010, "il faut bien se connaître pour s'installer ensemble sur une exploitation", où se noue et la vie familiale et la vie professionnelle. De 45 vaches laitières, le troupeau s'est agrandi avec 32 nouvelles recrues et leur suite et les murs ont été poussés. Idem pour la salle de traite pour passer d'une 2X5 à 2X7. "Pour nous installer, nous avions fait notre étude économique à 310 euros des 1 000 l en prix de base. Aujourd'hui ce prix de base est à 300. Si on est encore là, c'est grâce à la race normande, avec les taux et la qualité, notre lait est payé au dessus du prix de notre étude", affirme le couple qui optimise son système d'élevage. " Nous sommes beaucoup de jeunes éleveurs sur notre secteur, c'est positif d'un coté mais le revers, c'est qu'il est très difficile de trouver des terres". Un peu à l'étroit sur les 90 ha de l'exploitation dont 30 sont consacrés au pâturage, (et 15 en marais de Vilaine), les éleveurs ont travaillé l'âge au vêlage de leurs génisses pour le ramener à 28 mois en moyenne. Un levier pour diminuer la charge à l'hectare.

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