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Normande : valoriser les produits

Elle est mixte, la race normande, offrant des taux rémunérateurs et un produit viande qui, dans un contexte de crise, font la différence. Un atout souligné lundi dernier à Mohon où le syndicat de race a tenu son assemblée générale et accueilli celle de l’Organisme de Sélection Normande (Lire aussi en page 4-5).

 

La belle Histoire ! Et c’est avec un titre de grande championne décroché au Sia par la vache Histoire d’Etienne Moiziard, éleveur de Gueltas et trésorier du Syndicat, que Normande 56 a débuté son année 2017. Et plutôt bien, "cela faisait 21 ans que cela n’était pas arrivé alors ça nous fait plaisir d’être ainsi à l’honneur", note Yvonnick Dando, président du syndicat de race réuni lundi dernier à Mohon.

Faire connaître la race

C’est un bon moyen "de faire connaître la Normande et c’est ce que nous allons continuer à faire", résume-t-il en pointant le partenariat "fécond et dynamique" avec l’association de jeunes FAN 56. "Ce sont des passionnés qui nous appuient, notamment sur les concours". Concours dont l’objectif, "n’est pas la gagne mais la convivialité, et de sortir voir la valeur de la race et des élevages. Tout comme nos assemblées générales". Comme l’an passé, à Allaire, chez Elodie Mahé et Jean-Charles Rouxel, installés depuis 4 ans. "Nous avons voulu montrer leur système avec des vaches à 4 000 l mais plutôt que d’investir dans de gros tracteurs, ces jeunes éleveurs ont fait des chemins pour optimiser le pâturage et ils gagnent leur vie", pointe Yvonnick Dando. Après 6 années à la présidence du syndicat, il cédera l’an prochain son fauteuil. "Il faut du renouvellement, c’est essentiel". Renouvellement encore quant au thème de l’autonomie fourragère choisi cette année.

Affouragement en vert

"La Normande valorise très bien l’herbe, nous travaillons cette voie de l’autonomie fourragère depuis plusieurs années car plus on est autonome, moins on est fragilisé et plus on est transparent vis à vis du consommateur". Un choix motivant, après l’assemblée statutaire du matin, la visite du Gaec du Liderio qui a ancré son autonomie fourragère, sur l’affouragement en vert de ses 75 Normandes. "Sur 97 ha, nous n’avions que 6 ha directement accessibles aux vaches autour du bâtiment et pour éviter les problèmes de voisinage, nous avons opté pour cette solution", ont détaillé Xavier et Eric Pirio. Pas d’autre choix sur ce parcellaire dont 43 ha sont cultivés en herbe (12 dévolus à l’affouragement), 22 en maïs, 4 en betterave fourragère depuis deux ans , 28 en céréales.Tous les jours quand la pousse le permet, l’herbe fraîche garnit la table d’alimentation pour produire les 523 000 litres de lait livrés annuellement à coté d’un atelier de 45 taurillons vendus par an et de 530 porcs engraissés sur l’exploitation. Un choix de race que les frères ne regrettent pas, "on fait 47 euros de plus-value grâce aux taux, 25 000 euros, ce n’est pas rien en plus d’un prix de base à 326 euros/1 000 l, sans compter la valorisation viande", apprécient ces associés dont la moyenne d’étable se situe à 7 000 l.

Claire Le Clève

 

Accroche : la valorisation par les taux ne connaît pas la crise

 

L’herbe, plus économique ?

"L’herbe est plus économique quand elle est pâturée, cinq fois plus même. Quand il faut commencer à la stocker, c’est moins évident. Quand il faut la faucher, les coûts explosent", estime Thierry Le Cadre, conseiller élevage de BCEL Ouest, intervenant sur l’autonomie fourragère en race Normande. Ainsi, avec 100 % d’herbe pâturée, la ration ne coûte que 0,4 euro par jour et par vache produisant 25 kg de lait quand il en coûtera 1 euro quand l’herbe fait la moitié de la ration et 2 euros quand la ration est faite avec maïs et soja. L’herbe pâturée permet donc réduire l’apport de soja. Et ça tombe plutôt bien pour une race normande "naturellement pâturante". Il en coûtera 113 euros de coût de revient de la tonne d’herbe affouragée. "Et 90 euros la tonne de maïs rendu au silo avec les charges opérationnelles", estime t-on depuis la salle. Reste que s’il est possible d’ alimenter son troupeau uniquement avec des fourrages et des concentrés produits sur la ferme, encore faut-il que ces derniers apportent une autonomie en qualité pour assumer les trois besoins "massique en kg de MS, en énergie et en protéines". Une base essentielle sur laquelle il faudra veiller, notamment grâce à l’apport de betterave fourragère, pour garantir des taux et une plus-value déterminante. Car en TP une base de 32 kg/1000 l assure 6,6 euros/kg, idem en TB, base 38kg/1000 l avec plus 2,6 euros/kg. "La valorisation des taux ne connaît pas la crise".

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