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Notre principal problème, c’est la volatilité des prix

Avec la disparition des quotas qui s’annonce, le président de la FNCL, Fédération nationale des coopératives laitières, plaide pour la mise en place de dispositifs susceptibles de mieux gérer la volatilité des prix dans la loi et dans la prochaine Pac à l’horizon 2020

Dominique Chargé Président de la FNCL
Dominique Chargé Président de la FNCL
© Catherine Perrot

La loi d’Avenir de l’agriculture et la loi sur la consommation apportent-elles une réponse à certaines de vos préoccupations en matière de gestion de la volatilité des prix ?

Dominique Chargé. L’époque où la production laitière était encadrée est désormais révolue. La fin des quotas laitiers va exposer davantage les producteurs et leurs coopératives à l’instabilité des prix. C’est une évidence. Nous avons deux défis à relever, celui de la répercussion de l’augmentation de nos charges à la distribution et la volatilité des prix à l’international dont les marchés donnent d’intéressantes perspectives en volume. Sur le premier, la bagarre que se livrent les grandes enseignes plombe toute perspective de répercussion d’augmentations de tarifs et la loi sur la consommation qui vient d’être votée ne va pas assez loin pour rétablir le pouvoir de négociation des transformateurs. Quant à la loi d’Avenir de l’agriculture, un certain nombre d’articles nous inquiètent comme celui prévoyant que c’est en Assemblée générale que nous devons gérer de la volatilité : pour pouvoir être réactif, les prix sont et doivent rester fixés par les CA des coopératives en mandat de gestion et en transparence.

La réforme de la Pac qui vient d’être adoptée conforte-t-elle l’avenir de la production laitière et de la transformation ?

D.C. Pour ce qui me concerne j’ai été favorable à la mise en place du paiement redistributif qui permet de récupérer une partie des DPU cédés du fait de la convergence. J’ai également soutenu la démarche de la Fédération nationale des producteurs de lait sur la mise en place d’une aide à la vache laitière. Ceci étant, je crois que le temps est venu de préparer la prochaine Pac à partir de 2020. A la FNCL, nous pensons devoir, d’ores et déjà, réfléchir à la mise en place d’une assurance marge pour faire face à la volatilité des prix et des intrants et sécuriser le revenu des agriculteurs. Ce dispositif devrait bénéficier de concours financiers massifs et notamment de l’enveloppe du premier pilier à la place des aides directes aux exploitants. La France doit conduire un important travail pour rallier d’autres Etats membres à ce point de vue.

Etes-vous favorable à l’arrivée des minoritaires dans l’interprofession ?

D.C. Le rôle de l’interprofession est de favoriser les échanges entre les acteurs de la filière, producteurs et transformateurs. En ce sens, l’arrivée des minoritaires devrait contribuer au débat. L’essentiel est que l’interprofession puisse continuer à décider à l’unanimité. Je parle bien entendu de l’unanimité des collèges. A chaque collège, je pense notamment à celui des producteurs, de dégager en son sein une majorité.

Faut-il élargir l’interprofession laitière à la grande distribution ?

D.C. L’interprofession dispose déjà dans ses statuts d’une instance où siège la distribution: c’est le comité de liaison. C’est au sein de cette instance que nous devons engager des projets communs avec cette dernière, pour travailler autour des sujets comme la qualité des produits ou encore la meilleure façon de favoriser la consommation des produits laitiers…

Que vous inspire l’arrivée des Chinois en Bretagne et en Normandie ?

D.C. C’est la preuve que des clients étrangers s’intéressent à la production française, que ce soit pour la qualité des produits ou les performances de nos outils de transformation. Ce qui est le plus important est que les producteurs et la filière gardent la maîtrise des volumes et des prix. A chaque coopérative donc de continuer à maîtriser sa stratégie pour répondre aux attentes de ses associés-coopérateurs. Ce qui pose clairement la question de la recherche de financements adaptés aux besoins et aujourd’hui, nos performances et nos marges sont trop faibles pour dégager des moyens financiers du fait de l’impossibilité de passer des hausses à la grande distribution.

Propos recueillis par actuagri

 

Les coopéatives laitières en chiffres

Regroupant 42 000 associés, soit 55 à 60 % des producteurs de lait, la coopération laitière assure 56 % de la collecte et contrôle 45 % de la transformation du lait pour un chiffre d’affaires de 11,2 milliards d’euros. Si le nombre de coopératives est relativement élevé, les quatre premières (Sodiaal, Eurial/Agrial, Laïta, Terra Lacta) contrôlent 70 % de la collecte de la coopération.

 

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