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"Notre travail portera ses fruits petit à petit"

Éric Thirouin était la semaine passée dans le département d'Ille-et-Vilaine. Il a accompagné les manifestants des mercredis des négociations commerciales à Liffré. L'occasion pour Terra de le questionner sur les espoirs mais ausi les difficultés de mise en œuvre des engagements des États généraux de l'alimentation (EGA).

Éric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA.
Éric Thirouin, secrétaire général adjoint de la FNSEA.
© Terra

Les producteurs sont encore en action. Est-ce un échec des EGA ?

Eric Thirouin. Non on ne peut pas dire cela ! Aujourd'hui nous sommes en appui à la charte d'engagement qui a été prise en novembre. L'ensemble de la filière, du producteur au consommateur, en passant par le distributeur, s'est engagé à respecter le prix et la répartition de la valeur. Un certain nombre de personnes qui ont signé cet engagement ne le respecte pas. Notre travail est de faire respecter cet engagement là.

Les EGA c'est un autre sujet. Les EGA, c'est un grand débat qui a abouti à la confirmation qu'il fallait une loi, qu'il fallait un texte pour que les différents acteurs respectent leurs engagement. Le texte a été présenté le 31 janvier en Conseil des ministres. Ce projet de loi va faire l'objet de débats dans les mois à venir. Notre souci, notre point de vigilance, est que les députés et les sénateurs retranscrivent bien dans le texte tout l'esprit de la loi. Trois mesures majeures ont été annoncées : l'interdiction de la revente à perte, (nous avions demandé une marge de 15 %, le texte prévoit d'ajouter une marge de 10 %), l'encadrement des promotions, à la fois en volume et en valeur, et le renforcement des sanctions sur les prix abusivement bas. Ces règles doivent venir pour que les engagements soient tenus et que nous ne soyons pas systématiquement obligés de descendre dans la rue pour les faire respecter.

Le travail se poursuit aussi au niveau européen. Nous avons obtenu l'autorisation de nous regrouper, au travers des organisations de producteurs (OP). Certaines choses sont autorisées dans le cadre du lait et pas dans d'autres secteurs. Dans le cadre de l'omnibus, nous avons desserré l'étau de ces interdictions, la DGCCRF étudie la possibilité de se regrouper dans des OP qu'elles soient commerciales ou non commerciales.

Nous sommes engagés dans un travail de longue haleine, qui portera ses fruits petit à petit.

 

La loi, telle qu'elle a été déposée, est-elle suffisante ? Certains points peuvent-ils être améliorés ?

E.T. Nous tenons à ce que les engagements des EGA soient traduits dans la loi. Ce sera l'enjeu des négociations dans les débats parlementaires et dans la rédaction des ordonnances. La loi va autoriser le Gouvernement à faire des ordonnances. Nous maintiendrons donc la pression sur tous les thèmes, seuil de revente a perte, promotions etc. Nous allons tout faire pour que ces promesses soient bien transcrites dans la loi.

 

Sur la fameuse inversion du calcul du prix, le concept reste assez flou.

E.T. Le texte prévoit la possibilité de se regrouper en OP, cela permettra collectivement d'avoir des contrats avec des indicateurs de coûts de production. Concrètement cela donnera donc la possibilité de se regrouper, de s'organiser en OP, d'avoir collectivement des contrats et de peser auprès de l'industriel et de la GMS, pour avoir un encadrement qui dépendra des coûts de production. C'est nouveau il va falloir le tester. C'est une expérimentation prévue pour deux ans, c'est porteur d'espoir puisque c'est une manière d'inverser la fixation du prix, de peser sur le contrat en y intègrant nos coûts de production et de pouvoir revaloriser les prix au cours de l'année si les coûts de production remontent. Les EGA ont sollicité de chaque filière, un plan de filière qui a amené beaucoup de discussions. Dans chacune d'entre elles, des engagements ont été pris. C'est un travail qui va maintenant devoir être décliné.


Quelles vont être les priorités de la FNSEA ? Ses temps forts dans les mois à venir ?

E.T. Nous en avons déja largement parlé, ce sera tout d'abord le premier chantier des États généraux de la valeur. Puis il y aura le second chantier des États généraux. Nous en sommes aujourd'hui à la feuille de route. Demain quatre ministres, de l'agriculture, de l'environnement, de la santé, et de la recherche, vont annoncer la feuille de route sur les phytosanitaires qui sera en négociation jusqu'à la fin mars. Celle-ci impactera nos coûts de production, nos moyens et nos modes de production. Nous allons bien sûr essayer de promouvoir le "manger français", une démarche appuyée par la Bretagne.

L'autre grand "chantier" qui démarre est celui de la réforme de la PAC, avec l'enjeu du budget, et sa déclinaison. On parle du report mais on voit bien que la commission aimerait bien "cranter" un certain nombre de choses avant les élections européennes... donc d'ici la fin de l'année ! Nous sommes dans les starting blocs, pour décliner concrètement ce que nous avions acté au congrès de Brest, comment valoriser ? Comment traiter le problème du verdissement ? Celui du second pilier et des investissements à la ferme.

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