Aller au contenu principal

Nouveau GIEE, celui des fermes économes en eau

Tout juste reconnu GIEE, "groupement d’intérêt économique et environnemental", le réseau des fermes économes en eau élabore son plan d’actions. Une nécessité pour ces agriculteurs qui irriguent leurs légumes de plein champ. Poussés par l’évolution climatique à s’adapter, ils travaillent à réduire l’eau de leur robinet. Angle d’attaque : doper la réserve utile de leurs sols.

Les membres du nouveau groupe GIEE des fermes économes en eau comptent dans leur assolement des légumes de plein champ destinés à l’industrie agroalimentaire.
© Claire le Clève


 

 

Finistériens, Morbihannais, Costarmoricains et Bretilliens, pas un ne manque au rendez-vous. Ils sont 10 agriculteurs à avoir pris place le 19 décembre à la chambre d’agriculture d’Hennebont. Tous comptent dans leur assolement des légumes de plein champ destinés à l’industrie agroalimentaire. Tous ont besoin d’eau pour mener à bien ces cultures. Une ressource rare, convoitée, aux usages concurrents à des périodes où la demande est forte. D’où la nécessité d’économiser mais aussi de constituer des réserves à une période où l’eau est plus abondante, pour une irrigation d’appoint mais essentielle.

 

Pour doper la réserve utile

C’est ce que plaident ces utilisateurs qui déplorent "que trop peu de projets de créations de réserve voient le jour", et à qui l’administration demande les actions faites pour piloter au plus juste cette eau d’irrigation. D’où la création de ce groupe, "pour améliorer nos pratiques, faire en sorte de retenir le maximum d’eau dans nos sols et montrer aussi nos efforts", résume Jean-Claude Orhan, agriculteur en Gaec à Monteneuf, président de l’UOPLI qui porte avec la chambre d’agriculture ce projet. "Mieux comprendre le fonctionnement de nos sols et en améliorer la réserve utile sera bénéfique pour toutes nos cultures", justifie-t-il de l’axe de travail choisi par ce groupe. "Un angle novateur, très peu de groupes travaillent sur cette réserve utile", pointe Denis Lebossé, conseiller agronomie-irrigation de la chambre d’agriculture, qui les accompagne.

 

Cultiver la biomasse vivante du sol

D’où l’intervention de Daniel Hanock, spécialiste des sols à la chambre d’agriculture de Bretagne qui leur rappelle que "gérer la réserve d’eau, c’est gérer le risque climatique". Or, à l’échelle du 21 me siècle, les choses vont devenir critiques. "Aujourd’hui, durant 15 à 20 % de l’année, les plantes vivent un stress hydrique important. Elles ont pour se refaire, 40 à 45 % de l’année. Or c’est la situation inverse qui va s’imposer avant la fin du siècle. On n’est qu’au début de tout cela", les prévient l’agro-pédologue qui leur donnera durant son intervention les clés pour optimiser les bienfaits de la pluie en limitant le ruissellement. Mais pas que. Teneur en eau des sols ne veut pas dire réserve utile pour les plantes. "La stabilité structurale du sol dépend de sa granulométrie et de la matière organique, donc de l’activité biologique du sol qu’il conviendra de doper pour conditionner le sol à mieux stocker l’eau, l’infiltrer, conserver un état de surface perméable, résister aux agressions... Le moteur de cette résilience, c’est la biomasse vivante du sol".

 

Le moteur de la résilience, c’est la biomasse vivante du sol

 

Claire Le Clève

 

_________________________________________________________________________________

 

Actions prévues par le groupe
- Assistance GPS sur les canons enrouleurs pour limiter les apports à la parcelle
- Modulation intra-parcellaire de l'irrigation
- Diagnostic des sols pour évaluer la structure et le potentiel d'enracinement (état initial)
- Évaluer l'impact des TCSL sur la réserve utile du sol en eau, en légumes
- Lien couverts végétaux (longs et courts) et réserve utile,
- Système de culture (rotation, élevage, fertilisation) et gestion des matières organiques
- Projet d'achats de stations météo connectées et partagées

 

 

Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 9.90€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Terra
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Terra
Consultez les revues Terra au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière Terra
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Terra.

Les plus lus

Le cheptel porcin chinois reconstitué, la filière française en crise
Le ministère de l’Agriculture chinois vient de révéler que le nombre de porcs vivants sera bientôt au même niveau qu’avant la…
"Une démarche remplie d’espoir et de sens"
Quatre ans après la création de "C’est qui le patron ?!", son fondateur, Nicolas Chabanne, revient sur l’évolution de la marque…
Pompiers volontaires : Laïta favorise l’engagement de ses salariés
Une convention avec le Sdis 29 l’a officialisé : Laïta va octroyer jusqu’à 10 jours par an à ses salariés sapeurs-pompiers…
La grange du Guilar, un nouveau magasin à la ferme à Bodilis (29)
Le premier confinement a multiplié son activité de vente à la ferme par quatre ! Pour offrir à sa clientèle une plus large gamme…
Le boycott des produits français : quel impact pour la Bretagne ?
Les appels au boycott de produits français se sont multipliés depuis le samedi 24 octobre dans plusieurs pays du Moyen-Orient…
Les agriculteurs sous la loupe de l'Insee
Les chiffres agricoles de l'Insee confirment les impressions du terrain mais alertent sur la baisse du nombre d'agricultrices. En…
Publicité