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Production porcine
Obtenir d'urgence restitutions et stockage

Face à une nouvelle dégradation des cours du porc, les producteurs tirent la sonnette d'alarme : la crise s'éternise et il est urgent de remettre en œuvre les restitutions à l'exportation et le stockage privé.

"Voilà déjà 18 mois que nous sommes en crise", rappelle Jean-Yves Trébaol, président de la section porcine de la FDSEA. Le jeudi 6 novembre, ils étaient une cinquantaine de producteurs de porcs à avoir répondu à l'invitation de la FDSEA et des Jeunes Agriculteurs, pour faire le point sur la situation actuelle.

Une nouvelle chute des cours

"Avec une diminution du prix de l'aliment et un cours du porc stable, les choses se seraient améliorées mais, depuis trois semaines, le cours a perdu 20 centimes". Une évolution qui ne manque pas d'inquiéter les producteurs. "La situation est catastrophique et les éleveurs en ont ras-le-bol", résume Jean-Yves Trébaol.
"La crise financière est passée par là et l'équilibre du marché est perturbé, explique Jean-Jacques Riou. Il est impératif de faire connaître les difficultés des éleveurs : aujourd'hui, personne n'est conscient de la situation dramatique qu'ils traversent". Et le président du MPB, le marché du porc breton, de dénoncer l'attitude des abatteurs. "Quand l'Allemagne tire les prix vers le haut, le cours français a du mal à suivre. Et quand l'Allemagne plonge, on fait immédiatement la même chose !"
Depuis le début de l'année, le prix moyen a atteint 1,28 €/kg au MPB, 1,41 € si l'on y rajoute les plus-values. "Mais le prix de revient est à 1,61 €, rappelle Jean-Jacques Riou. La perte est de 20 centimes du kilo et ça n'émeut plus personne". 5 centimes de moins au cadran, et c'est 2 millions d'euros de manque à gagner par semaine sur la région Grand Ouest. "Tous les ans, on se rend compte qu'on reste calé sur le même prix de la mi-novembre jusqu'au 15 janvier. Il est donc vital qu'il n'y ait plus de baisse de prix dans les semaines à venir".

Obtenir le soutien de l'Allemagne

Pour passer ce cap difficile, la FDSEA et les JA réclament la mise en place du stockage privé et des restitutions à l'exportation, deux revendications qu'ils sont allés porter au Préfet du Finistère, Pascal Mailhos, le 6 novembre dernier. "Dans le courant de l'été, tous les feux sont passés au vert, ce qui a incité la commission européenne à mettre fin à ces mesures", rappelle Christophe Hamon, directeur de Breiz Europe. Il ne va maintenant pas être si simple de les remettre sur pied. "A l'heure actuelle, des restitutions à l'exportation ne serviraient pas à grand-chose : la Russie a fermé ses frontières jusqu'au début de l'année prochaine".
La solution résiderait donc dans le stockage privé, une option que réclament la France et l'Espagne, mais l'Allemagne fait traîner le dossier. "Normal, prévient Christophe Hamon. Les bassins de production se livrent à une guerre économique et il est clair que l'Allemagne a décidé de redevenir une puissance agricole".

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