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Œufs alternatifs : bientôt la moitié du marché

Le marché de l'œuf a brusquement changé cette année. Les systèmes alternatifs à la cage qui représentent 32 % de la production aujourd'hui en France - et 25 % en Bretagne - devraient atteindre 50 % du marché d'ici 2022. 500 millions d'euros d'investissements sont nécessaires pour adapter la filière. Les élevages "cages", qui amortissent encore les mises aux normes, ne peuvent pas supporter seuls ces investissements.

1er janvier 2012, la directive européenne sur le bien-être animal entre en vigueur en France ; lesœufs commercialisés en code 3 doivent désormais être issus de poules élevées dans des cages aménagées avec une densité moindre d'animaux au m². Certains éleveurs décident d'arrêter la production tant l'investissement pour se mettre aux normes est conséquent, ce qui conduit à l'arrêt de la moitié des élevages bretons. Ceux qui poursuivent font bien souvent le choix d'augmenter la taille de leur atelier pour comprimer les charges. L'élevage moyen en Bretagne passe à 80 000 poules cette année-là, contre 50 000 poules auparavant. Aujourd'hui ces investissements sont loin d'être amortis et limitent la capacité d'adaptation de ces élevages à un marché qui a depuis changé.

Les annonces se succèdent

Enseignes de la grande distribution, sociétés de restauration hors domicile, entreprises de l'agroalimentaire : leurs annonces se sont succédé depuis le depuis de l'année à l'encontre des œufs de poules élevées en cages. L'enseigne de distribution Monoprix fut une des premières très médiatisées à annoncer "retirer définitivement les œufs de catégorie 3 de ses rayons" le 11 avril 2016. "Ils sont dans la communication, analyse Yves-Marie Beaudet, responsable œuf à l'union des groupements bretons (UGPVB). Ils agissent sans concertation avec la profession, sans s'assurer de leur capacité d'approvisionnement. Et Monoprix restreint l'offre au consommateur. Ceci a d'ailleurs valu à l'enseigne une baisse de son chiffre d'affaires en œufs".

Autre fait marquant en juillet dernier avec la Sodexo, société internationale de restauration hors domicile (19,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires à travers le monde) qui annonçait qu'elle arrêterait de s'approvisionner en œufs de poule en cages d'ici 2025 tant pour les œufs liquide qu'en coquille. L214 - cette association puissante qui dénonce les conditions d'élevage et d'abattage des animaux en France avec pour but ultime que cessent toutes utilisations de l'animal par l'homme - n'est pas innocente dans ces événements dont elle se félicite régulièrement.

Toujours est-il que désormais une chose est claire pour les fournisseurs d'œufs : il n'y a plus un seul acheteur aujourd'hui qui ne pose sur la table la question de l'achat d'œufs de poules élevées en cages.

 

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