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Opération coup de poing contre la baisse des cotations de viande bovine

Tout comme leurs homologues sur 16 autres sites en France, les éleveurs bovins bloquaient l'abattoir SVA de Tremorel (22), ce lundi 11 mai, pour protester contre la baisse des cotations de la viande bovine et l'opacité qui entoure la définition des prix. Très inquiets d'une situation qui dure depuis maintenant 9 mois, ils dénoncent un "hold up de l'aval" et se montrent déterminés à obtenir du ministre Stéphane Le Foll qu'il diligente une commission d'enquête et mette de l'ordre dans les cotations.

Dès 5 heures du matin, les éleveurs étaient rassemblés pour bloquer la circulation des camions à l'entrée de l'abattoir.
Dès 5 heures du matin, les éleveurs étaient rassemblés pour bloquer la circulation des camions à l'entrée de l'abattoir.
© Terra

Depuis septembre 2014, les prix de la viande bovine subissent une baisse constante. Il n'y a pourtant pas, en apparence, de raison objective à cela : pas de crise sanitaire, la consommation est stable, les exportations se portent bien... tous les indicateurs sont au vert. Néanmoins, la baisse est aujourd'hui significative et tous les types d'élevages bovins sont concernés : la vache laitière de réforme a vu son prix baisser de 0,50 € le kilo de carcasse, la charolaise, de 0,70 € le kilo. A l'initiative de la FNB (fédération nationale bovine), les éleveurs manifestent aujourd'hui contre cette baisse dont ils ne comprennent pas les causes et qui met à mal leurs finances.

Présent dès 5 heures du matin sur le site de l'abattoir SVA - Jean Rozé ce 11 mai, Thierry Duval, président de la section viande bovine de la FDSEA 56, participait au blocage de l'abattoir. Lui-même éleveur de Limousines (80 mères en naisseur-engraisseur) à Guilliers (56), il demande au ministre Stéphane Le Foll de rassembler la filière dans toutes ses composantes, y compris la GMS. Convaincu qu'en l'absence de raison objective à cette baisse, les cotations sont dirigées et faussées, il réclame qu'une enquête soit menée par une commission ministérielle.

 

Des évolutions qui contribuent à tirer les prix vers le bas

La part des morceaux qui sont consommés sous forme de viande hachée est en augmentation constante : 40 % des volumes consommés, d'après FranceAgrimer. La première viande concernée par ce type de transformation est la viande de charolaise, ce qui a pour effet de tirer toute la gamme des prix vers le bas.

En outre, l'instauration du classement par étoiles est en vigueur depuis le 13 décembre 2014. S'il différencie la viande par la qualité, il crée un flou parce qu'il ne permet plus de faire la différence entre la viande issue d'élevage allaitant et la laitière de réforme. Il ne permet pas même de distinguer les catégories. Le consommateur, qui devrait normalement profiter d'une évolution de l'étiquetage, ne dispose au contraire plus des informations susceptibles d'éclairer son choix. On "noie le poisson" et cette évolution contribue, elle aussi, au nivellement des prix.

 

Un problème sociologique

Pour Thierry Duval, il s'agit avant tout d'un problème sociologique. Les éleveurs, déstabilisés, souffrent d'un manque de reconnaissance et, dans la situation de crise qu'ils vivent aujourd'hui, d'un déficit d'explications. Pourquoi cette baisse ? Dans quel but ? Ils expriment un sentiment d'abandon et évoquent même, depuis l'automne, une "descente aux enfers". C'est la raison pour laquelle ils revendiquent avant tout de pouvoir dialoguer avec leurs partenaires.

Le 11 mai à la mi-journée, Stéphane Le Foll annonçait la tenue d'une table ronde le lendemain. Thierry Duval espère que tirer ainsi la sonnette d'alarme permettra au moins de stopper la baisse des prix. Il se félicite de cette rencontre mais affirme néanmoins rester sur ses gardes.

Pas d'accord après la table-ronde

"On n’est pas arrivé à un accord !", a constaté Stéphane Le Foll, à la sortie de la réunion de crise du 12 mai entre les membres de la filière bovine, rappelant aussi que "ce n’est pas le ministre qui décide du prix", avant de demander aux membres de la filière de "travailler de manière plus collective", reprochant à l’aval son individualisme. Même désappointement du président de la FNB, Jean-Pierre Fleury pour qui "chasser en meute, en France, ça n’existe pas !". Une prochaine réunion doit avoir lieu dans un mois pour refaire le point. Une feuille de route a cependant été établie lors de la réunion, selon la FNB. "Les solutions, on les a. Le seul problème, c'est de les partager !", se désespère Jean-Pierre Fleury. Pour Dominique Langlois, président de l'interprofession, "beaucoup de sujets ont été abordés", comme les cotations, les marchés export, la consommation et surtout les prix. "Il ne faut pas attendre tout du ministre, la filière doit se prendre en main", a-t-il lui aussi conclu

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