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Optimiser le pâturage pour diminuer le coût de production

Si l'herbe reste le fourrage le moins cher pour nourrir son troupeau de bovins, optimiser le pâturage permet de réduire encore son coût de production. Le point avec Florent Cotten, consultant Pâturesens.

 

"En élevage bovin ou ovin, l'herbe permet de gagner en autonomie et en rentabilité", affirme Florent Cotten. Agriculteur à Saint Yvi, il est l'un des 11 consultants que compte désormais le cabinet de conseil privé Pâturesens. Et il a fait du pâturage de précision son cheval de bataille, chiffres à l'appui. "Il faut sortir de la spirale dépenser plus pour produire plus ! Optimiser la part d'herbe pâturée dans la ration diminue le coût de production : un système herbager performant dégage une marge nette supérieure de 161 €/ha. Et les systèmes les plus productifs à l'hectare sont plus rentables que les systèmes les plus productifs à la vache".

 

 

Pâturer au bon stade

Le pâturage de précision nécessite de revenir d'abord à quelques fondamentaux. "La plante fonctionne en trois phases", détaille Florent Cotten. Appétente pour les animaux, l'herbe pâturée trop jeune va s'épuiser. En phase 2, comportant plus de racines et de feuilles, son ratio azote/énergie est plus équilibré. Puis la plante continue à se développer. Plus ligneuse, elle est moins appétente. "Il faut donc viser un pâturage en phase 2, afin de maintenir la plante en phase de croissance".

Mais comment gérer entrées et sorties de parcelle ? "Plutôt qu'une hauteur d'herbe, il faut plutôt tenir compte des kilos de matière sèche d'herbe disponible à l'hectare. Et viser une entrée à 3 000 kg et une sortie à 1 500". Des stades que les consultants apprennent aux agriculteurs à repérer, en fonction de la densité de la prairie.  Et le trèfle, qui a besoin de lumière, va s'épuiser à aller la chercher en surface. "Au-delà de 3 000 kg, la plante va entrer en phase 3. On va donc perdre en qualité d'herbe et en performances animales".Et le trèfle, qui  a besoin de lumière, va s'épiiser à aller la chercher en surface. "Et au-dessous de 1 500 kg, la plante va devoir puiser dans ses réserves pour repartir. Et elle va s'épuiser".

Pas plus de 72 heures

"La gestion du pâturage et la fertilisation ont toute leur importance", rappelle Florent Cotten, qui se fixe pour objectif "de faire durer" ses prairies. "L'an passé, j'ai semé sous couvert d'avoine. Et à la volée, pour une bonne couverture du sol et un moindre salissement de la parcelle".

Pour tirer le meilleur de ses prairies, le consultant recommande aussi d'éviter le surpâturage. Stressée, la plante repartira moins vite. Le système racinaire sera plus superficiel, le sol moins structuré. Et la parcelle plus sensible à la sécheresse, ce qui favorisera les plantes à pivot, rumex ou chardon.

"Plus le temps de séjour des animaux dans la parcelle est court, plus la plante repart vite". La fertilisation par les animaux sera plus homogène. Et la qualité de l'herbe variera peu au fil des jours, ce qui permettra une meilleure valorisation par les vaches. Fil avant ou pas, il faut donc éviter de laisser les animaux dans un paddock plus de 72h. "L'herbe pâturée le premier jour va commencer à repousser. Et c'est celle-là que les vaches, très sélectives, vont consommer préférentiellement, pénalisant le rendement futur de la parcelle".

Un raisonnement qui vaut aussi dans les parcelles dédiées aux génisses. "Pour les unes comme pour les autres, il faut un fil arrière ou diviser les paddocks les plus grands". A éviter aussi : le bac à eau unique, installé à l'entrée de la parcelle. "Il y aura surpâturage, sur-fertilisation et piétinement à proximité, ce qui va induire une compaction du sol, des carences induites et une flore différente, moins productive". Et des "chemins", jusqu'au fond de la parcelle seront bientôt visibles avec, là aussi, baisse de production fourragère.

Réfléchir la fertilisation

"Il faut redynamiser le cycle de l'azote dans les prairies", conseille aussi Florent Cotten. Si le trèfle trouve de l'azote dans le sol, il va le pomper directement, sans prendre la peine de fixer l'azote de l'air. "Pourtant, il peut fixer l'équivalent de 200 à 250 unités à l'hectare et le restituer aux graminées via les vaches".

Pour anticiper les refus et/ou gérer l'épiaison de graminées, l'éleveur peut aussi pratiquer le topping, une fauche avant pâture. "Mais attention au broyeur, qui va exploser les cellules de la plante, indique Florent Cotten. Il faut lui préférer une faucheuse".

 

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